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    Régions

    A quoi rêve la jeunesse marrakchie?

    Par L'Economiste | Edition N°:4183 Le 31/12/2013 | Partager
    60 % se disent optimistes ou assez optimistes face à l’avenir
    Préoccupation majeure : la sécurité de l’emploi
    Le niveau d’études se révèle le facteur le plus clivant

    De quoi rêvent les jeunes à Marrakech ? Diplômés, chômeurs, en pleine montagne, en centre ville,… les jeunes hommes et femmes n’ont pas le même profil, et donc pas les mêmes espoirs. Nos générations en âge d’entrer sur le marché du travail sont cinq fois plus nombreuses que celles en âge de cesser leur activité professionnelle. Il s’agit donc de plancher sur une stratégie qui aide à définir la meilleure orientation possible en faveur de la jeunesse. L’Office de coopération économique pour la Méditerranée et l’Orient (OCEMO), en partenariat avec l’Observatoire national du développement humain (ONDH), a mené l’enquête, auprès d’un échantillon aléatoire de 1.300 personnes, âgées de 15 à 34 ans, en proportion quasi égale hommes-femmes. Sur la base d’un questionnaire, et d’un entretien direct, cette jeune population s’est exprimée sur ses attentes, sur sa vision de l’éducation et de la formation et sur ses activités. La région de Marrakech-Tensift-Al Haouz est représentée dans toute sa diversité, puisque ces jeunes sont issus des territoires ruraux et urbains, de la montagne et des vallées et du littoral. La sphère familiale de chaque jeune a également été intégrée à l’enquête, afin de mieux comprendre la cohérence de chaque profil. La première constatation est qu’il n’y a pas une jeunesse, mais des jeunesses. Si bien sûr, les attentes diffèrent que l’on soit un homme ou une femme, de la campagne ou de la ville, diplômé ou non, l’aspiration commune largement exprimée, par 72% des jeunes femmes et 82% des jeunes hommes, est le besoin de sécurité de l’emploi. Leur réalité en est l’explication, car 39 % des personnes interrogées travaillent comme aides-familiaux, sans protection sociale et 15 % occupent un emploi indépendant, avec toute l’insécurité que cela représente. 46% sont salariés, mais pour 82 % d’entre eux, il n’existe pas de contrat de travail écrit avec leur employeur. Les différences entre jeunes ruraux et urbains sont très marquées, car la région de Marrakech est tout à la fois, une métropole urbaine dynamique et des zones rurales très enclavées, où l’éducation et l’emploi restent pénalisés. Si en milieu urbain, le niveau d’étude des filles et des garçons est assez proche, les femmes rurales sont, quant à elles, très rares à intégrer le cycle secondaire du collège. Il est donc logique, qu’en l’absence d’activités professionnelles, elles misent tout sur la vie de famille. Et plus les filles sont issues du rural lointain, plus elles estiment ne pas se sentir du tout libres. Quand la situation matérielle est difficile, les populations des zones enclavées s’estiment pourtant plus satisfaites de leur vie quotidienne, que les populations du rural proches et urbaines. La raison réside en partie dans leur éloignement des centres de modernité et de ses modes de consommation. Cette frustration est plutôt réservée aux jeunes urbains pas ou peu diplômés. Concernant les priorités nationales, choisies par les jeunes (en proportion assez proche femmes et hommes, ruraux et urbains), le maintien de l’ordre arrive en tête, suivi de la croissance économique et de la lutte contre la vie chère. Bien avant le besoin de parité, qui est la première priorité pour 21 % des femmes interrogées, et de liberté d’expression, placée en première position par 17 % des jeunes.
    La conclusion positive à cette enquête montre que 30 % de l’ensemble des sondés restent optimistes quant à leur avenir et satisfaits de leur vie actuelle, et autres 30% se disent “assez satisfaits” et donnent leur confiance aux responsables politiques pour résoudre les problèmes des jeunes. Une belle majorité, qui vient adoucir les 17 % de pessimistes, qui subissent la précarité de leur quotidien et leur chemin de vie difficile. 23 % sont quant à eux tournés vers la réussite de leur vie de famille. En grande majorité des femmes, qui considèrent en même temps ne pas être libres de leurs décisions.

    Ce qui se passe dans leur tête

    • Les jeunes confiants dans leur avenir (27 % de l’ensemble) ont un projet de vie fortement orienté vers la carrière professionnelle. Un groupe plus masculin, plus urbain et plus fréquemment en cours d’études, qui affiche un fort sentiment de liberté.
    • Les jeunes en ascension sociale (14 %) représentent un groupe plus rural, mixte et de faible niveau scolaire. Ils se disent satisfaits de leur sort, trouvent leur position sociale plus favorable que celle de leurs parents, et pour la plupart d’entre eux, le travail est la clé de la réussite.
    • Les jeunes plutôt libres (19 %), groupe plus masculin et un peu plus urbain, misent souvent sur un projet de migration internationale. Leurs priorités ne sont ni la carrière professionnelle, ni la famille.
    • Les jeunes en insertion difficile (19 %) sont plus souvent des hommes, qui ont fini leurs études, et qui sont soit inactifs, soit alternent des périodes d’emploi et de chômage. Leur précarité financière et leurs perspectives professionnelles bouchées les rendent insatisfaits de leur vie actuelle.
    • Les jeunes sans perspective professionnelle (21 %) ont un projet de vie beaucoup plus souvent centré sur la famille. Un groupe très féminin, plus rural, de niveau d’études faible, qui exprime fréquemment une absence de liberté de décision.

    De notre correspondante,  Stéphanie JACOB

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