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    L’Office du tourisme muscle son plan triennal

    Par L'Economiste | Edition N°:4181 Le 27/12/2013 | Partager
    2,5 millions de touristes en plus d’ici 2016
    Le conseil d’administration a approuvé son plan d’action
    Zouiten: «L’argent on l’a, il faut aller chercher les touristes»

    Abderrafih Zouiten, directeur général de l’ONMT, est déterminé à aller au charbon pour tenir le défi des objectifs 2016

    CE ne sera pas une partie de plaisir, mais un défi de taille. Pour son premier conseil d’administration à la tête de l’Office national marocain du tourisme (ONMT), le 25 décembre à Rabat, Abderrafih Zouiten, d’entrée, est passé à l’offensive. «La situation exige un travail de fond, avec plusieurs chantiers lourds et pluridisciplinaires. Elle nécessitera une mobilisation de l’ensemble des acteurs sur le long terme».
    Pour une entrée en matière, le directeur général de l’Office a fait fort. Oui, parce que, «si l’on ne fait pas attention à être pertinent dans notre offre pour les touristes, la destination court le risque de perdre de son attractivité», commente un ancien président de la fédération du tourisme. 
    Le patron de l’ONMT veut un cap clair pour déployer son action. C’est le message qu’il avait lancé lors de sa première conférence de presse suite à sa nomination à la tête de l’Office, le 19 juin 2013. Et il s’y est tenu lors du conseil.  Pour le cap, le conseil d’administration (composé d’institutionnels et de professionnels) a tracé les grandes lignes de l’action de l’ONMT pour les trois prochaines années, 2014-2016. Une étape intermédiaire de la Vision 2020 voulue qui, aux yeux de Zouiten, a son importance en ce sens qu’elle fédère tous les acteurs et renforce le partenariat public/privé autour du secteur.  L’ONMT ne peut pas agir seul, reconnaît-il,  d’où la pertinence du rapprochement à la fois avec les opérateurs et les régions, surtout celles à fort potentiel touristique. Pour quels objectifs chiffrés? «Nous visons 12,5 millions de touristes à l’horizon 2016, sur un rythme de croissance annuelle moyenne de l’ordre de 8%». Là aussi, le management de l’Office a mis la barre très haut, quand on sait que l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) prévoit pour 2014 une croissance de l’ordre de 3% sur le plan mondial. «On est au-delà du double de la tendance mondiale du secteur», se réjouit Zouiten. Et cette prospective permet de tabler sur plus 61 milliards de DH de recettes en devises au terme de l’étape intermédiaire que s’est fixée la nouvelle task force du tourisme national. Comment concrétiser toutes ces bonnes intentions?
    Sur cette question aussi, le DG de l’Office est clair: «Il faut identifier les marchés prioritaires pour y focaliser nos moyens qui sont limités».   En plus des «valeurs sûres» que sont les marchés français, espagnol, allemand et britannique, il y a les marchés des pays de l’Est, notamment la Pologne et la Russie. En somme, des marchés sur lesquels il va falloir véritablement investir parce que «le retour sur investissement y est beaucoup plus important pour la destination Maroc», explique Zouiten. Au rang des marchés identifiés par l’ONMT, figurent également les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CGG). Dans le viseur aussi, les marchés dits de conquête, parce que là  aussi, «il faut diversifier les sources émettrices». Dans l’ordre, il s’agit du Brésil, de l’Afrique, notamment l’Afrique de l’Ouest, et de la Scandinavie.
    A partir de ces choix, le conseil d’administration du 25 décembre a approuvé l’ouverture de trois nouvelles délégations à l’étranger dans les tout prochains jours. La délégation de Dakar, une première sur le continent, qui ouvrira dès janvier prochain, va travailler sur toute la sous-région de l’Afrique de l’Ouest. Celle de Sao Paulo, au Brésil, couvrira des marchés de l’Amérique du Sud comme l’Argentine. Un clin d’œil à Royal Air Maroc qui exploite depuis le 9 décembre trois fréquences hebdomadaires entre Casablanca et Sao Paulo.
    Comme promis aussi à sa prise de fonction, Zouiten a obtenu l’approbation par les membres du conseil d’administration pour l’ouverture d’une délégation à Abu Dhabi. Là aussi, le choix répond à l’offensive de cet émirat sur le Maroc à travers ses nombreux investissements dans le secteur du tourisme notamment. Avec la délégation ONMT de Ryad, en Arabie Saoudite, la force de frappe pour attirer des touristes des pays du Golfe s’en trouve renforcée. Une lecture entre les lignes permet de s’apercevoir que ce focus sur cette zone va au-delà des seuls intérêts touristiques dont elle recèle.    
     Rien n’est laissé au hasard. Les discussions autour des thèmes, notamment de l’aérien, la distribution, l’offre balnéaire, la restructuration de l’Office… n’ont qu’un seul objectif. «Il faut que la destination continue à plaire, à attirer des touristes pour toujours à afficher de bons résultats dont plusieurs destinations concurrentes nous envient aujourd’hui», commente un membre du conseil. Mais de quels moyens dispose l’Office du tourisme pour mener à bien cette bataille, face à une concurrence féroce?
    Pour son directeur général, il ne fait pas de doute: «Le succès du secteur dépend de l’implication des acteurs du transport aérien». Ce qui passe forcément par les players nationaux. Sans plaider ouvertement la préférence nationale, le patron de l’Office estime qu’«il est important de renforcer et développer des partenariats avec Royal Air Maroc et Air Arabia». Mais il ne perd pas de vue que le volet aérien de la stratégie touristique fait la part belle aux low cost qui ont pris le lead sur le moyen courrier au départ de l’Europe, principal marché émetteur. Il y a les compagnies traditionnelles qui commencent à reprogrammer la destination Maroc, notamment Suiss Air, SN Brussels, British Airways 
    Pour séduire tous ces acteurs, l’ONMT devra puiser dans le futur fonds aérien qui sera renforcé par l’appui des régions… touristiques.
    Le volet communication à l’international, jusqu’ici confié à une seule agence pour tous les marchés à l’étranger, sera scindé en cinq «pour répondre aux besoins de proximité des marchés cibles», glisse Zouiten. L’appel d’offres est en cours d’élaboration pour recruter cinq agences de communication.  
    Pour tenir toutes ces promesses, l’ONMT ne dispose que d’un budget de 800 millions de DH dont l’essentiel devrait être financé par les recettes de la nouvelle taxe sur les billets d’avion sur les vols internationaux… la fameuse taxe Haddad.

    L’enjeu de la distribution

    L’ENJEU n°1, «c’est la maîtrise de la distribution en fonction de chaque marché émetteur». C’est-à-dire que le choix de s’appuyer à un TO ou via Internet pour vendre le Maroc se fera désormais en fonction de la pertinence du marché cible. Mais à terme, «il faudra un outil marocain adapté qui permet l’accessibilité à l’offre hôtelière nationale, pour éviter aux touristes de ne voir cette offre qu’à travers le prisme uniquement des grandes chaînes hôtelières…». Zouiten fait allusion aux riads, aux hôtels de catégories inférieures

    Bachir THIAM

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