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    Analyse

    «Bouillon de culture» sur le marché de l’art

    Par L'Economiste | Edition N°:4183 Le 31/12/2013 | Partager
    Multiplication des ventes aux enchères et création de galeries
    La cote des peintres marocains en évolution
    Le secteur a encore besoin de régulation et de professionnalisme

    L’art est un marché de plus en plus porteur. C’est du moins ce qu’affirment les experts, convaincus que les œuvres d’art attirent les investisseurs. En témoignent les nombreuses ventes aux enchères organisées chaque année. A la mi-décembre, pas moins de trois maisons organisaient quasi simultanément des ventes, chacune dans sa spécialité : la Compagnie marocaine des œuvres et objets d’art de Casablanca (CMOOA), la galerie Memo Arts et Eldon &Choukri. Celles-ci précédées de peu par le nouvel entrant dans le marché, La Marocaine des Arts, qui organisait en novembre sa 2e vente aux enchères.
    Toutes les maisons s’accordent à dire que les œuvres ont eu beaucoup de succès, certaines enregistrant même des records. L’engouement est donc réel. Seulement, il est encore difficile pour les professionnels d’estimer le chiffre d’affaires du marché de l’art au Maroc. Opacité ou réelle incapacité ? En tout cas, les professionnels sont unanimes : le marché est trop vaste pour pouvoir l’estimer. D’autant plus que certaines activités enregistrant de gros chiffres d’affaires ne sont pas recensées. A l’instar des ventes de tableaux dans les boutiques et les marchés.
    Toutefois, certaines tendances se sont confirmées, comme la hausse de la cote des artistes marocains contemporains et une légère baisse des ventes de tableaux orientalistes (autrefois très prisés). Depuis quelques années, des artistes marocains se vendent à plus de 1 million de DH. Certains, comme Ahmed Cherkaoui, battent même des records. Deux œuvres de l’artiste se sont ainsi vendues à 3,5 millions de DH cette même année à la CMOOA.
    « L’année 2013 a enregistré des bonds dans nos ventes aux enchères. Les artistes marocains sont très prisés. En plus de Cherkaoui, une composition de Miloud Labied et une œuvre de Ben Ali Rbati ont été cédées à plus d’un million de DH chacune. En ce qui concerne les orientalistes, on constate une légère baisse, certainement due à la rareté d’œuvres de bonne qualité», explique Farid Ghazaoui, directeur des ventes aux enchères de la CMOOA.
    Nous sommes encore loin des 120 millions de dollars dépensés par un collectionneur à New York pour acquérir le fameux «Cri» d’Edvard Munch ou encore du célèbre triptyque de Francis Bacon, «Trois études de Lucian Freud», qui vient de battre le record du tableau le plus  cher en se vendant à 142,4 millions de dollars chez Christie’s en novembre dernier. Mais ne comparons pas l’incomparable, le marché de l’art au niveau mondial étant estimé à plus de 56 milliards de dollars. Il est vrai que le marché marocain n’est pas facile à cerner mais l’on se doute qu’il est loin d’avoisiner un tel chiffre.
    En effet, ce n’est qu’à partir des années 2000 qu’il connaît un premier démarrage avec l’émergence de nouvelles galeries et de lieux de culture.
    D’autres professionnels déplorent un manque de professionnalisme dans le milieu.
    «En plus d’une crise économique, le marché de l’art au Maroc a subi, cette dernière décennie, des agissements irréfléchis par manque de professionnalisme, de vision à long terme, d’éthique et de déontologie, provoquant un bouleversement anarchique», estime Abderrahmane Choukri, intervenant dans les marchés marocain et britannique depuis 45 ans et propriétaire de la galerie Eldon & Choukri.   Par ailleurs, le marché du faux inquiète également les professionnels. «Du moment que les prix des œuvres marocaines atteignent de fortes sommes, cela encourage ces pratiques. Tout un business profite de cette situation. Seulement aujourd’hui, les maisons de ventes aux enchères s’entourent d’équipes d’experts, de commissaires-priseurs venus de grandes maisons étrangères», explique Ghazaoui de la CMOOA.
    « Au Maroc, le phénomène du faux est relativement récent pour l’art pictural et beaucoup plus ancien pour les instruments scientifiques, la numismatique, l’orfèvrerie, les boiseries et les textiles entre autres. C’est aux intervenants du marché de s’armer des compétences nécessaires pour contrer ce fléau, qui affecte une grande partie de notre patrimoine», s’alarme Choukri qui rappelle ainsi que l’art marocain ne se limite pas aux œuvres picturales.
    Dans tous les cas, le marché de l’art est «bouillonnant» et dispose d’un fort potentiel. Les professionnels aspirent aujourd’hui à plus de régulation et de structure pour mieux accompagner son évolution.


    Sanaa EDDAÏF

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