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    Evénement

    Casablanca: Inestimable patrimoine industriel

    Par L'Economiste | Edition N°:4173 Le 17/12/2013 | Partager
    Une importante assiette foncière en friche
    Il s’agit aussi d’un pan de l’histoire de la ville à préserver
    Appel à la création du «Musée de l’industrie moderne»

    QUE faire des vestiges industriels de Casablanca? Une question pressante notamment avec la rareté du foncier dont

    L’ancienne cimenterie Lafarge, un symbole de l’industrialisation de Casablanca, a été démolie en 1981. Sise au quartier Roches Noires, la fabrique à ciment était célèbre auprès des populations locales pour son pont surnommé «Chapeau»

    pâtit la métropole. C’est aussi une question d’actualité puisque Casablanca fête cette année le 100e anniversaire de la création de ses premières unités industrielles (matériaux de construction et agroalimentaire). De même, l’année prochaine marquera le centenaire de la création du 1er quartier industriel au niveau du quartier Roches Noires par Eugène Lendrat.
    Ces dates-clés dans l’histoire industrielle de la ville soulèvent aussi la question de la destinée des bâtisses et des terrains industriels laissés à l’abandon: de Aïn Sbaâ à Aïn Chock en passant par des quartiers comme Roches Noires, Derb Omar, Beauséjour , Maârif, La Gironde… Certaines sont devenues même des sources de nuisances pour le voisinage (dépotoirs, espaces squattés par les SDF…). Ces friches importantes gagneraient à être classées et inventoriées avant de les reconvertir.
    «A l’indépendance, nous avons hérité d’un certain nombre d’entreprises qui fonctionnaient encore avec à peu près 60.000 ouvriers à l’époque», affirme Abdelkader Kaioua, inspecteur régional de l’Habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville du Grand Casablanca, lors d’une conférence organisée mardi 10 décembre par l’association Casamémoire sur le thème: «Patrimoine industriel de Casablanca». Mais dans les années 80, beaucoup d’entre elles ont migré vers la périphérie laissant sur place des terrains ou des bâtiments abandonnés. Certaines voulaient réaliser des extensions, d’autres étaient attitrées par l’appât de la spéculation.
    Parmi les exemples parlants cités par l’inspecteur régional de l’habitat figurent des symboles de l’industrialisation de Casablanca : la cimenterie Lafarge, l’entrepôt Beni Amar (Bd My Ismaïl) , le marché de volaille (Bd My Smaïl), Bata (bd Ibn Tachefine), Imprimeries réunies (rue Mohammed Smiha)… autant de friches qui «constituent aujourd’hui une assise foncière pour un urbanisme bien réfléchi en matière de rénovation et de requalification du territoire», précise Kaioua.
    Mais avant de penser à requalifier ces friches, il faudra d’abord créer «une structure d’experts chargée de faire

    Des ouvriers sirotant leur thé sur la terrasse de l’une des cités ouvrières au 1er quartier industriel de Casablanca : Roches Noires

    l’inventaire de ce patrimoine», explique-t-il. L’étape suivante consistera à établir une stratégie claire de requalification et de rénovation dans le cadre de l’aménagement du territoire. «On peut élaborer des projets de territoire très importants au niveau de ces friches dans les domaines de la culture (exemple la fabrique culturelle dans les abattoirs), équipements, logement, nouvelle industrialisation…», poursuit l’inspecteur régional de l’Habitat. Une idée de reconversion qui lui tient à cœur serait de transformer l’une de ces friches en «Musée de l’Industrie moderne».  Une manière de sauvegarder un patrimoine qui risque de disparaître à jamais si rien n’est fait entre-temps.

    Aziza EL AFFAS

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