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    Tribune

    La co-production: Un modèle efficace et vertueux
    Par Jean-Louis Guigou et Maxime Weigert(1)

    Par L'Economiste | Edition N°:4167 Le 09/12/2013 | Partager

    Professeur des universités, haut fonctionnaire, Jean-Louis Guigou est depuis 2006 délégué général de l’Institut de prospective économique du monde méditerranéen (IPEMED). Auparavant, de 2002 à 2004, il a présidé l’Institut des hautes études de développement et d’aménagement du territoire (Ihedat). Jean-Louis Guigou est l’auteur de plusieurs ouvrages dont notamment: «Une ambition pour le territoire», Editions de l’Aube (1995), «France 2020, mettre les territoires en mouvement», La Documentation française (2000)

    L’industrialisation du Mexique a franchi une nouvelle étape. Depuis que l’Alena est entré en vigueur en 1994, les maquiladoras qui parsèment le sud de la frontière avec les Etats-Unis sont montées en gamme. Les industriels nord-américains ne se contentent plus d’y délocaliser des activités à faible valeur ajoutée. Ils y opèrent des transferts d’activités plus complexes, consacrées à la fabrication, à la conception et la distribution de produits de qualité, qui sont commercialisés dans l’ensemble des marchés américains. Ipemed défend l’idée que l’ensemble de l’Afrique du Nord, Maghreb en tête, doit suivre une évolution similaire à celle du Mexique, à travers le renforcement de l’intégration industrielle avec l’Europe. La période est propice : avec la crise économique de 2008, l’éclatement mondial des systèmes productifs, qui consistait à aller n’importe où, pour acheter n’importe quoi, à la seule condition de réduire les coûts, est un modèle qui tire à sa fin. On assiste à l’émergence d’un nouveau modèle d’internationalisation des économies, où la priorité est donnée à la qualité de la production. C’est le modèle de la régionalisation de l’économie, qui valorise la proximité et la complémentarité des pays voisins. Ce modèle a été profitable aux pays de l’Union européenne, profitable au Japon, aux Dragons et aux Tigres, et enfin à l’Allemagne, qui a su accompagner les pays de l’Est vers un stade avancé de développement.
    Les nouvelles relations qui se nouent entre le Nord et le Sud ne sont plus exclusivement commerciales, court-termistes et asymétriques. L’intégration se fait par la redistribution spatiale de l’appareil de production. Les chaînes de valeur des entreprises se dilatent dans l’espace. Elles intègrent des territoires différenciés les uns des autres et en agrègent les compétences. La proximité devient facteur de compétitivité, car les circuits courts de production facilitent le contrôle de la qualité et favorisent la constitution de filières intégrées, sources d’innovation permanente. Ces évolutions entraînent un resserrement régional de la production, pour donner naissance à des coopérations industrielles qu’Ipemed nomme «co-production». Sur le plan théorique, la co-production correspond à une nouvelle génération d’investissements internationaux, qui présentent plusieurs caractéristiques: partage des tâches plutôt qu’échange des biens; partenariat plutôt que sous-traitance; transfert de technologie plutôt que rétention des savoirs ; partage de valeur ajoutée plutôt qu’exploitation ; recherche de la qualité plutôt que recherche des bas coûts. Nous avons bien conscience que ce modèle de co-production est théorique, et qu’au même titre que les gaz parfaits n’existent pas, il est difficile de trouver des expériences industrielles qui en illustrent parfaitement la mise en œuvre. Mais les analyses poussées que nous avons menées sur l’Asie orientale, sur l’Europe centrale et orientale et sur l’Amérique du Nord montrent que les pays industrialisés et vieillissants du Nord engendrent dorénavant, avec l’appui de leurs voisins du Sud, des espaces de co-développement. Voilà pourquoi le mot d’ordre des chefs d’entreprise européens doit être: «cap au Sud!», celui des chefs d’entreprise sud-méditerranéens: «cap au Nord!».

     

    (1) Maxime Weigert, chef de projet «Régions, territoires, co-production».

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