Analyse

Louardi au Club de L’Economiste
Ramed: Régime sans pilote

Par | Edition N°:4177 Le 23/12/2013 | Partager
Pas de budget dédié, ni d’organisme gestionnaire
La carte sanitaire bientôt finalisée

LE Ramed, un des programmes emblématiques du gouvernement, souffre d’une malformation congénitale.

Ramed: Pas de budget dédié
Personne ne sait quel est le budget exact du Ramed! Le ministère de la Santé reçoit des crédits en vrac sans aucune spécification. Une situation qui dérange beaucoup la tutelle. «Il faut que l’argent du Ramed suive le Ramediste. Nous sommes perdus dans le financement», explique Louardi. Le régime est financé à partir du fonds de cohésion sociale alimenté par les contributions des hauts salaires. Mais, comble de l’aberration, le ministre n’a aucune idée sur la gestion de ce fonds. Autre problème: le Ramed nécessite la mise en place d’un organisme gestionnaire. Selon la loi 65-00, l’Anam devait prendre ce rôle. Pour éviter un conflit d’intérêts, la gestion du Ramed a été confiée à une division au ministère de la Santé composée d’une dizaine de personnes. Sur les 8,5 millions de bénéficiaires potentiels, 6 millions disposent déjà de leur carte. La situation actuelle laisse même croire que les financements seront insuffisants. «Parmi les 18% de vulnérables au Maroc, plus de 50% ne peuvent pas retirer la carte du Ramed à cause des 120 dirhams exigés», explique Louardi.

Carte sanitaire: Des incitations pour les investisseurs
La carte sanitaire représente la répartition équitable de l’offre de soins en termes de matériels, de ressources humaines, d’infrastructures à l’échelle nationale. Un projet qui sera lancé dans le cadre de la loi 34-09, mais qui attend toujours son décret d’application qui bute sur le manque de données précises. Une étude vient d’être achevée pour déterminer la population par région, le nombre de médecins et de dispensaires... «Ce texte prévoit des incitations pour l’investissement dans les régions les plus reculées», explique Louardi.

Assurance maladie des indépendants
La couverture sociale et médicale des indépendants est l’un des chantiers qui a pris le plus de retard. Après avoir été instruit par le ministère de l’Emploi, le dossier a été transféré au département de la Santé. Ce dernier a procédé à une étude en partenariat avec l’UE. Deux scénarios se dégagent. Le premier consiste en l’adhésion des indépendants à la CNSS. La Caisse présente l’avantage d’avoir l’expérience requise, d’être bien répartie géographiquement et d’avoir les outils nécessaires. Les premières inscriptions toucheront les catégories professionnelles «prêtes et solvables». Les autres suivront au fur et à mesure.
Le second scénario consiste à mettre en place un régime spécial qui sera géré par un organisme à créer. Un régime qui a pour principe de distinguer le risque normal de celui des maladies chroniques, qui présentent une lourde charge pour les caisses de prévoyance. En effet, 3% de malades chroniques absorbent 53% du budget de la CNSS, par exemple. L’action d’un régime spécial consiste à séparer en deux les cotisations entre risque normal et maladies chroniques. Ce qui signifie que la CMIM, la Cnops, la CNSS, AMO, Ramed et les assurances privées seront maintenues pour couvrir le risque normal. Quant aux maladies chroniques, elles seront couvertes par les cotisations provenant de l’ensemble de la population. Le choix de cette solution dépend maintenant d’une décision politique. Dans tous les cas, cela peut prendre 20 ans.


IL. B. & H. E.

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