Analyse

Louardi au Club de L’Economiste
Médicaments, cliniques: Deux réformes chirurgicales

Par | Edition N°:4177 Le 23/12/2013 | Partager
Le texte sur l’ouverture du capital des cliniques déposé au SGG
Pas de marche arrière sur la baisse des prix des médicaments

El Haussaine Louardi s’étonne que l’on n’ait pas pensé à une entité pour gérer le Ramed. Sur le financement aussi, il y a beaucoup d’incertitudes

LE débat sur la politique de la santé a focalisé l’attention ces derniers jours sur deux projets d’envergure, à savoir l’ouverture du capital des cliniques privées aux investisseurs et la baisse des prix des médicaments. Le ministre de la Santé, El Haussaine Louardi, invité du Club de L’Economiste mercredi 18 décembre, s’est montré ferme. Il ira jusqu’au bout malgré la pression des lobbys. Et ils sont partout.
Sur le projet de la libéralisation du capital des cliniques privées, le temps de la discussion est passé, fait savoir le ministre. « Les discussions avec les différents syndicat professionnels sont aujourd’hui derrière nous», assure-t-il. La décision politique doit maintenant passer. Le texte devait être déposé au SGG vendredi dernier. Pour le ministre de la Santé, cette réforme ne fera qu’acter légalement une situation de fait sur le terrain. En principe, la loi (dahir sur les obligations et contrats) interdit la commercialisation de l’acte médical et la présence dans le tour de table d’une clinique privée d’investisseurs qui ne sont pas de la profession. Or, relève le ministre, plus de 80% des cliniques ne se conforment pas à cette restriction. Il faut donc en finir avec une certaine hypocrisie. «Le but est de traduire dans la loi la réalité du terrain pour plus de transparence», explique Louardi.
A ceux qui s’inquiètent que «la santé ne se transforme en une banale marchandise» (tout en se contredisant au quotidien), le ministre concède quelques garde-fous. Deux comités assureront la gestion des cliniques privées: un premier organe technique composé exclusivement de médecins pour tout ce qui relève de l’activité des soins. Un deuxième, le comité de gestion, pour permettre aux investisseurs de gérer et diriger l’établissement. Les 115 articles du projet de loi seront composés de plusieurs dispositions pour verrouiller le secteur. Deuxième projet-phare, le brûlant dossier de la baisse des prix des médicaments contre lequel les industriels ont engagé une bataille juridique. Là aussi, le ministre de la Santé prévient: il n’y aura pas de marche arrière possible quelle que soit la situation. Le schéma qui a été adopté en Conseil de gouvernement sera appliqué. Les premières baisses des prix interviendront dans deux mois.
Le Ramed donne en revanche des migraines au ministre de la Santé. Tout d’abord, l’inexistance d’un organisme gestionnaire. «On a créé un régime d’assurance maladie pour 28% de la population, mais personne pour le gérer», s’étonne le ministre. Deuxième problème, le Ramed n’a pas de budget spécifié. «Le budget du ministère de la Santé est bien là, mais il faut une part bien spécifiée pour chaque secteur». Dernier problème soulevé, «l’argent du Ramed doit suivre les Ramédistes». Le budget dédié doit subvenir aux besoins des 6 millions de bénéficiaires.


Mariem TABIH

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