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    Analyse

    Marché de l’art
    Le Maroc a besoin d’être marketé à l’étranger

    Par L'Economiste | Edition N°:4183 Le 31/12/2013 | Partager

    « De plus en plus de collectionneurs étrangers, européens notamment, s’intéressent à l’art marocain. Il faut se tourner vers ces acheteurs car ce sont eux qui font le marché international », déclare Mohamed Chaoui, propriétaire de La Galerie 38 à Casablanca.

    La Marocaine des Arts est un nouvel entrant dans les ventes aux enchères. Sur le marché depuis 6 mois, cette maison a déjà organisé deux ventes. Fondée par trois passionnés : Fihr Kettani (fondateur du Studio des arts vivants), Mohamed Chaoui (collectionneur et propriétaire de la Galerie 38) et Salima Tazi (directrice des ventes aux enchères), La Marocaine des Arts fait appel à des commissaires-priseurs venus de grandes maisons parisiennes: Drouot pour la 1re vente et Saint-Cyr pour la 2e. Mohamed Chaoui, que nous avons rencontré au sein de sa galerie, nous aide à décrypter le marché de l’art aujourd’hui.

    - L’Economiste : Que pèse le marché de l’art aujourd’hui ?
    - Mohamed Chaoui : C’est difficile d’y répondre. En 2006, le chiffre d’affaires avoisinait les 500 millions de DH. Depuis, il est difficile de se situer. C’est un marché qui est beaucoup plus vaste qu’on ne le pense. Différents professionnels y opèrent, les galeristes, les maisons de vente aux enchères, les vendeurs de tableaux dans les souks, etc. Des chiffres d’affaires énormes sont réalisés sur les tableaux entre 500 et 1.000 DH, pour les touristes par exemple, et cela n’est pas recensé.

    - L’année 2013 a-t-elle réservé des surprises? Des baisses de cote? De nouvelles tendances?
    -Il n’y a pas eu de baisse réelle mis à part pour les Orientalistes. Les Marocains en ont été très friands entre 2002 et 2008, mais aujourd’hui je remarque que la vision esthétique du client marocain a changé. De nos jours, on s’intéresse de plus en plus aux artistes marocains contemporains. Autre tendance : la clientèle marocaine se met de plus en plus à acheter des œuvres étrangères comme du Picasso, du Mireault… Un collectionneur qui peut se permettre une œuvre à plus de 1 million de DH peut penser à s’offrir un Picasso à 4 millions de DH par exemple.

    -Comment a évolué le secteur ?
    -En 2005, le secteur a connu un boom énorme car le contexte économique le permettait. L’œuvre d’art est un produit de plus en plus à la mode. Tout le monde a voulu avoir son Chaïbia, son Gherbaoui… Mais ce boom du marché était incontrôlé, les gens achetaient tout et n’importe quoi. Petit à petit, cela s’est structuré et tamisé. Aujourd’hui, nous sommes dans un contexte de crise économique. Jusqu’à 2011, le secteur n’était pas vraiment impacté. Actuellement, nous commençons à sentir une baisse. Bien sûr, ce recul ne se fait pas sentir sur les grands maîtres puisque ceux qui peuvent se les permettre ne subissent pas la crise autant que les autres.

    - L’art est-il devenu une valeur refuge, au même titre que l’or par exemple?
    - Les œuvres sur le marché marocain sont forcément amenées à augmenter. Nous avons la chance, encore maintenant, de vivre avec des artistes qui sont l’histoire de la peinture marocaine. Si vous voulez un Gherbaoui, vous en trouvez facilement sur le marché. Même chose pour Kacimi, Benali Rbati…
    La principale lacune est que, pour l’instant, nous ne disposons pas de structures nécessaires pour « marketer » nos artistes sur le marché mondial. Mais nous sommes sur la bonne voie, cela démarre! Notamment avec le musée de Rabat qui créera forcément des liens. De grands musées et instituts internationaux donnent également de la visibilité à nos œuvres. Le Louvre, par exemple, avec son département des Arts islamiques. Sans oublier l’Institut du monde arabe ou le centre Georges Pompidou. D’ailleurs, une exposition extraordinaire est en cours au centre Georges Pompidou sur la peinture du XXe siècle avec 2 Marocains exposés: Belkahia et Cherkaoui.


    Propos recueillis par Sanaa EDDAÏF

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