Culture

Hassan El Fad: «Je suis un pur produit marocain»

Par | Edition N°:4187 Le 07/01/2014 | Partager

Hassan El Fad est actuellement en tournée pour son dernier one-man-show, « Ain Sebaâ ». Il sera au Megarama de Casablanca les 17 et 31 janvier. Il se produira au Palace de Paris le 19 janvier ainsi qu’au Théâtre Mohammed V de Rabat le 25 janvier

Le plus apprécié des humoristes marocains est partout ! Sur scène, à la télévision, Hassan El Fad continue de séduire le public avec son humour grinçant, son ironie et sa dérision. Dans son dernier one-man-show « Aïn Sebaâ », présenté le weekend dernier au Mazagan, la star de « L’Couple » revient avec humour sur ce qui a forgé son enfance dans son quartier natal qui est, comme on peut le deviner, Ain Sebaâ. Une occasion, comme toujours, de se moquer avec tendresse et nostalgie de la société qui nous entoure.


- L’Economiste : En quoi votre dernier one-man-show « Ain Sebaâ » est autobiographique?
- Hassan El Fad : J’ai évolué de façon spontanée. Il est vrai que je me suis fait connaître surtout par le one-man-show mais je viens d’abord du théâtre. Ensuite, j’ai été séduit par le stand-up. L’avantage, c’est qu’on y parle à la 1re personne et quoi de mieux que de raconter sa vie quand on parle à la 1re personne? De plus, l’autobiographie est surtout un prétexte pour raconter la société marocaine.

- Justement, comment vivez-vous cette société marocaine ?
- Comme tous les Marocains ! Des fois je la vis, des fois je la supporte. Il m’arrive de l’aimer et de l’aimer moins. C’est un rapport passionnel, fusionnel, voire charnel… Très lourd par moments et surprenant parfois.

-Comment travaillez-vous vos textes, vos mises en scène ?
- C’est là que je vais puiser dans ma formation d’homme de théâtre. C’est à ce moment-là que je fais appel aux techniques apprises au conservatoire, à mes référents sur le mode d’interprétation, sur le profil psychologique des personnages, le statut social… Toutes les techniques acquises sont mises au service du stand-up.

-Qu’est-ce qui diffère dans la mise en scène d’un stand-up et d’un one-man-show ?
- C’est très différent ! Dans le one-man-show, on travaille avec des personnages. La nécessité de vraisemblance peut pousser à les costumer, à leur donner une crédibilité physique, vocale, gestuelle... C’est un vrai  travail dramaturgique. Les personnages évoluent avec un début, un nœud et une chute. Ceci dit, l’objectif est purement humoristique. Je vous donne l’exemple d’un de mes personnages : le Docteur Escargot. Il est costumé, travaillé physiquement, jusqu’à son accent… On lui fait  subir une situation donnée devant le public. Par contre, dans le stand-up, l’humoriste est debout et seul sur scène. Il peut passer du coq à l’âne sans être réellement tenu par un fil conducteur.

-Qu’est-ce qui vous a séduit le plus dans le stand-up?
J’ai découvert qu’on y était  beaucoup plus libre et direct. L’avantage, c’est qu’on peut faire des digressions, des improvisations et être interactif avec le public. C’est un véritable moment de communion. Le stand-up est plus personnel. On parle à la 1re personne, on peut même parler du retard qu’on a eu pour arriver ou interpeller quelqu’un dans la salle. C’est beaucoup plus libre !

- Comment vous organisez-vous  avec votre équipe ?
J’écris moi-même mes textes. Ensuite, je les teste pendant mes spectacles en tournée. « Aïn Sebaâ » par exemple a été testé en partie pendant les représentations du « Docteur Escargot ». Cela permet de gagner du temps en répétitions. Bien entendu, après l’écriture finale, une répétition générale est organisée pour être au point au niveau technique (les lumières, la musique…).

- Vous avez inauguré un nouveau concept au Maroc, celui de l’humour corporate. Comment vous procédez?
- C’est ce qu’on appelle les formats courts. C’est une mode que l’on retrouve un peu partout dans le monde. Je n’ai pas de mérite particulier. Cela peut se faire aussi bien pour la télévision que pour un site web, un client corporate ou un organisme en interne. C’est un produit artistique qui a sa place, aujourd’hui, dans le champ médiatique marocain.

- Y a-t-il un business qui commence à s’articuler autour de cette nouvelle forme d’humour ?
- Les formats courts commencent à prendre de l’ampleur au Maroc. C’est l’avenir car c’est un genre artistique plaisant qui se consomme à la demande. On n’est plus obligé de s’éterniser devant une chaîne officielle pour passer un moment agréable.

- Qu’est-ce qui justifie autant de succès pour la sitcom « L’Couple »?
- Le vrai secret réside dans le texte qui a nécessité beaucoup de rigueur. Les textes de cette sitcom étaient recherchés, bien brodés et les dialogues étaient en ordre. Mais aujourd’hui, « L’Couple » dans son format originel, c’est fini. La sitcom ne sera pas reconduite la saison prochaine.

- Vous vous êtes inspiré d’ « Un gars, une fille » dans l’écriture?
- Je me suis d’abord inspiré de ce qu’ont fait les Marocains. Très peu s’en souviennent mais le Maroc a eu son expérience de fiction mettant en scène un couple à la télévision. Il s’agit notamment de Khadija Assad et Aziz Saadallah dans une sitcom des années 80 qui s’appelait «Hiya ou Houwa » (ndlr : Elle et lui). Mes références sont d’abord et avant tout marocaines. Je suis ce que l’on peut appeler un pur produit marocain.

- Des résolutions pour l’année 2014?
- Faire un peu de marche et cesser de râler au volant. Sinon, professionnellement, j’écris continuellement. Je tâtonne, je me cherche…
Propos recueillis par Sanaa EDDAÏF

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