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    Analyse

    Le pack patronal pour donner du contenu économique au Maghreb

    Par L'Economiste | Edition N°:4209 Le 10/02/2014 | Partager
    La suppression des barrières non tarifaires pour dynamiser les échanges
    Commençons par la construction de «marchés communs sectoriels»

    Pour concrétiser l’Initiative maghrébine du commerce et de l’investissement (IMCI), le cabinet danois Konsentio

    TangerMed pourrrait servir de pivot au développement des échanges entre pays du Maghreb. Les hommes d’affaires recommandent la suppression des barrières non tarifaires. Ce qui passe par l’harmonisation des réglementations douanières, la reconnaissance mutuelle des certifications…

    recommande un plan d’actions s’articulant autour de plusieurs mesures. Le premier porte sur les aspects organisationnels de l’Union maghrébine des employeurs (UME). L’organisation patronale, qui portera l’IMCI, devra d’abord se doter d’un secrétariat permanent. Depuis 2007, elle organise tous les deux ans un forum d’affaires. Mais à cause de l’absence d’une structure permanente, l’organisation manque de visibilité. De plus, aucune coordination n’existe entre les organisations patronales des cinq pays du Maghreb. Un secrétariat permanent renforcerait la crédibilité de l’UME auprès des acteurs économiques et politiques nationaux et internationaux.
    Les organisations patronales maghrébines ne bipent pas non plus dans les radars internationaux. Le cabinet Konsentio recommande l’ouverture de bureaux de liaison dans un premier temps à Bruxelles et Riyad pour drainer les IDE et les flux d’affaires. Dans une seconde phase, d’autres ouvertures pourraient être envisagées à Washington, Singapour et Pékin. Depuis la création de l’Union du Maghreb Arabe en 1989, une expertise technique notable a été accumulée en matière d’intégration économique. Mais elle reste insuffisante et parfois dépassée. Des comités sectoriels pourraient actualiser les données disponibles pour les secteurs prioritaires suivants: agriculture, énergie, services & tourisme, industrie, télécoms, infrastructures & logistique. Les secteurs-clés  devront être identifiés au cours du forum, qui se tiendra les 17 et 18 février à Marrakech. Les comités sectoriels devront ensuite transmettre leurs conclusions aux autorités politiques. En parallèle, des groupes de travail, composés d’experts des administrations publiques, le secrétariat permanent de l’UME, des universitaires et des membres de la société civile, devront revoir le processus d’intégration maghrébine. Le cabinet Konsentio identifie cinq thématiques prioritaires: douane et barrières non tarifaires, gouvernance macroéconomique, emploi et dialogue social, attraction des IDE et encouragement des PME, formation et innovation.
    Le secrétariat permanent de l’UME pourrait assurer la coordination entre les six comités sectoriels tandis que les comités d’experts pourraient travailler de manière autonome. Le cabinet suggère l’échange d’idées entre les deux comités. Les résultats des travaux des deux structures devraient être rendus publics dans un «Rapport annuel des affaires». L’UME devra capitaliser sur l’expertise technique de l’UMA en matière d’intégration économique. Les pistes de coopération entre les deux structures pourraient être identifiées dès la fin du 3e forum d’affaires. Un interlocuteur permanent devrait être nommé au sein de l’organisation patronale maghrébine d’ici 2016.
    Les chefs d’entreprise étant les mieux placés pour connaître les contraintes de chacun des marchés à l’intérieur du Maghreb et pour identifier les pistes d’amélioration. Ce qui passe par l’organisation, par exemple, de tables rondes thématiques. La première pourrait être organisée lors de l’édition de Marrakech entre les PDG des plus grandes entreprises de chaque pays du Maghreb. Les PME pourraient être associées aux futures rencontres. Des prix pourraient être décernés pour les meilleures performances en matière d’échanges intramaghrébins et extramaghrébins.
    Bien évidemment, le climat des affaires à l’intérieur de l’espace maghrébin n’est pas harmonisé. Le cabinet Konsentio suggère l’élaboration d’un index maghrébin du climat des affaires. Une base de travail nécessaire pour réaliser le benchmark entre les cinq pays de la région.
    Le deuxième package pour accélérer l’intégration maghrébine porte sur des actions de nature politique. Bon nombre

