×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Faute d’avoir investi
    Le Maroc joue avec les stocks pétroliers

    Par L'Economiste | Edition N°:4183 Le 31/12/2013 | Partager
    Plusieurs navires en rade à Mohammedia et Jorf
    La Samir tourne au ralenti depuis deux semaines
    Les déchargements impossibles en cas de vent

    Depuis deux semaines, la Samir n’a pas pu décharger ses importations de pétrole brut. Elle a puisé dans les réserves pour approvisionner le marché

    Situation tendue sur les produits pétroliers. A cause du sous-investissement et des mauvaises conditions climatiques, plusieurs bateaux dont certains contenant  des chargements de pétrole brut sont restés en rade. La situation est telle que pendant deux semaines, la Samir a tourné «au minimum technique». Les ports de Mohammedia et de Jorf ont fermé pendant plusieurs jours à cause de la forte houle. Au port de Mohammedia, aucun bateau de la Samir n’a pu accoster depuis deux semaines. Lundi 30 décembre, des sources au port de Mohammedia ont affirmé que la situation pouvait se débloquer. Mais à l’heure où nous mettions sous presse, un seul bateau sur les quatre en rade a pu accoster au quai de déchargement.
    Au total, le volume transporté par les quatre bateaux s’élève à 500.000 tonnes de pétrole brut. Et les efforts devaient se poursuivre pour faire accoster un second pétrolier.  Car il faut compter 6 heures pour décharger un bateau, expliquent des responsables à la Samir. Et les conditions climatiques n’offrent qu’une fenêtre de 24 heures. 
    Au port de Jorf, par lequel transitent également des importations de compagnies pétrolières, quatre bateaux sont bloqués depuis mardi 21 décembre. Il s’agit de deux navires transportant chacun 4.000 tonnes de gaz butane et de deux autres avec des chargements respectifs de 36.400 tonnes de gasoil et de 29.000 tonnes.
    Ces bateaux n’ont pas pu non plus accoster à cause de la forte houle. La situation a été légèrement débloquée vendredi 27 décembre. Mais ce n’est que depuis hier lundi vers midi que la consignation a été levée. Mais là aussi l’accalmie «climatique» pourrait être de courte durée. Dès mercredi 1er janvier, les autorités portuaires s’attendent à une nouvelle dégradation.
    Si cette situation perdure, elle pourrait se traduire par des tensions sur tous les produits pétroliers : essence, gasoil, fuel… Car durant ces deux dernières semaines, la Samir a puisé dans les stocks pour alimenter le marché . Et les déchargements effectués lundi permettront de tenir pendant une dizaine de jours puisque le retour du mauvais temps pourrait interrompre les opérations.
    Des compagnies pétrolières parlent même «de flux tendus sur le marché».
    Cette situation aurait pu être dépassée si les investissements dans l’infrastructure portuaire s’étaient effectués dans les délais en particulier au niveau du port de Mohammedia. Comme l’expliquent des opérateurs, tout n’est pas imputable à la météo. «Les capacités de ce port devaient être adaptées depuis plusieurs années à la demande croissante du pays. Mais aucun investissement n’a été effectué », souligne une source. Et d’ajouter « qu’il est temps que le gouvernement se penche sérieusement sur les problèmes d’infrastructures portuaires ».
    Pour l’heure, les industriels contactés affirment qu’il existe un réel risque de  pénurie sur le fuel industriel. «Nous ne pouvons pas continuer à acheter au jour le jour. Il faut constituer des stocks adéquats», souligne David Tolédano, président de la Fédération nationale des matériaux de construction. Certains ne cachent pas que les problèmes d’approvisionnement en fuel sont récurrents. Ils se plaignent aussi de la qualité des produits livrés. L’Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE) qui utilise du fuel n’aurait pas de problème en ce moment. Avec la mise en service des nouvelles centrales de Jorf Lasfar et la baisse de la pointe du jour, l’ONEE ne recourt pas aux centrales fonctionnant au fioul. «Nous disposons d’un stock en fuel et nous avons aussi diversifié nos sources d’approvisionnement», souligne une source à l’Office.


    Khadija MASMOUDI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc