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    Rétrospective

    «Le Maroc a besoin de grands pôles politiques»

    Par L'Economiste | Edition N°:4182 Le 30/12/2013 | Partager

    Driss Lagrini a considéré que la constitution d’alliances stratégiques autour de grands pôles est à même de permettre la consécration de la pratique d’alternance politique

    Pour Driss Lagrini, professeur de sciences politiques, et coordinateur du groupe des recherches sur la gestion des crises à l’université Qadi Ayyad à Marrakech, la sortie de l’Istiqlal du gouvernement s’est traduite par un plus grand dynamisme du champ politique, qui pourra conduire vers une meilleure visibilité des alliances.


    - L’Economiste: La sortie de l’Istiqlal du gouvernement a remis sur la table la question de la fragilité des alliances. Quel a été l’impact de cette décision sur le champ politique?
    - Driss Lagrini: Les alliances politiques ne sont pas sacrées et ne peuvent pas être stables. Car, il s’agit d’abord d’ententes entre partis politiques autour d’une série de dossiers. Elles sont guidées par des considérations conjoncturelles, mais aussi idéologiques et stratégiques. C’est pour cela que l’éclatement de l’alliance entre l’Istiqlal et le PJD ne doit pas être vu comme un événement négatif, dans la mesure où cela s’est traduit par une plus grande dynamique du champ politique.

    - Mais plusieurs observateurs s’en sont pris à l’alliance entre le PJD et le RNI…
    - Effectivement, cette alliance a été critiquée. Mais les partis n’ont pas d’adversaires immuables. Car la logique politique est basée sur des intérêts conjoncturels. La sortie de l’Istiqlal du gouvernement n’a pas laissé à Abdelilah Benkirane de grandes marges de manœuvre. Il devait choisir entre une alliance avec le RNI et l’appel à des élections anticipées.
    Il est vrai que la relation entre les deux formations était tendue, et les choses sont allées jusqu’à l’échange d’accusations. Néanmoins, le PJD et le RNI ont fait preuve de pragmatisme, pour être au service des intérêts supérieurs de la nation. Et ils ont réussi jusque-là à éviter les dysfonctionnements qui ont marqué la 1re version du gouvernement. D’ailleurs, nous n’avons pas encore constaté de divergences au sein de l’équipe gouvernementale.

    - Quelles sont les raisons qui empêchent les partis de nouer des alliances stratégiques qui dépassent les enjeux électoraux?
    - Depuis le gouvernement Abderrahman Youssoufi, le Maroc avait pour ambition de consacrer la pratique de l’alternance politique. Cela, à travers la mise en place d’alliances qui dépassent la balkanisation du champ politique.
    Aujourd’hui, les choses semblent se diriger dans ce sens. D’ailleurs, la sortie de l’Istiqlal du gouvernement et le renouement avec son allié traditionnel, l’USFP, a donné un nouveau dynamisme à l’action de l’opposition. Surtout que l’Istiqlal maîtrise les différents dossiers sur lesquels se penche le gouvernement.
    Globalement, nous traversons une période où les partis oeuvrent pour nouer des alliances qui permettront de dépasser cette balkanisation, due notamment au mode de scrutin, qui ne permet pas de donner une meilleure visibilité du champ politique. D’autant plus que le Maroc a besoin de grands pôles, capables de pérenniser la pratique de l’alternance.

     

    Propos recueillis par M. A. M.

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