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    Economie

    La Fondation CDG se greffe sur l’employabilité

    Par L'Economiste | Edition N°:4173 Le 17/12/2013 | Partager
    Un colloque pour identifier les idées innovantes
    Une convention signée avec le Centre Mohammed VI et le Fonds Jaida
    Objectif: promouvoir les activités génératrices de revenus via la microfinance

    Les efforts publics en matière de création d’emplois n’ont pas permis de résorber les déficits qui persistent sur le #img0##marché du travail, notamment pour les jeunes. C’est l’un des principaux constats qui se dégagent de la table ronde organisée, vendredi dernier, à Rabat, par la Fondation CDG, autour de la question de l’employabilité des jeunes. Une question d’autant plus importante si l’on sait que «l’emploi des jeunes au Maroc se distingue par un chômage de longue durée. En 2011, plus de 68% des chômeurs l’étaient depuis plus d’une année», est-il indiqué. Une situation compliquée par le fait que «70% de la population a moins de 30 ans», comme l’a précisé Abdesslam Seddiki, ministre de l’Emploi et des Affaires sociales. Celui-ci a mis en avant les efforts entrepris en matière de résorption du chômage des diplômés, qui est passé de 25% à 18% durant les 5 dernières années. Il a également souligné que «les chantiers structurants lancés par le Maroc auront un impact considérable en termes de résorption du chômage, mais les résultats ne seront visibles que sur le moyen terme». Surtout que «nous ne pouvons pas aborder la question d’emploi sans évoquer la capacité du système productif à en créer», a estimé Mohamed Chafiki, directeur des Etudes et de la prévision financière au ministère des Finances. Si les différents intervenants ont été unanimes à pointer trois types d’inégalités d’accès à l’emploi, notamment les discriminations générationnelles, territoriales et celles liées au genre, Chafiki a relevé d’autres facteurs de ségrégation.
    Il s’agit d’abord d’une inadéquation quantitative, dans la mesure où le contenu en emploi de la croissance a connu un affaiblissement depuis 2005. Les données présentées par le patron de la Direction des études et de la prévision financière reflètent «une évolution du secteur secondaire et tertiaire en matière de contenu en emploi, contrairement au secteur agricole qui a connu une évolution négative durant les 10 dernières années». Globalement, Chafiki a pointé «la baisse du contenu en emploi, malgré la hausse de la productivité». L’impact des stratégies sectorielles, évoqué par le ministre de l’Emploi, permettra également d’assurer une diversification spatiale en termes de création d’emplois. «Aujourd’hui, le bassin de l’emploi s’est déplacé vers le nord, depuis la construction de la zone TangerMed», a noté Chafiki. Néanmoins, «il est nécessaire d’assurer une coordination entre les différents secteurs, afin de mettre en place une politique globale de l’emploi», a-t-il ajouté. Par ailleurs, l’insertion effective et durable des jeunes au Maroc «appelle à des actions innovantes, susceptibles d’apporter des solutions d’emploi aux catégories les plus affectées, notamment les déscolarisés, les non-qualifiés, les diplômés chômeurs, les handicapés…», a noté Dina Naciri, directrice générale de la Fondation CDG. D’où la nécessité de s’inspirer des expériences internationales, «même si elles ne sont pas toujours transposables dans d’autres pays», comme l’a précisé Bart Cockx, professeur d’économie et chercheur au centre Sherppa, en Belgique.
    Ces bonnes pratiques internationales sont notamment liées au programme lancé par la Fondation belge P&V, dont les objectifs ont été présentés par son président Mark Elchardus. Il porte sur «l’intégration des jeunes exclus par le décrochage scolaire et le chômage», comme l’a indiqué Naciri. Il se décline en deux phases: d’abord à travers des

    Source: HCP
    Les statistiques montrent que le taux de chômage est plus élevé chez les jeunes de 15 à 34 ans, et a tendance à baisser à partir de cette tranche d’âge. Il s’agit aussi d’un phénomène urbain, dans la mesure où le monde rural affiche des taux peu élevés

    travaux de recherche, avant de passer à l’action qui permettra le déploiement opérationnel des idées innovantes identifiées. Ainsi, «ce programme a inspiré la Fondation CDG, qui va développer avec le Centre Mohammed VI de soutien à la microfinance solidaire et le Fonds Jaida, un modèle similaire, favorisant la promotion des activités génératrices de revenus via le micro-crédit», a fait savoir Dina Naciri. D’ailleurs, la convention de partenariat entre les trois organismes a été signée en marge de cette table ronde. L’expérience menée par la Fondation belge a permis de dégager trois niveaux d’action pour assurer l’insertion des jeunes exclus du système scolaire.
    Il s’agit d’abord «des mesures préventives, permettant d’éviter les facteurs de risque d’abandon scolaire», a noté Mark Elchardus. Le 2e niveau est lié à l’intervention permettant de déterminer le moment du décrochage scolaire afin d’y remédier. Le dernier niveau, lié aux mesures de compensation, intervient après l’abandon scolaire, et vise notamment de réinsérer ces jeunes à travers la formation.

    Attractivité

    Le benchmark international a permis de déterminer les spécificités de la situation du chômage au Maroc. Car, «si ce phénomène est universel, ses causes ne le sont pas», a tenu à préciser Bart Cocks. En effet, les recherches menées par la Fondation P&V ont permis de montrer que «les élèves qui ont quitté l’école prématurément ont plus de chance de se retrouver au chômage», a souligné Mark Elchardus. Cela à cause du «manque de compétences de base», a-t-il expliqué. Au Maroc, la situation semble différente. C’est ce qui ressort des affirmations de Mohamed Chafiki.
    Pour lui, «la demande des compétences offre plus d’opportunités à une population active moins diplômée». En effet, «plus on a de diplômes, moins on a de chances à intégrer facilement le marché du travail», a-t-il ajouté. Il a également noté que le benchmark international a permis de mettre en avant le problème de la qualification de la main-d’œuvre. La durée moyenne de scolarisation au Maroc est de 4,4 années, au moment où l’objectif fixé est de 10,5. C’est pour cela qu’il est important de «renforcer l’attractivité de l’école, pour qu’elle puisse capter les élèves et répondre aux besoins diversifiés de la population en termes de qualité d’enseignement», a-t-il noté.

    Mohamed Ali MRABI

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