×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

    Régions

    Fès/Réhabilitation
    La médina colmate ses brèches

    Par L'Economiste | Edition N°:4172 Le 16/12/2013 | Partager
    Plus de 3.660 maisons menacent ruine
    Précarité, densité… les habitants tirent la sonnette d’alarme

    La saison pluviale a été toujours synonyme d’effondrements à Fès. Cette année, les autorités se mobilisent pour sensibiliser les habitants à la restauration de leurs maisons moyennant un appui financier de 50% du budget, mais aussi à condition que celui-ci ne dépasse pas 80.000 DH

    A Fès, ce n’est pas seulement les agriculteurs qui scrutent le ciel, mais également les autorités et les habitants de l’ancienne médina. On le sait, la saison pluviale est synonyme d’effondrement des structures anciennes. «La médina est victime de son vieillissement, l’usure du temps et la densité de ses constructions», disait tout récemment un architecte français. Cet expert avait proposé de dédensifier les bâtiments, reloger les ménages ailleurs et entretenir les maisons récupérables. Et c’est ce que fait actuellement l’Agence de dédensification et de réhabilitation de la médina (Ader-Fès). «Mais pas sans l’implication des populations bénéficiaires», insiste son directeur Fouad Serrhini. Ce dernier a organisé, vendredi dernier, une journée d’information sur l’état d’avancement du chantier de la resturation en partenariat avec les amicales et les habitants, et en présence de la presse. Le but est de prendre en compte les nouvelles données tout en maintenant les objectifs majeurs.
    Cette réunion intervient suite à la signature des conventions en mars et auxquelles le gouvernement devait allouer un budget de 615,5 millions de DH. Rappelons que cette rencontre devait faire connaître les réalisations pour la réhabilitation de la cité millénaire et surtout mobiliser des fonds supplémentaires pour la sauvegarde du site. Or le responsable de l’Ader a réaffirmé que seuls 17 millions de DH, dont 10 millions réservés pour les maisons menaçant ruine et 7 millions pour la restauration des monuments, ont été débloqués à ce jour. Cette enveloppe a servi néanmoins au lancement de 5 premiers appels d’offres, dont la réhabilitation des murailles de Bab El Makina. Et dès janvier prochain, l’Ader devra lancer 17 chantiers. Aucune précision n’est donnée par rapport à ces projets. L’on sait par ailleurs que la médina compte plus de 3.666 logements menaçant ruine, dont 1.720 dans un état de dégradation avancée. D’où la nécessité d’une intervention d’urgence surmontant toutes les contraintes d’ordre juridique, urbanistique, social et financier. «La problématique est de taille», scandent les associatifs. Pour eux, «la proposition de supporter 50% des charges de la réhabilitation ne peut être généralisée». Les habitants déplorent «l’étaiement des constructions par le bois, une solution supposée être provisoire, adoptée en 2004 pour éviter les effondrements et les pertes de vies humaines, et maintenue jusqu’à aujourd’hui». En effet, les bâtiments qui sont dans un état de délabrement continu souffrent de la surdensité, de l’obsolescence, des rajouts inadéquats et du démembrement de la propriété (plusieurs locataires dans une seule maison). Ce qui accentue la dégradation des structures, des fondations et des canalisations d’eau. Autre particularité: la précarité des ménages qui habitent les maisons menaçant ruine. A signaler que locataires constituent plus de 70% de la population touchée par ce phénomène. Ainsi, ces gens sont parfois confrontés au refus des propriétaires d’intervenir sur leur bien. En somme, la situation foncière des maisons délabrées, l’absence du vrai propriétaire et le «mutisme» de l’administration des Habous s’ajoutent à la complexité de la problématique. Il s’agit pourtant d’un patrimoine qui risque de devenir irrécupérable. En attendant, des comités de vigilance procèdent à un contrôle quotidien de toutes ces constructions à risque. En tout cas, la wilaya, l’Ader et ses partenaires sont déterminés à poursuivre, coûte que coûte, l’opération de restauration. Ils associent à leur chantier «une armée» d’architectes. S’agissant du soutien financier des pouvoirs publics aux citoyens désireux de mener des opérations de consolidation de leurs logements, il est fixé à 50% du coût de la restauration, mais plafonné à 80.000 DH pour chaque intervention. Au cas où des habitants refuseraient que leurs maisons soient consolidées pour une raison ou une autre, la commune les avisera et effectuera les travaux de consolidation à 100%. «Sauf que dans ce cas, le propriétaire devra couvrir toutes les charges en plus de 10% de pénalité», conclut Serrhini.

    Accompagnement social

    SELON Abderrahim Najim, pacha chef de district à l’arrondissement de Fès-médina, des actions d’urgence concernant les maisons menaçant ruine, l’aide à la réhabilitation du bâti et l’animation sociale sont à l’étude et font l’objet de réunions hebdomadaires. Afin de tenir compte de ces étapes du projet, une cellule sociale a été mise en place. Elle constitue le point de convergence des amicales, des élus, des ONG, de l’Ader Fès et de l’administration. Sa mission principale est d’accompagner les actions menées par la société civile en matière de développement social, mais aussi d’aider la population à l’identification et au montage des projets. Une population dont une majorité est dans une situation précaire.

    De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc