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    Rétrospective

    Rétrospective
    Alliances: Comment la carte politique a été chamboulée

    Par L'Economiste | Edition N°:4182 Le 30/12/2013 | Partager
    Le retour de l’Istiqlal à l’opposition s’est traduit par la renaissance de l’alliance avec l’USFP
    Le RNI, seule option crédible pour éviter l’organisation d’élections anticipées
    Le PAM prône une nouvelle logique d’alliances

    L’alliance entre Abdelilah Benkirane et Salaheddine Mezouar n’a pas été vue d’un bon œil. Même si leur relation n’était pas toujours au beau fixe, ils ont su faire preuve de pragmatisme pour «sortir le pays de l’impasse politique»

    LA crise politique qu’a traversée le Maroc pendant des mois, et qui a conduit à l’éclatement de la majorité du gouvernement Benkirane I, a remis sur la table la question des alliances. En effet, les conflits entre le PJD et son principal partenaire, l’Istiqlal, surtout après l’élection de Hamid Chabat à sa tête, ont confirmé la fragilité de l’exécutif. Si les deux formations disposent de référentiels idéologiques proches, ce sont les divergences des points de vue, notamment en matière de gestion des affaires publiques, qui ont conduit à un divorce tumultueux. En effet, «au-delà des problèmes sociaux, économiques et politiques, la première version de la majorité avait pour challenge de maintenir sa cohésion. Or, la précipitation, qui a marqué les consultations pour la constitution du gouvernement Benkirane I, a eu un impact négatif sur la solidité de l’alliance entre le PJD et l’Istiqlal», a expliqué Driss Lagrini, professeur de sciences politiques à l’université Qadi Ayyad à Marrakech. Mais l’éclatement de la majorité a été suivi d’une longue traversée du désert du PJD, qui avait du mal à trouver un remplaçant de la même taille que l’Istiqlal. Surtout que le parti de la lampe avait peu de choix. L’USFP a clairement fait savoir son refus d’intégrer un gouvernement conduit par le parti islamiste. Le PAM a été souvent considéré par les membres du PJD comme une ligne rouge à ne pas franchir, même si Abdelilah Benkirane avait rencontré Mustapha Bakkoury dans le cadre du processus de consultation pour la formation d’une nouvelle majorité. Mais il s’agissait surtout d’une rencontre pour la forme. Les deux partis ayant tranché leurs positions, bannissant toute alliance entre eux. Restait alors le RNI de Salaheddine Mezouar, qui était la seule piste crédible, à même de permettre à Benkirane d’éviter le scénario d’élections législatives anticipées. Sauf que, jusque-là, les relations entre le PJD et le RNI n’étaient pas au beau fixe. Des membres du parti de la lampe avaient diabolisé le patron du RNI, notamment dans le cadre de l’affaire des primes du ministère des Finances. La formation de la colombe était également l’un des leaders du fameux G8, une coalition formée quelques mois avant les élections de novembre 2011, avec le PAM, le MP, l’UC et d’autres petits partis. Leur ambition était de contrer les «forces conservatrices», comme le PJD (cf.www.leconomiste.com). Or, cette alliance, présentée à l’époque en grande pompe, s’est effritée juste après l’annonce des résultats des élections. Au moment où le MP avait préféré rejoindre la majorité formée autour du PJD, les autres composantes du G8 ont choisi de faire cavalier seul (voir encadré). Ainsi, aucune coordination institutionnalisée et constante n’a été mise en place entre le PAM et le RNI, qui étaient les têtes de pont de cette alliance, et qui sont considérés parmi les grandes formations de l’opposition. Néanmoins, Mustapha Bakkoury, patron du PAM, a prôné récemment, lors d’une émission télévisée, une nouvelle logique des alliances. Il a affirmé que son parti mène une coordination avec les autres formations de l’opposition sur la base d’une vision ou de projets communs, surtout au niveau parlementaire. Il a estimé que cette action commune peut se renforcer davantage, afin de permettre, notamment, de présenter des propositions législatives communes. Ceci témoigne de la nature conjoncturelle des alliances au Maroc. Celles-ci restent souvent court-termistes, et n’obéissent pas à une logique de rapprochement idéologique ou de partage d’un programme commun. Même certaines alliances historiques n’ont pas tenu face à la nature mouvante des coalitions politiques. C’est dans ce cadre qu’a été perçue la décision du PPS d’intégrer le gouvernement Benkirane, contrairement à son allié traditionnel, l’USFP, qui a préféré se concentrer sur sa restructuration interne. L’alliance entre le PJD, connu pour son idéologie conservatrice, et le PPS, un parti de la gauche progressiste, a été souvent mal perçue. Quoi qu’il en soit, cette divergence des positions lors de la formation du gouvernement Benkirane I, qui a conduit, entre autres, à creuser davantage le gouffre entre les composantes de la Koutla, a eu des répercussions lors de la constitution du gouvernement Benkirane II.

    L’USFP entre la Koutla et la mouvance de gauche

    LA sortie de l’Istiqlal du gouvernement Benkirane I a été accompagnée par un renforcement de la coordination entre ce parti et l’USFP. Ce qui était vu comme une renaissance de la Koutla.
    Un vœu pieu, sachant que le PPS, troisième composante de cette coalition, a préféré rester dans la majorité. Mieux, l’USFP a également initié un autre processus de rassemblement de la famille de gauche.
    Le parti travailliste et le parti socialiste ont déjà fusionné avec la formation de Driss Lachgar. Le groupement du parti travailliste à la Chambre des représentants s’apprête à intégrer le groupe de l’USFP lors de la prochaine rentrée parlementaire.

    En effet, au moment où l’Istiqlal a choisi de claquer la porte de la majorité formée autour du PJD, le PPS est resté fidèle à ses engagements. Ce qui se traduira par une recomposition de la Koutla, par l’Istiqlal et l’USFP, amputée de son troisième membre. Néanmoins, la formation de Benkirane II a été accompagnée du renforcement de la coordination entre les formations de la balance et de la rose, qui agissent en rangs serrés pour mettre la pression sur l’exécutif. Des réunions régulières sont tenues entre les dirigeants des deux partis, et une commission de coordination entre leurs élus a été également mise en place. Cette coordination est clairement visible entre les groupes parlementaires des deux partis. Elle a été étendue aux autres formations de l’opposition, notamment à la Chambre des conseillers. Mais si l’alliance de l’Istiqlal et de l’USFP semble être fondée sur une histoire et une vision commune, l’entente avec les autres partis est surtout d’ordre conjoncturel, comme c’était le cas lorsque les différents groupes de l’opposition à la Chambre des conseillers avaient présenté des amendements communs.

    Ententes communales

    AU-delà des coalitions gouvernementales ou des ententes au sein du Parlement, les alliances politiques changent en fonction des strates institutionnelles.
    En effet, les alliances nouées au sein des conseils communaux sont souvent incompatibles avec l’orientation générale des formations politiques. Ainsi, certaines communes connaissent une alliance entre des partis de la majorité gouvernementale et d’autres de l’opposition.
    Néanmoins, cela est expliqué par la nature différente des enjeux locaux. D’où l’importance de renforcer la coordination entre les alliés concernant les différents niveaux de représentation.

    Mohamed Ali MRABI

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