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    Politique

    Démocratie: Un apprentissage difficile pour le Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:4183 Le 31/12/2013 | Partager
    Le Royaume 97e sur 115 pays, selon l’ONG Global Democracy
    Corruption et accès à la santé… Les points faibles

    Le vote de la Constitution de 2011 a permis au Maroc de se démarquer, néamoins l’effet s’est vite été estompé à cause d’une classe politique largement en dessous de ses prétentions constitutionnelles. La Tunisie affiche des indices meilleurs malgré les tensions politiques. L’Egypte est retombée dans ses travers après le coup d’Etat militaire contre Mohammed Morsi. La variation de la courbe s’effectue en fonction du classement mais également du nombre de pays classés, d’où «l’avancée» de l’Egypte.

    L’apprentissage de la démocratie n’est pas un exercice facile: réforme de la Justice bloquée, affaires de presse, chamboulement de la majorité et remaniement, indice de corruption, débat autour de la grâce suite au Danielgate… Malgré un climat politique a priori apaisé, les réformes bloquent et l’arbitrage royal est souvent requis pour sortir des engrenages institutionnels.
    Ce contexte n’échappe pas aux organisations internationales. Bien que la pertinence de leurs rapports soit souvent conditionnée par leur (mé)connaissance effective du terrain (voir encadré). L’ONG Global Democracy Association a ainsi rendu public son classement 2013, et le Maroc y fait clairement pâle figure. Le Royaume occupe le 97e rang sur un total de 115 pays, reculant, ainsi, de deux places par rapport à l’édition précédente. Les indicateurs sur lesquels l’association s’est basée pour élaborer son classement se répartissent en six types. D’une part le rapport prend en compte la nature du régime politique en se basant sur le classement des libertés politiques de Freedom House, les changements effectués démocratiquement à la tête du gouvernement, les libertés civiles (Freedom House), l’égalité homme/femme (Forum économique mondial), et la corruption (Transparency International). Les autres volets concernent les données économiques, environnementales, l’accès à la santé et l’éducation.
    Pour l’accès à la santé, les inégalités sont monstres. Neuf régions sur seize ont un ratio d’établissement de santé par habitant inférieur à la moyenne nationale. Le Conseil économique social et environnemental avait d’ailleurs pointé du doigt une «une planification centralisée des établissements de santé déconnectée du développement territorial global». Le manque d’effectivité de la loi sur l’accessibilité aux hôpitaux  aux personnes à mobilité réduite est également pointé du doigt. Tout comme la qualité des soins : «En l’absence de définition harmonisée de la qualité attendue, il n’est pas possible aujourd’hui de porter un jugement objectif  sur la qualité des soins. Des éléments de réponse sont néanmoins apportés par le caractère limité du recours aux soins dans le secteur public qui traduit vraisemblablement l’insuffisance de la qualité de la prestation», indique le CESE. L’ONG autrichienne avoue néanmoins que sur le volet environnemental, les efforts législatifs (charte sur l’environnement et la loi réprimant les actes de pollution des zones halieutiques) sont à saluer. Concernant les libertés politiques, Freedom House tout comme Reporters sans frontières ont tous critiqué l’arrestation du journaliste Ali Anouzla, directeur de la rédaction du journal électronique Lakome. Tombé sous le coup de la loi antiterroriste pour avoir publié une vidéo d’Al-Qaida au Maghreb islamique, il est le premier journaliste à voir été mis en détention préventive depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution. Malgré une libération provisoire, l’affaire a refait tombé le Maroc dans le camp des «mauvais élèves», alors qu’il fait partie des «pays libres» depuis 2008 selon la Global Democracy. Cela dit, le fait qu’un journaliste soit en prison ne veut pas forcément dire qu’il y a une absence de liberté de la presse au Maroc
    Concernant la transparence et la corruption, le constat de Transparency International – sur lequel se base le rapport – est sans appel. Sur les 5 dernières années, le meilleur classement du Maroc selon l’Indice de perception de la corruption (IPC) était en 2011. Le Royaume a été classé 80e sur 175 pays. Mais l’embellie a vite tourné court l’année suivante, avec une chute de 8 places. En 2013, le Maroc est 91e, 17e au niveau africain et 9e dans le monde arabe (Cf. L’Economiste du 5 décembre 2013).
    Alors que le Maroc dispose d’une stabilité politique enviable par les autres pays arabes, les réformes structurelles tardent à venir : Droit de grève, Cour constitutionnelle, Conseil de la concurrence… Les institutions sine qua non d’une «réelle» démocratie se font toujours attendre…

    Qui est «Global Democracy Association»?

    Basée en Autriche et financée par un fonds commun des universités européennes, la Global Democracy Association établit annuellement un classement sur «la qualité de la démocratie». Font partie de ce ranking les pays dits «libres» ou «partiellement libres», c'est-à-dire «ayant engagé des réformes démocratiques».
    Ses rapports se basent sur ceux d’autres ONG comme Transparency International, Freedom House ou World Economic Forum. Ce qui limite plus ou moins la pertinence des résultats.

    Abdessamad NAIMI

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