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    Politique Internationale

    Turquie: L’AKP miné par un scandale financier

    Par L'Economiste | Edition N°:4180 Le 26/12/2013 | Partager
    Malversations, fraude et blanchiment d’argent
    Les ambitions de Recep Tayyip Erdogan à la présidence compromises
    Un remaniement gouvernemental prévu pour les jours qui viennent

    Egemen Bagis, ministre des Affaires européennes (à gauche), Muammer Guler, ministre de l’Intérieur (au centre) et Zafer Caglayan, ministre de l’Economie, attendent l’arrivée de leur Premier ministre en déplacement d’affaires. Leurs mines effarées en disent long sur l’ampleur du trouble dans lequel cette affaire les a mis

    La Turquie va-t-elle prendre un virage qui changera le paysage politique pour des années encore? Six mois après avoir réussi à maîtriser la fronde sociale sans précédent qui a secoué le pays, le parti islamo-conservateur au pouvoir est touché par un scandale financier qui risque de changer radicalement la donne.  
    L’AKP, qui s’est forgé une image de pourfendeur invétéré de la corruption, est lui-même pris la main dans le sac. Les fils de ses ministres de l’Intérieur et de l’Economie, le PDG de la banque Halkbank ainsi qu’une vingtaine d’hommes d’affaires et élus ont été placés en détention préventive dans le cadre d’une vaste affaire de malversations, fraude et blanchiment d’argent.
    Pour amortir le coup, Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre, a trouvé deux parades. La première étant d’avancer pour les jours prochains son remaniement ministériel, initialement prévu «avant mars 2014». L’occasion idéale de faire le ménage dans les arcanes du pouvoir. Erdogan peut compter sur l’appui du président Abdullah Gul, qu’il pourrait rencontrer aujourd’hui pour discuter des différents scénarios possibles. Le chef de l’Etat a déjà salué «l’effort de démocratisation» du parti, qui «refuse d’étouffer l’affaire».
    Deuxième parade, classique chez les partis islamistes de par le monde, c’est «la théorie du complot». Un «Etat dans l’Etat» est ainsi accusé de vouloir «détruire» les avancées économiques de la dernière décennie. Une allusion pour qui saura la saisir à la guerre fratricide qui l’oppose au prédicateur de sa même confrérie, Fetullah Gulen.
    Erdogan espère que cette affaire ne viendra pas compromettre son avenir politique, à quatre mois des élections municipales prévues le 30 mars. Elections qui devraient elles-mêmes servir de tremplin à ses ambitions présidentielles. A condition qu’il les remporte. S’il en sort vainqueur, il sera incontestablement la plus forte figure politique du pays. Dès lors, contraint de quitter la tête du gouvernement aux législatives de 2015 selon les règles imposées par le parti, il sera libre de se soumettre au suffrage universel pour la présidence.
    La partie n’est pas gagnée. Les médias notent que l’organisation de Gulen est capable de saborder son propre camp. Disposant de «ses propres médias, universités, cercles de réflexion et de soutien dans les affaires et dans la fonction publique», cet Etat dans l’Etat, comme se plaît à l’appeler Erdogan, «est en mesure d’utiliser son influence auprès des électeurs et sa puissance financière pour faire pencher la balance en faveur de l’opposition».


    Rime AIT EL HAJ

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