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    Culture

    Festival international du film de Marrakech
    Juliette Binoche livre tout

    Par L'Economiste | Edition N°:4167 Le 09/12/2013 | Partager

    Juliette Binoche, radieuse lors de son hommage rendu par Bruno Dumont, avec qui l’actrice a tourné Camille Claudel 1915

    C’est l’une des stars françaises les plus américaines. Juliette Binoche a su donner une dynamique internationale à sa carrière, et se construire un parcours sans fausse note. Elle est appréciée en Asie et Hollywood lui propose régulièrement des projets de grande envergure. Désormais, c’est sous la direction de Gareth Edwards qu’elle est attendue. Avec son remake de Godzilla, emblème du Kaijū eiga, elle s’apprête à relever un nouveau défi : celui d’un spectaculaire film catastrophe en 3D. Retour sur les moments-clés qui ont conduit à sa fulgurante ascension. Juliette Binoche, belle et naturelle, comme l’a décrite Bruno Dumont, qui vient de la diriger dans son dernier film, Camille Claudel 1915.
    Que ce soit sur scène, à l’hommage ou en entretien, l’actrice dégage ce sentiment très recherché: l’émotion. Et elle en a à revendre, surtout lorsqu’elle évoque le Maroc, terre de naissance de son père. Au festival, et malgré son planning très chargé, Binoche joue le jeu des journalistes et livre ses impressions autour d’une table ronde réservée à des médias triés. 

    - L’Economiste: Après votre hommage, rendu par Bruno Dumont, le film «A Thousand Times Good Night» a été projeté à l’assemblée. Pouvez-vous nous parler de ce tournage, dont certaines scènes ont été filmées à Kaboul. Et comment avez-vous vécu ce film poignant en tant que femme?
    - Juliette Binoche: Partir en Afghanistan était déjà une gageure et un moment très particulier, spécialement pour une femme. Pour ce rôle, je suis rentrée dans la peau de Rebecca, photographe en zones de conflit, qui petit à petit n’arrive plus à faire son travail, parce que c’est simplement trop dur à supporter. Quand votre objectif fait face à ces visages, synonymes de mort, à ces kamikazes qui se font sauter, votre esprit réagit, et on peut se demander ce qu’on fait là. De l’autre côté, la famille ne comprend plus ce besoin de prendre de tels risques. C’est un film, qui ne donne pas de réponse mais pose des questions sur le travail d’un reporter, et spécialement quand celui-ci est une femme. Il montre aussi que l’attrait de ce métier n’est pas réservé qu’aux hommes, et qu’une femme, même mère de famille, peut elle aussi vouloir parcourir  le monde à la recherche du meilleur shoot. Bref, le rôle est celui d’une femme, qui suit ses passions, même si elles sont dangereuses, alors que dans l’inconscient collectif, on a du mal à l’accepter.
    - Est-ce un rôle que vous avez joué pour justement défendre ce droit de la femme à choisir sa vie?
    - Même en tant que mère, je suis une combattante. Je ne peux rien sacrifier, ni ma vie, ni ma carrière, car tout fait partie de moi. Mes enfants ont compris qu’ils n’avaient pas une mère ordinaire, mais ils ne sont pas ordinaires eux non plus. Nous parlons ensemble de leurs besoins, ils m’ont toujours accompagnée et ont voyagé avec moi. En tout cas, je n’impose rien sous couvert de mon statut de mère. Je m’adapte aux situations qui arrivent, la vie est pleine de surprises et si changeante. Probablement parce que je ressens une certaine stabilité intérieure.
    - Pensez-vous qu’un film, des images, peuvent faire changer les mentalités dans le monde?
    - Je pense que plus on parle d’un phénomène, plus les gens finissent par le comprendre, l’écouter et pourquoi pas y être sensibilisés. A mes yeux et aussi selon les instigateurs de ce film, l’œuvre est une sorte de démarche politique. A-t-on réussi à ce niveau ? C’est là la question.
    - Vous avez reçu les honneurs de cette 13e édition du festival, êtes-vous à l’aise avec les hommages? Quels sentiments cela fait naître chez vous?
    - Hommage, quel drôle de mot, d’un autre temps… Cela semble étrange, je voudrais leur dire que je ne suis pas si vieille que ça. Non, c’est quelque chose que l’on vous offre, qui vient des autres et pas de soi. J’ai beaucoup de chance bien sûr d’être invitée au festival car je vis ma passion, le cinéma, et je rencontre des artistes fabuleux dans ce beau pays.
    - Justement, vous n’avez pas fini avec Hollywood. Après Cosmopolis, on va bientôt vous voir sur les écrans dans le prochain remake de Godzilla. C’est un tournant de votre carrière non?
    - Oui, c’est ma nouvelle carrière! Je dirais juste que ce tournage a été fun, et que quand j’ai rencontré Gareth Edwards, le réalisateur, j’ai tout de suite su que je devais le faire. Je joue ici le rôle de la mère du lieutenant Ford.
    - Vos projets  pour 2014?
    - Rien pour le moment. Je viens de finir quatre films, alors je ne suis pas pressée.


    Propos recueillis par Stéphanie JACOB

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