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    Export: Abbou planche sur un plan d’urgence

    Par L'Economiste | Edition N°:4177 Le 23/12/2013 | Partager
    Le projet bientôt devant le Conseil de gouvernement
    Les accords de libre-échange mal exploités

    Le plan d’urgence pour le commerce extérieur sera élaboré en concertation avec tous les partenaires public et privé. Il portera sur les deux volets de la balance commerciale

    Pour Mohammed Abbou, ministre délégué au Commerce extérieur, «l’état actuel de notre balance commerciale représente une dangereuse menace à même d’anéantir tous les efforts déployés dans de nombreux pans de notre économie avec des conséquences sociales que nous devons éviter à tout prix». Le ministre Abbou révèle à L’Economiste les grandes lignes de son plan d’urgence pour relancer l’export.

    - L’Economiste: Quel diagnostic faites-vous sur la situation actuelle de la balance commerciale?
    - Mohammed Abbou: Le premier constat que nous avons fait est que la situation est alarmante. Fin novembre, nous sommes à un taux de couverture de 48%. Cela veut dire que le déficit est largement supérieur à nos exportations. La situation ne peut pas être plus préoccupante.

    - Justement, quelles sont les mesures que vous comptez prendre d’urgence?
    - Nous travaillons au niveau du ministère depuis quelques semaines sur l’élaboration d’un plan d’urgence du commerce extérieur. Il y a suffisamment d’études et de plans d’action. Aujourd’hui, nous cherchons un plan d’urgence avec des mesures immédiates et rapides pour agir sur deux volets. Le premier porte sur les exportations pour diversifier les produits et les marchés. Le deuxième volet permettra d’agir sur les importations. Il n’y a pas de raison pour que le Maroc puisse avoir des déficits commerciaux avec des pays où nous n’avons pas d’accord de libre-échange et avec lesquels nous n’importons pas de produits énergétiques. Il faut instaurer des normes de qualité, environnementales et de santé sur l’importation. Cela devra se faire dans le respect des engagements du Maroc vis-à-vis des ses partenaires, que ce soit dans le cadre de l’OMC ou des accords de libre-échange. Nous avons également beaucoup d’autres mesures. Le plan n’est pas encore finalisé. Il est en phase d’étude avec les autres départements ministériels concernés.

    - Que prévoyez-vous pour les ALE qui ne sont pas toujours en faveur des entreprises marocaines?
    - Avant d’arriver au ministère, j’avais également cette impression d’inégalité. En réalité, les choses sont différentes. Nous sommes en train de réaliser une étude minutieuse sur l’ensemble des 55 accords de libre-échange. Nous n’allons signer aucun nouvel accord pour l’instant avant de faire le bilan de l’existant. Ces accords touchent 1 milliard de consommateurs, mais les exportateurs marocains n’ont pas encore exploité toutes les opportunités des ALE. A titre d’exemple, l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis offre une opportunité qui n’a pas encore été exploitée par les textiliens. Cet accord nous donne une exception qu’aucun pays dans le monde n’a pu décrocher. Le Maroc dispose depuis 10 ans d’un contingent pour le textile de 30 millions de m2 sans respecter les règles d’origine. Nous n’avons absolument pas utilisé  cette opportunité. C’est malheureux! La plupart des opérateurs s’intéressent à l’importation, ce qui tue le tissu industriel. Il faut consommer ce que nous produisons et non ce que nous importons.

    - Cette ambition sur l’export se confronte à un grand déficit en matière d’offre exportable et de logistique. A titre d’exemple, la liaison maritime avec les Etats-Unis a été fermée…
    - Cela est tout à fait vrai. Nous travaillons en étroite collaboration avec le ministère de l’Industrie dans ce sens. Nous allons essayer de changer nos marchés. Le Maroc compte renforcer son positionnement de hub en Afrique. Les caravanes de l’export ont commencé à aller également vers les pays anglophones et d’Afrique de l’Est. Pour la logistique, le ministère du Transport travaille sur d’importants projets sur le transport maritime. La semaine dernière, une ligne a été décidée vers la Libye via la Tunisie. 

    - Qu’en est-il de l’appui à l’export qui ne touche pas la majorité des entreprises?
    - Nous prévoyons une caravane à l’échelle nationale sur les 16 régions, à partir de janvier. Nous allons faire une tournée pour communiquer sur ce que propose l’Etat pour accompagner les entreprises exportatrices. Il est vrai qu’uniquement quelques régions bénéficient des accompagnements. Dans le cadre des accords signés entre le gouvernement et le privé, 1 milliard de DH est mis à la disposition des exportateurs. Rien que pour cette année, 105 millions de DH ont été alloués aux contrats de croissance. Les entreprises ont déjà reçu les virements.

    1 milliard de DH

    LE gouvernement vient de lancer la nouvelle édition des programmes d’appui à l’export. Le programme de l’Audit à l’export  vise à soutenir 1.000 entreprises dans leurs démarches d’amélioration de leurs performances à l’exportation. Au titre de 2013, plus d’une soixantaine d’opérations d’audit à l’export ont été réalisées. 375 entreprises exportatrices ou potentiellement exportatrices sont ciblées par le programme des contrats de croissance à l’export.  Cette année marque la première édition de ce programme, avec la conclusion de 74 contrats de croissance entre le ministère et les entreprises. «Un appel à manifestation d’intérêt est lancé à partir du 20 décembre, pour faire adhérer plus d’exportateurs au programme», annonce Abbou. Le troisième programme soutient les consortiums d’exportation.

    Propos recueillis par Ilham BOUMNADE

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