    Après une hausse record de 3% en 2008, les investissements directs étrangers (IDE) ont enregistré un repli brutal à cause du printemps arabe. Entre 2005 et 2010, la Tunisie et le Maroc représentent respectivement 80 et 60% des IDE vers le Maghreb

    d’hommes d’affaires se plaignent du manque d’infrastructures de liaison entre les pays de la région, notamment les connexions aériennes, maritime, routière et ferroviaires. Konsentio estime que la formule du partenariat public-privé pourrait contribuer à combler ce déficit.  La Banque maghrébine de l’investissement et du commerce (BMICE) peut également être mise à contribution, notamment dans la finalisation de l’autoroute transmaghrébine et la réalisation du projet commun de chemin de fer. Des accords d’open sky pourraient également être étendus aux cinq pays.
    Les disparités entre les réglementations douanières des pays du Maghreb devraient également être aplanies pour ne plus handicaper les échanges commerciaux. Le conseil des directeurs généraux des cinq administrations douanières devrait être connecté à l’UME. Il faudrait aussi favoriser la reconnaissance mutuelle des certifications et des contrôles pour ne plus constituer un motif de perte de temps aux frontières pour les exportateurs. A terme, les pays de la région devraient favoriser la création de la Zone maghrébine de libre-échange. L’UME devrait identifier les différentes barrières non tarifaires empêchant la complémentarité entre les cinq pays, principalement au niveau des secteurs les plus porteurs. Pour commencer, les cinq pays de la région pourraient tomber d’accord sur cinq «secteurs-pilotes» en se fixant un agenda consensuel. L’énergie, l’industrie chimique et pharmaceutique, télécoms semblent être des secteurs où la complémentarité intrarégionale pourrait être exploitée plus rapidement. L’objectif étant de créer des «marchés communs sectoriels». Pour favoriser le développement du commerce, les pays de la région devraient harmoniser leurs procédures et les rendre plus transparentes. La création d’une Agence de promotion de l’investissement au Maghreb permettrait d’accélérer ce chantier. La liberté de circulation des biens & services et des personnes fait également partie des recommandations de l’étude. Les cinq pays devront harmoniser les procédures et supprimer les droits de douane ainsi que les visas d’entrée pour les Maghrébins, notamment entre le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie. Ce qui aurait pour corollaire la facilitation de l’emploi transfrontalier. La création d’un marché commun n’étant pas concevable sans la liberté de circulation des capitaux, le cabinet Konsentio recommande la refonte des réglementations pour permettre l’implantation des filiales bancaires et faciliter l’accès aux crédits transfrontaliers. L’une des stratégies les plus urgentes à implémenter consiste à favoriser la croissance à travers l’investissement intramaghrébin et l’afflux des IDE. L’objectif étant de renforcer les liens entre les économies de la région. Ce qui se traduira par des créations d’emplois, le transfert technologique, l’afflux de devises… La formation n’est pas en reste. Les experts recommandent la révision des programmes d’enseignement universitaire pour mieux répondre aux besoins des employeurs.

    Plusieurs accords non ratifiés

    Le 3e forum d’affaires maghrébin, qui se tiendra les 17 et 18 février à Marrakech, coïncidera avec la date anniversaire de la signature à la même ville de l’acte fondateur de l’Union du Maghreb Arabe. En un quart de siècle, plusieurs accords ont été signés dans le domaine de l’agriculture, du commerce extérieur, d’investissement et de non-double imposition, de transport… D’autres conventions ont été également signées dans le domaine du transport & communication, de coopération maritime, culturelle et judiciaire. Au total, plus d’une trentaine d’accords ont été signés, mais à peine six ont été ratifiés.

    Hassan EL ARIF

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