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    Analyse

    Conseil de BAM: L’ordonnance du gouverneur

    Par L'Economiste | Edition N°:4175 Le 19/12/2013 | Partager

    Le déficit budgétaire sera ramené à 5,5% du PIB en 2013. Cette «performance» ne tient pas qu’à la «rationalisation des dépenses», mais aussi, à la détente des prix internationaux du pétrole et aux décaissements des dons émanant des pays du Conseil de la coopération du Golfe

    Abdellatif Jouahri reçoit actuellement la mission du FMI chargée d’évaluer les engagements pris dans le cadre de la ligne de précaution souscrite l’année dernière par le Maroc. A la sortie du conseil mardi 17 décembre, le gouverneur de Bank Al-Maghrib s’est voulu rassurant sur la situation économique malgré une prévision de croissance 2014 amputée du tiers (2,5 à 3,5%) du taux de cette année. Dans son style habituel, il insiste aussi sur ce qui doit guider toute politique économique: le maintien de grands équilibres.

    - Réforme des retraites: «On a perdu trop de temps»
    Pas la moindre trace ni de traduction budgétaire de la réforme du régime (civil) des retraites des fonctionnaires dans le projet de loi de Finances 2014. Pourtant, la situation est grave pour la Caisse marocaine des retraites (CMR) qui doit devoir manger sur une partie de ses réserves dès l’année prochaine.
    Le gouverneur de Bank Al-Maghrib dit ne pas comprendre «ces tergiversations alors que les solutions techniques sont connues depuis dix ans». Et de lancer une mise en garde: «Plus on attend, plus les choses deviendront difficiles à régler ; je déplore qu’on ait perdu trop de temps sur ce dossier et qu’on recule à chaque fois la mise en œuvre des solutions», affirme Abdellatif Jouahri. C’est un vrai coup de gueule poussé par le gouverneur de la banque centrale dans le style qu’on lui connaît «d’autant plus que Bank Al-Maghrib peut s’exprimer en toute neutralité».

    - LPL: Le Maroc tiendra ses promesses au FMI
    Les engagements auprès du FMI, qui ont été adossés à la LPL (ligne de précaution de liquidité de 6 milliards de dollars), devraient être tous tenus, pronostique le gouverneur de Bank Al-Maghrib. Le déficit budgétaire sera ramené à 5,5% du PIB en 2013, soit 1,5 point de moins que le niveau de 2012. Cette «performance» ne tient pas qu’à la «rationalisation des dépenses» sur laquelle insiste le wali de BAM, mais aussi, à la détente des prix internationaux du pétrole et aux décaissements des dons émanant des pays du Conseil de la coopération du Golfe (CCG). Avec ou sans dons, plus dur sera de tenir la promesse de baisser le déficit du budget à 3% à la fin de la législature, en 2016. Cela aussi fait partie du deal conclu avec le FMI pour être admis à la LPL. Le gouvernement s’était par ailleurs engagé à ramener le niveau de réserves de change à un peu plus de 4 mois d’importations. «Nous y serons», certifie le gouverneur de la banque centrale. Ce dernier assure que la mission du FMI, actuellement à Rabat pour la revue périodique de la situation économique du pays, devrait donc trouver un tableau pour l’essentiel, en phase avec ce qui avait été convenu lors de la souscription à la ligne de précaution de liquidité. Ses conclusions seront présentées au printemps prochain au Conseil d’administration du FMI. L’«autorisation de découvert», dont bénéficie Rabat auprès du Fonds, arrive à échéance en août 2014, soit cinq mois après. A ce moment-là, le gouvernement pourrait, s’il le souhaite, souscrire à une nouvelle ligne de précaution si le FMI estime que tous ses engagements ont été réalisés.

    - La discipline budgétaire doit rester un acquis
    Les grands équilibres macroéconomiques (budget, balance de paiement, inflation) doivent être préservés à tout prix car «nous avons mis 25 ans pour les remettre en place». On sait ce que peut coûter le moindre relâchement dans ce domaine. Au début des années 1980, le déficit budgétaire culminait à 13% du PIB, l’inflation était de 13% et le déficit des opérations courantes de la balance de paiement à 14% du PIB. Bref un tableau clinique très inquiétant pour lequel il a fallu procéder à la grande chirurgie nommée Plan d’ajustement structurel (PAS).
    Pour avoir vécu de l’intérieur le Programme d’assainissement, le gouverneur de Bank Al-Maghrib se permet quelques conseils à ceux qui ont la responsabilité de la politique budgétaire du pays: «lorsque vous avez un déficit, cela signifie que vous dépensez plus que vos recettes». Et il n’y a pas 36 solutions pour rétablir les comptes.
    «Soit vous augmentez vos impôts, soit vous réduisez les dépenses», fait-il remarquer. Le patron de la banque centrale convient que l’équation n’est pas facile, mais «il faut savoir assumer des décisions impopulaires». Mais dans tous les cas, il faut se garder de toucher aux dépenses qui soutiennent la croissance et l’emploi, conseille-t-il, dans une allusion peut-être aux coupes budgétaires intervenues dans l’investissement public. L’investissement, rappelle-t-il, n’est pas seulement un problème de budget, mais aussi de réserves de changes et de balance de paiement!

    - Un Fonds de soutien aux PME et ETI
    Bank Al-Maghrib (BAM) a annoncé la mise en place d’un fonds de soutien financier aux PME et aux entreprises de taille intermédiaire (ETI). Il sera doté de 3 à 4 milliards de dirhams et sera alimenté en partie par la contribution des banques au fonds de garantie bancaire (1 milliard de DH pour les 3 prochaines années). Les organismes internationaux et le gouvernement seront aussi sollicités. Des discussions sont en cours avec la BERD pour un apport financier et un appui technique. Destiné à soutenir les entreprises, ce fonds sera opérationnel en mars 2014 (voir aussi notre édition du mercredi 18 décembre). Le dispositif cible les entreprises «solvables» avec un chiffre d’affaires pouvant aller jusqu’à 500 millions de DH, mais qui connaissent un passage difficile au plan conjoncturel. «Le soutien ne veut pas dire rachat de mauvais crédit», prévient Jouahri. Le fonds interviendra selon trois modalités: apport des garanties supplémentaires, restructuration et dettes subordonnées.

    - Amnistie sur les fuites des capitaux: Un dispositif intelligent
    Annoncée en exclusivité dans L’Economiste du lundi 16 décembre, le mode opératoire du projet d’amnistier les détenteurs d’avoirs à l’étranger qui acceptent de les rapatrier, est salué par le wali de Bank Al-Maghrib (voir aussi page 13). L’anonymat garanti à ceux qui voudront souscrire à cette amnistie lui semble «un dispositif équilibré et intelligent». Il qualifie l’approche de «civilisé». Il n’est pas attendu que BAM joue un quelconque rôle dans la mise en œuvre de cette amnistie, mais la banque centrale ne verrait pas d’un mauvais œil la rentrée de devises résultant de cette opération et le renflouement du budget de l’Etat en recettes exceptionnelles. Jouahri s’est bien gardé de se prononcer sur l’opportunité de cette mesure ni sur les chances de sa réussite.

    Abashi SHAMAMBA & Aida Lo

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