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    Analyse

    Louardi au Club de L’Economiste
    Ouverture du capital des cliniques:

    Par L'Economiste | Edition N°:4177 Le 23/12/2013 | Partager
    Déjà 12 milliards de DH d’investissements potentiels
    Louardi révèle les anomalies du secteur
    Portage, établissements hors la loi, problèmes de gestion

    «Beaucoup de cliniques au Maroc ont un capital qui n’appartient pas aux médecins, mais à des investisseurs qui ne sont pas de la profession», révèle El Haussaine Louardi, ministre de la Santé
     

    Pas de marche arrière pour la libéralisation du capital des cliniques! El Haussaine Louardi, ministre de la Santé, semble être passé outre les pressions des puissants lobbies des médecins du secteur libéral et des cliniques privées. Le projet de loi devrait être déposé au Secrétariat général du gouvernement (SGG) vendredi dernier après plus d’un an de gestation et surtout de contestations. Le chemin a été pour le moins laborieux pour le ministre progressiste (PPS). «Beaucoup de personnes qui s’opposaient au projet de loi l’avait mal compris», confie Louardi. Ce qui jouera en faveur du projet est l’absence de contre-propositions du côté de ses détracteurs.
    La réforme est d’autant plus urgente que les cliniques souffrent de nombreux problèmes. «Malheureusement, ce secteur échappait totalement au ministère de la Santé. Il y a un grand déficit en matière de gestion dans les cliniques», signale Louardi. Les révélations faites par le ministre sont pour le moins alarmantes: «Beaucoup de cliniques au Maroc ont un capital qui n’appartient pas aux médecins mais à des investisseurs qui ne sont pas de la profession», constate le ministre. Il n’existe pas de chiffres précis à ce sujet. Mais rien qu’à Casablanca, une dizaine de cliniques sont concernées. Une situation totalement illégale. En fait, la loi 10-94 relative à l’exercice de la médecine parle de fondateur de clinique et non de médecin fondateur. Par contre, en 1997, le gouvernement a introduit cette spécification dans le décret d’application. Mieux encore, selon le dahir des obligations et contrats (DOC), aucune clinique ne peut être une entreprise commerciale sous forme de SA ou de Sarl. Pourtant, «plus de 80% des cliniques sont des SA ou Sarl, donc hors la loi», révèle Louardi. Aujourd’hui, les opposants à la reforme réclament la non-commercialisation de l’acte médical et l’exclusion des non-médecins du capital des cliniques. Or, en réalité, ces deux situations existent largement sur le terrain. La nouvelle loi ne va que formaliser la pratique.
    Au-delà de l’assainissement du secteur, la reforme vise à améliorer l’offre de soins à l’échelle nationale. Aucun pays ne peut prétendre résoudre les problèmes de la santé uniquement grâce à l’offre publique. Près de 70% des pays dans le monde ont des systèmes qui permettent aux investisseurs non-médecins de détenir des cliniques à cause du coût très élevé de la santé. Un hôpital nécessite pas moins de 1,5 milliard de DH en dehors des salaires du personnel et des médicaments.  Au Maroc, durant les 10 dernières années, le privé et le public ont pu mettre à la disposition des citoyens un scanner tous les deux ans et pas plus de 100 lits par an. Des chiffres scandaleux vu l’énorme déficit. La libéralisation permettra d’attirer des investisseurs nationaux et étrangers pour renforcer cette offre. «Jusqu’à présent, nous avons l’équivalent de 12 milliards de DH d’investissements», assure Louardi.  Ce projet permettra également d’engendrer plus de postes d’emploi et de créer une concurrence entre les cliniques pour tirer la qualité vers le haut.
    Dans le même sillage, l’amélioration de l’offre de soins quantitativement et qualitativement pourra augmenter l’attractivité du Maroc. Cela concerne les Marocains qui se font soigner à l’étranger et également les patients d’autres pays africains. Le projet de loi ne porte pas uniquement sur l’ouverture du capital mais apporte beaucoup de nouveautés pour la profession. La tutelle compte ouvrir la porte à la création des cabinets de groupes, au médecin assistant et collaborateur tout en interdisant le salariat. 

    Des verrous!

    Les médecins ont peur de perdre leur indépendance professionnelle. Une question à laquelle Louardi a porté une importance particulière. Dans ce sens, le projet de loi prévoit que le directeur de la clinique soit un médecin. Un comité médical de la clinique, composé uniquement de médecins, jouera un rôle essentiel dans la vie de l’établissement. Il sera en charge du recrutement du personnel, du choix du matériel médico-technique et des décisions liées à l’activité de la clinique ainsi que la nature des opérations à réaliser. En parallèle, la clinique sera dotée d’un comité de gestion qui comprend les investisseurs. «Actuellement, nous sommes en train de valider les textes d’application avec les médecins et nous restons ouverts aux proposions pour verrouiller encore plus l’indépendance professionnelle».

    Ilham BOUMNADE

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