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    Economie

    World Policy Forum
    Le monde qui change
    DNES à Monaco, Nadia Salah

    Par L'Economiste | Edition N°:4172 Le 16/12/2013 | Partager
    Le Maroc n’est plus sur la carte 
    Exploration des risques et des acquis
    L’Europe glisse vers une position nouvelle

    Les rencontres comme le World Policy Forum, fortement soutenu par l’OCP (comme le Forum de Paris-Casablanca Round qui se tiendra le 5 février 2014) donnent en quelques heures un tour d’horizon des changements.  Vite fait, bien fait. Faciles et généralement complets. Pourquoi bouder son plaisir?!
    Qu’y avait-il d’important à retenir de la session ayant fermé ses portes hier après-midi à Monaco, deux ans après la session de Marrakech.
    Que le monde va encore progresser sur le chemin du désordre et du chaos, mais que des valeurs apparaissent. Vont-elles s’imposer? Vont-elles disparaître comme si elles n’avaient jamais existé? Ce sont les deux questions majeures de notre temps (ce seront aussi, soit dit en passant, les thèmes majeurs du Forum de Paris-Casablanca Round). D’abord voyons ce que pèse le Maroc. Il avait commencé à exister sur les cartes mondiales, pas par son poids économique ou démographique, mais par son modèle politique, par sa manière de résoudre les conflits, par son dynamisme, son énergie au travail et un peu aussi par sa culture qui commençait à être connue grâce à ses artistes contemporains.
    Plus rien de cela. Le nom a disparu. C’est heureux que l’OCP soutienne des manifestations de ce genre, sinon personne n’aurait entendu le Maroc.
    Même le monde arabe dans son entier ne vaut pas plus d’une phrase dans la présentation de 25 mn du président de la Commission européenne, Herman Van Rompuy. Il a très exactement dit, en parlant de l’environnement de UE: «printemps arabes, soif de démocratie qui ne s’éteindra plus». Et c’est tout. Rompuy évoquera bien les migrants illégaux, mais il se garde d’employer le terme: il n’en a pas le pouvoir.
    La désarticulation des pouvoirs de l’Europe est le phénomène le plus surprenant.  Les responsables parlent beaucoup, en donnant le moins possible d’informations. Ils tournent autour des problèmes... Une impression étrange, quand on sait et qu’on a vu que l’Europe  est encore celle qui s’occupe le plus de promouvoir la démocratie, les droits de l’homme et donc du devoir de traiter les citoyens comme des adultes responsables, devant avant tout être informés pour bien décider. 

    Un gag instructif

    Personne ne parle ainsi de cette désarticulation, surtout pas les Européens, évidemment. Mais le problème est déjà là, multiforme, dangereux sans doute. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les voisins que nous sommes. Un gag ne trompe pas, or il s’est produit plusieurs fois en trois jours: des Indiens, Américains  et surtout des Chinois exposent leur vision du monde, ce qui provoque des protestations européennes dans la salle genre «et nous alors!». Bienvenus au club, chers voisins du Nord. Il faudra vous habituer à entendre parler de vous, en votre présence, sans que personne ne vous demande votre avis.
    Cette configuration qui naît montre qu’il faut reprendre en les accentuant très fortement les actions destinées à faire exister le Maroc. Sans rêver à l’impossible comme devenir le partenaire régional, par exemple, de la Chine (contrairement à ce qu’il affirme, Pékin travaille seul, il n’a besoin de personne et on n’a encore qu’une toute petite idée de sa puissance: le Lapin de Jade se promène depuis hier sur la lune). Il faudra donc se contenter de l’environnement proche, tel qu’il est, tel qu’il devient: il peut encore largement soutenir les ambitions du Royaume... A condition que l’on se remette au travail.
    Au menu aussi de la conférence, un morceau un peu bizarre, qui a l’air d’être là par hasard. «Destruction ou métamorphose de l’ordre juridique?». Il est vrai que l’on voit des choses un peu étranges ces temps-ci. On dirait que le droit international s’amuse à produire des normes contradictoires, qu’on ne sait plus exactement où s’arrête le droit financier américain, que des normes professionnelles glissent vers des négligences difficilement admissibles... Le droit du plus fort est-il en train de revenir, comme du temps de la colonisation? Est-ce autre chose d’inédit? L’Ifri a fait intervenir des juristes de très haut niveau. 
    Les écouter est un plaisir, une stimulation de l’âme. Mais étaient-ils bien dans le sujet?
     En tout cas, même s’ il n’est plus du tout sûr que c’est le chemin pris par l’Humanité, c’est un baume apparaissant de les entendre expliquer pourquoi il n’y a rien de mieux  pour les hommes, surtout les plus faibles d’entre eux, rien de meilleur que l’état de droit.

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