×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Régions

    Une première, des Casablancais brandissent la Constitution

    Par L'Economiste | Edition N°:4172 Le 16/12/2013 | Partager
    Pétition pour réclamer des comptes aux élus
    Un collectif dénonce la pagaille organisée!
    Un mini-Kaboul à l’avenue Sijelmassi

    Anarchie urbaine: plus de 6 panneaux publicitaires sur un périmètre de moins de 50 mètres

    DES arbres centenaires rasés pour céder la place aux panneaux publicitaires qui champignonnent. Des places de stationnement réduites de moitié presque. Une route qui rappelle Kaboul la défigurée… Voilà grosso-modo de quoi se plaignent les résidents de l’avenue Sijelmassi à Casablanca. «Cela fait 18 mois que les riverains du quartier Triangle d’or souffrent de la dégradation inquiétante de leur cadre de vie», dénoncent-ils. Au lieu de se morfondre, habitants et commerçants ont lancé une pétition. Qu’est-ce qui justifie cette initiative?
    Face à une commune urbaine «absente n’ayant pas donné suite aux multiples courriers envoyés» et «à l’arrêt inexpliqué des travaux de rénovation», le Collectif Sijelmassi a eu recours au droit de  pétition. Une première depuis l’entrée en vigueur  de la Constitution en juillet 2011. Ce mouvement citoyen a donc activé son article 139: «Les citoyens et les citoyennes et les associations peuvent exercer le droit de pétition en vue de demander l’inscription à l’ordre du jour au Conseil d’une question relevant de sa compétence».
    Pour sensibiliser les personnes à leur noble cause, le registre regroupant les noms et signatures des pétitionnaires est déposé à la boutique «Aux enfants d’abord» située au 12 avenue Sijelmassi. Le 11 décembre, la liste comptait «160 signatures et on espère atteindre les 200», nous affirme sur place une source en se plaignant de «ces panneaux publicitaires qui font mal aux yeux». Même les clients, qui suent pour stationner, «signent la pétition». D’autres ont été déposées chez les syndics d’immeubles. Prochaine étape, «le décompte définitif des signatures et qui est prévu durant cette semaine. Ensuite, se fera le dépôt auprès du maire de la ville, Mohamed Sajid», nous déclare le porte-parole du Collectif Sijelmassi, Fahd Mekouar.
    Leur requête se résume en trois points. D’abord l’achèvement des travaux de rénovation de l’avenue conformément à l’état de l’art. Ensuite, le retrait de toutes les autorisations accordées à l’installation de panneaux publicitaires sur le rond-point Des Sports et l’avenue Sijelmassi. Finalement, l’augmentation du nombre de places de parking en associant les riverains aux décisions. En plus de ses revendications, ces résidents casablancais interpellent les autorités, visiblement amnésiques, au nom du droit de savoir. 
    «Que se passe-t-il? Pourquoi avoir débuté un chantier et ne l’avoir pas terminé? Il y a eu pourtant un marché public, des délais, un cahier des charges…», explique avec indignation le représentant du Collectif Sijelmassi. Questions qui sont restées sans réponse. La démocratie participative a du mal à se frayer un chemin chez des politiques hors du temps constitutionnel. Si la situation s’enlise encore plus, les résidents se disent prêts à en découdre avec le Conseil de la ville de Casablanca «en portant plainte devant le tribunal administratif».


    S. B. avec F. F.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc