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    Evénement

    Retraite
    Les fonctionnaires travailleront plus longtemps

    Par L'Economiste | Edition N°:4182 Le 30/12/2013 | Partager
    L’âge de départ à la retraite à 62 ans dès 2015
    Il sera porté progressivement à 65 ans, soit à raison d’un semestre par an
    Le taux de cotisation sera de 28%

    Les déséquilibres des caisses de retraite s’accroissent. Pour chaque cotisation, ils créent des droits supérieurs accumulant les déficits et les dettes pour les générations futures

    2014 sera l’année du dénouement pour le dossier de la retraite. Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement, l’a affirmé la semaine dernière devant la Chambre des conseillers lors de la séance mensuelle des questions orales. Ce ne sera pas la refonte complète des régimes, mais le premier pas vers l’assainissement d’une situation qui, si elle perdure, pourrait devenir incontrôlable (voir encadré).
    Le régime des fonctionnaires, dont les déficits pointent, sera le premier à être réaménagé. Le personnel de l’Etat devra travailler plus longtemps. Tous les paramètres seront retouchés: l’âge de départ à la retraite, le taux de cotisation ainsi que l’assiette et l’annuité de liquidation de la pension. Il s’agit là d’une réforme paramétrique dont le but est d’allonger l’horizon de viabilité de quelques années.
    Le scénario arrêté prévoit de porter l’âge de départ à la retraite de deux ans à partir de 2015. Il sera donc fixé à 62 ans et relevé par la suite progressivement à 65 ans. Et ce, au rythme d’un semestre par année.
    L’amélioration de l’espérance de vie est une donne que le gouvernement ne peut occulter. Les retraités bénéficient de la pension sur des périodes longues alors que le nombre des actifs est en baisse constante. Selon la Caisse marocaine de retraite (CMR), un fonctionnaire qui part à la retraite à 60 ans a droit à des prestations sur une période de près de 33 ans (21 ans pour la pension principale et près de 12 ans pour la pension réversion). De plus, le rapport démographique est actuellement de 3 actifs pour un retraité contre 12 pour un retraité en 1986. L’accès tardif à l’emploi n’arrange pas non plus les choses puisqu’il se traduit par une baisse des ressources.  
    L’allongement de l’âge de départ à la retraite permettrait donc de diminuer les engagements non couverts par le régime des pensions civiles, mais il n’est pas suffisant. Le taux d’annuité et le salaire de référence seront revus. Le premier devrait passer de 2,5 à 2% alors que le second tiendra compte de la moyenne des salaires des huit dernières années avant la retraite. Cette modification est nécessaire car, comme l’explique la Cour des comptes dans son rapport sur les retraites, «il faut corréler la liquidation de la pension avec l’effort de cotisation».
    Surtout que la rémunération de fin de parcours professionnel est généralement plus élevée. De plus, l’effectif des cadres qui terminent leur carrière dans les échelles de rémunération les plus élevées est passé de 6% en 1986 à 45% en 2011.
    Ces changements permettront aussi d’assurer la convergence des paramètres des régimes pour en rapprocher les règles de fonctionnement. Ce qui pourrait faciliter leur intégration sur le long terme. Surtout que le système actuel se caractérise par des règles et des paramètres de fonctionnement non harmonisés. Résultat, l’absence de passerelles entre les différentes caisses entravant ainsi toute mobilité des salariés entre le secteur privé et celui public.
    Les cotisations devraient également augmenter. L’effort devrait être assuré à part égale entre les fonctionnaires et l’Etat employeur. Les taux seront portés de 20 à 28%! Et ce, sachant que le niveau nécessaire pour maintenir l’équilibre financier du régime tourne autour de 52%! La Cour des comptes a recommandé un taux de 30% dont  une partie (6%) devrait être affectée à un régime additionnel géré par capitalisation qui permettrait de maintenir les pensions servies à un niveau proche de la situation actuelle. Il compenserait ainsi la baisse du taux de remplacement.

    Déficits abyssaux

    A lui seul, le régime des pensions civiles géré par la CMR compte un déficit actuariel de 605 milliards de dirhams sur un horizon de 50 ans. Ce déficit s’est aggravé de près de 22 milliards de dirham en 2013 par rapport à l’étude réalisée en 2012 par cette caisse. Il s’agit là du coût d’une seule année d’inaction.
    Dans une interview accordée à L’Economiste, Mohammed El Alaoui El Abdellaoui, directeur général de la CMR, avait expliqué «qu’en contrepartie de chaque dirham cotisé, le régime s’engage à verser l’équivalent de 2 dirhams comme prestations. De ce fait, chaque année de retard dans la prise de décision ne fait qu’aggraver les déficits futurs».

    Khadija MASMOUDI

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