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Economie

Marchés financiers: Comment gérer les risques

Par L'Economiste | Edition N°:4210 Le 11/02/2014 | Partager
«Il est primordial de développer une approche anticipative, systématique et intégrée»
Les opérateurs dans le flou sur l’évolution de l’environnement économique

Pour Hamid Tawfiki, administrateur directeur général de CDG Capital, le Maroc doit construire aujourd’hui une stratégie d’ouverture qui réponde à ses besoins spécifiques

Plusieurs experts marocains et étrangers se réunissent ce mardi pour la 5e édition des Intégrales de la Finance. Les discussions porteront sur «la gestion du risque comme moteur de croissance». Pour Hamid Tawfiki, administrateur directeur général de CDG Capital, l’idée est de prôner une nouvelle culture du risque pour mieux surmonter les crises. Le faible ancrage du Maroc au marché financier international notamment a permis de préserver le système des dernières crises. Mais, une plus grande ouverture vers ces marchés sera un passage obligé. Toutefois il faudra procéder à une ouverture intelligente.

 

- L’Economiste: Comment peut-on faire de la gestion des risques un outil et un moteur de développement dans un pays comme le Maroc?
- Hamid Tawfiki: Toute activité économique, au Maroc ou ailleurs, intègre naturellement des éléments de risques (décision d’investissement, fluctuations des prix des intrants, changement de la règlementation, aléas climatiques,…). Lorsque nous parlons de gestion de risque, nous parlons du passage d’une configuration où le risque est vécu comme un aléa exogène subi, à une situation où les risques encourus sont identifiés, compris et intégrés dans une vision globale regroupant aussi bien le suivi, la prévention, l’externalisation ou la couverture des risques.
Afin d’éviter que notre attitude naturelle vis-à-vis de l’incertain et de l’inconnu ne puisse se solder par des crises et par des opportunités manquées, il nous paraît primordial aujourd’hui de développer au Maroc une approche anticipative, systématique et intégrée de la gestion du risque.
Nous prônons aujourd’hui pour le Maroc une nouvelle culture du risque qui nous permet de voir le risque comme un moyen de refuser d’être rentier de soi-même, un moyen d’agrandir le champ des possibles. Cette culture du risque devrait nous aider à mieux survivre aux crises et à construire un développement économique vigoureux et durable.
- Peut-on dire que ce qui s’est passé au Maroc les dernières années est une manifestation d’un changement dans notre société, en termes d’aversion au risque/d’appétit pour le risque?
- Les répercussions économiques de la crise financière internationale sur le Maroc ont été plus limitées que ce que nous avions pu craindre. Cette crise a cependant contribué à alimenter ce climat d’incertitude et de tension chez les opérateurs, qui ont eu du mal à comprendre et à anticiper l’impact réel de cette crise sur l’environnement macroéconomique du pays. Incertitude, impéritie, bref tous ces facteurs ont conjointement contribué à ce climat «d’attentisme» chez les opérateurs. En somme, ce n’est pas tant l’aversion au risque qui ait pu changer la perception d’un risque grandissant mal compris, mal anticipé, et des fois, mal géré.

- La baisse des taux d’intérêt est-elle une solution pour sortir de l’attentisme?
- Les marchés financiers, et plus généralement l’ensemble des acteurs économiques ont besoin d’abord et avant tout de visibilité et de stabilité de l’environnement  dans lequel ils opèrent. Il est difficile pour un opérateur de s’aventurer dans des plans de développement pluriannuels sans qu’il n’ait de visibilité sur les éléments impactant le «climat des affaires», et la pérennité de ses sources de financement.
L’attentisme est surtout dû à ces incertitudes mal appréhendées. Ces risques, justement, mal compris mènent forcément à l’inaction ou «l’attentisme».
Aujourd’hui, le niveau absolu des taux d’intérêt au Maroc n’est pas, en soi, un frein majeur à l’activité économique. Il ne faudrait donc pas s’attendre à ce que leur baisse, elle-même souvent mal expliquée et mal comprise, soit un catalyseur d’une relance significative de l’activité.

- Le caractère chaotique des marchés est-il causé par leur globalisation?
- L’économie mondiale a connu des crises majeures dans le passé, et en connaîtra certainement d’autres dans le futur. Certains pourraient même avancer que la crise récente a malgré tout mis en évidence la résilience de certains marchés émergents, qui ont été bien plus vulnérables dans le passé. Je pense notamment aux marchés asiatiques. Pour ma part, je n’adhère pas vraiment à cette vision de marchés de plus en plus chaotiques et hors de contrôle.

- Un marché comme celui du Maroc a-t-il intérêt à se brancher davantage aux marchés mondiaux?
- Il est difficile d’imaginer un développement durable du marché marocain sans une ouverture vers les capitaux étrangers, et donc les marchés internationaux. Cela comporte bien évidemment des risques. A nous donc de trouver, collectivement, le bon équilibre entre une ouverture, de tous points de vue nécessaire, et une régulation adéquate permettant une ouverture sereine de notre marché financier. Là encore, il nous faut nous détacher de cette approche binaire oscillant entre une phobie nourrie par l’incompréhension et une naïveté frôlant l’irresponsabilité. Une approche équilibrée est possible, débattons des enjeux et des mérites de l’ouverture, identifions précisément les zones de risques, et construisons ensemble une stratégie d’ouverture qui nous soit propre, à même de répondre à nos besoins, et résiliente face aux risques qui nous sont spécifiques.


Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI

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