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    Politique Internationale

    Erdogan face aux règles de la démocratie

    Par L'Economiste | Edition N°:4182 Le 30/12/2013 | Partager
    Le Haut conseil de la magistrature et le Conseil d’Etat l’accusent d’entraver la justice
    Les manifestants réclament sa démission
    Erdogan dénonce un «complot» contre son gouvernement

    Le Premier ministre Turc, Recep Tayyib Erdogan, mis à mal après l’éclatement des affaires de corruption où l’un de ses fils serait impliqué. Mis sous pression, il appelle ses partisans à se mobiliser pour déjouer «ce complot diabolique»

    Le Premier ministre Turc, Recep Tayyib Erdogan, ne sait plus à quel saint se vouer. Lui qui avait fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille à chaque élection législative  est aujourd’hui rattrapé par une affaire où serait impliqué un de ses fils, . Il est même appelé à démissionner. Des rumeurs circulent même sur l’organisation d’élections législatives anticipées en 2014. Ce scandale, d’une ampleur sans précédent, a déjà conduit à la démission de trois ministres dont les fils ont été inculpés. Depuis, on voit se multiplier, ici et là, des positions anti-Erdogan. Le Premier ministre est d’ailleurs dans la nasse du Conseil d’Etat. La plus haute juridiction administrative du pays a bloqué un décret gouvernemental visant à obliger la police à informer sa hiérarchie avant toute perquisition et arrestation.
    Le Premier ministre a aussi perdu le soutien du Haut conseil de la magistrature, qui a jugé que la disposition rejetée par le Conseil d’Etat constituait une violation du principe de séparation des pouvoirs et de la Constitution. D’autant que la justice souhaite entendre son fils, Bilal, en tant que témoin.
    En dépit de ces critiques, la démission d’Erdogan n’est pas envisagée par l’intéressé. Les Turcs vont se contenter d’un grand remaniement ministériel tel que voulu par leur Premier ministre qui dénonce un «crime» et reproche au parquet de ne pas avoir informé sa hiérarchie des progrès de l’enquête en temps voulu. Celui-ci a d’ailleurs été dessaisi du dossier après avoir dénoncé une tentative d’étouffement de l’enquête.
    Erdogan ne compte pas s'arrêter là. Pour lui, le Haut conseil de la magistrature a commis un crime en joignant sa voix à celle du Conseil d’Etat. «Maintenant, je me demande qui va juger ce conseil. Si j’en avais le pouvoir, je le ferai sur le champ», a-t-il lancé lors d’un discours prononcé à l’université Sakarya. Ses propos ont attisé les griefs de l’opinion publique qui l’accuse de dérive autoritaire. Pour se défendre, Erdogan s’en est pris à l’organisation de son ancien allié, Fathallah Gulen, actuellement en exil aux Etats-Unis. Il l’accuse implicitement d’être à l’origine de ce complot. L’opposition s’est requinquée en accusant Erdogan de chercher à gouverner le pays par l’intermédiaire d’un Etat parallèle.
    En tout cas, le Premier ministre turc a pressé les sympathisants de son parti à se mobiliser pour déjouer «ce complot diabolique». Pour lui, seules les élections municipales prévues au printemps 2014 permettront à son pays de sortir de cette crise.


    Hajar BENEZHA

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