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    Politique Internationale

    La parenthèse maghrébine de Mandela

    Par L'Economiste | Edition N°:4167 Le 09/12/2013 | Partager
    • L’icône de la lutte anti-apartheid a résidé à Oujda
    «Le Maroc, 1er pays à soutenir l’ANC»
    Une querelle diplomatique avec le Maroc, sur fond de concurrence économique

    A peine reconnaissable avec sa barbe et derrière les réfugiés algériens (Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene), Nelson Mandela. La photo a été prise dans la célèbre ferme «Ouled Allout» à Berkane en 1962

    Il y a des icônes historiques qui, face à la violence de l’injustice, se battaient avec tout en autant de violence. Malcolm X ou Ernesto Guevara et Abdelkrim El Khattabi nous viennent à l’esprit. D’autres avaient fait le choix christique de «tendre l’autre joue», de négocier face aux bourreaux, ou encore d’empêcher les représailles contre un système raciste. Gandhi et Martin Luther King étaient de ceux-là. Mais bien plus encore, celui qui a fait face à l’un des régimes officiels les plus ségrégationnistes de l’histoire de l’humanité : Nelson Mandela. Décédé jeudi 5 décembre 2013 à Johannesburg, il a été, au-delà de la lutte nationale qu’il a menée contre l’apartheid, une figure pour les mouvements nationalistes en Afrique du Nord et dans le monde arabe.
    Indépendant en 1956, le Maroc de Mohammed V était un lieu de rencontre pour beaucoup de mouvements indépendantistes. Du Front de libération national algérien au Mouvement populaire de libération de l’Angola… Il fut un temps où Rabat était une terre progressiste. De 1960 à 1962 Nelson Mandela, alors jeune militant de la très radicale ligue de jeunesse de l’ANC (African national congress) a résidé à Oudja, où il rencontrait les futurs présidents de l’Algérie indépendante: Ben Bella, Boumediene et Boudiaf. Une communion rare dans l’histoire contemporaine de l’Afrique, où conflits territoriaux ont vite pris la place d’une lutte empiriste contre la colonisation. Une autre rencontre symbolique de cette époque: sa rencontre avec Jacques Vergès, grand témoin de la parenthèse maghrébine de Madiba,  en 1961 à Rabat. L’ANC avait décidé de passer à la lutte armée contre le régime de l’apartheid. Le dirigeant sud-africain faisait la tournée des capitales du continent. L’avocat réunionnais, qui défend les activistes du FLN devant la Justice française, se chargea des premiers convois d’armes et de munitions pour l’ANC.  En 1963, Abdelkrim El Khatib, militant panarabe et panafricain (parrain de la normalisation entre la mouvance islamiste et le pouvoir) arrive à convaincre le Roi Hassan II, alors plus préoccupé par la crise politique interne, de soutenir la rébellion armée. Ce qui a valu à El Khatib un hommage marquant de la part de Mandela président en 1996. Il déclare ainsi que «le Maroc a ainsi été le premier pays à soutenir logistiquement l’ANC». En plus des liens qu’il nourrissait avec les nationalistes nord-africains, Nelson Mandela a pris fait et cause pour l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). A la fin des années 1990, il établit le contact avec Yasser Arafat et l’invite à Johannesburg pour son investiture. En 2001, il envoie une lettre à l’éditorialiste du New York Times, Thomas Friedman : «Israël a privé des millions de Palestiniens de leur liberté et de leur propriété. Cet Etat a systématiquement incarcéré et torturé des milliers de Palestiniens, en violation du droit international». L’ancien président sud-africain avait également accordé sa première visite à l’étranger d’homme libre en 1990 au président libyen Mouammar Kadhafi.

    Rupture

    L’arrivée au pouvoir de Thabo Mbeki en 2004 a acté le désamour entre le Maroc et la nation arc-en-ciel. Nkosazana Dlamini-Zuma, la ministre sud-africaine des Affaires étrangères fait alors elle-même l’annonce de la reconnaissance par son pays de la «RASD», en invoquant les principes de l’Union africaine et de l’ONU. Rupture des relations diplomatiques. Fait curieux : les observateurs notent que les deux pays ont vu leurs liens se détériorer depuis le début des années 2000,  parallèlement avec l’affirmation géopolitique du Maroc sur le continent. À cela, il faut ajouter un autre facteur qui a cristallisé les tensions: les deux nations ont soumissionné pour abriter la Coupe du monde de football de 2010. Tous deux situés aux extrêmes stratégiques du continent. Rabat et Pretoria sont distants de 8.000 km, le Maroc francophone et l’Afrique du Sud anglo-saxonne affichent un positionnement similaire en matière d’IDE : celui d’être un «hub», une porte d’entrée pour les investissements étrangers sur le continent noir.

    Une autre rencontre symbolique de cette époque: sa rencontre
    avec Jacques Vergès, grand témoin de la parenthèse maghrébine
    de Madiba,  en 1961 à Rabat

    Abdessamad NAIMI

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