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    Analyse

    Stratégie de la santé
    L’hôpital doit se recentrer sur les soins

    Par L'Economiste | Edition N°:4167 Le 09/12/2013 | Partager
    Les activités support seront externalisées
    Première fonction visée, le stockage

    El Houssaine Louardi, ministre de la Santé: «Depuis une quinzaine d’années, les secteurs public et privé installent à eux deux 0,5 scanner par an, soit un scanner tous les deux ans»

    A trop vouloir tout faire, on finit par ne rien faire. L’idée pourrait s’appliquer au département de la Santé. Un secteur qui traîne de nombreux boulets que le ministre résume en un seul constat: «Nous devons nous concentrer sur notre cœur de métier. Le ministère de la Santé ne devrait plus continuer à faire du jardinage, du gardiennage, de l’ingénierie…». C’était lors d’une conférence donnée à la Chambre française du commerce et de l’industrie, jeudi 5 décembre. Un exemple pour illustrer les dysfonctionnements dus aux nombreuses charges externes à la mission du département: le stockage des médicaments. Pour ce seul poste, les pertes sont énormes. Les dépenses de stockage, de distribution et de carburant s’élèvent à 30,5 millions de dirhams, sans oublier le manque de traçabilité, de maîtrise des dates de péremption… D’ailleurs, lors d’une descente, le ministre a découvert 200 tonnes de médicaments périmés dans le centre de stockage national situé à Berrechid. D’où la nécessité d’externaliser cette fonction pour minimiser les déperditions, maîtriser le circuit de distribution, assurer la disponibilité des médicaments…
    Dans le domaine de la santé, le Maroc a bien réalisé des avancées, telles que l’allongement de l’espérance de vie de 27 ans, la réduction du taux de mortalité, la mise en œuvre d’une assurance obligatoire… Mais il reste mauvais sur d’autres indicateurs. La part du budget réservé à la santé ne dépasse guère 5,5% du PIB contre le Smig de 8% prôné par l’Organisation mondiale de la santé. Les dépenses des citoyens dans l’achat de médicaments reste ridicule: 376 dirhams par personne par an. Le taux d’hospitalisation des citoyens reste faible puisqu’il n’est que de 4,7%. 26% des femmes enceintes sont exclues du suivi médical. D’autres indicateurs viennent noircir le tableau tels que la faiblesse des ressources spécialisées (1 médecin pour 12.000 habitants), des infrastructures sanitaires (1 lit pour 1.000 habitants)… Autant dire que le ministère de la Santé a du pain sur la planche. D’autant plus que la nouvelle Constitution consacre le droit à la vie, aux soins et à la protection médicale. Pour améliorer les indicateurs, le gouvernement développe une stratégie autour de quatre axes. Le premier porte sur le repositionnement du ministère sur ses fonctions de base et l’externalisation des fonctions techniques. Le deuxième se décline à travers le partenariat public-privé. Pour El Haussaine Louardi, c’est une planche de salut. «Depuis une quinzaine d’années, les secteurs public et privé installent à eux deux 0,5 scanner par an, soit 1 scanner tous les deux ans. Quant au nombre de lits, il ne dépasse guère 100 unités par an. Ce qui est très insuffisant», signale le ministre, qui se déclare favorable à la conjugaison des efforts des deux secteurs. Ce qui devrait être facilité après l’adoption définitive du projet de loi 86-12.
    Le partenariat public-privé se déclinera également à travers la libéralisation des cliniques. La réforme de la loi 10-94 sur l’exercice de la médecine et l’arrivée d’investisseurs non médecins suscitent une levée de boucliers chez certains médecins.
    Le troisième axe de la vision gouvernementale consiste à régionaliser la gestion de la santé. «Nous avons déjà débloqué aux services régionaux les crédits nécessaires pour la maintenance des équipements. Cette année, nous avons délégué aux directions régionales le recrutement. D’autres fonctions suivront», annonce le ministre. Le département est en train d’implémenter un référentiel en matière de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Un nouveau statut permettra de revaloriser le métier des infirmiers. La réforme LMD (licence master doctorat) a déjà été bouclée. La première promotion démarrera en janvier prochain.
    Le quatrième axe de la stratégie gouvernementale de la santé consiste à déployer «une politique agressive des ressources humaines». Le secteur accuse un gros déficit en termes de personnel. Mais le faible taux de croissance ne permet pas de recruter massivement. Le gouvernement devrait donc faire preuve d’innovation pour surmonter ce handicap. Des médecins privés pourraient, par exemple, être sollicités pour officier dans les hôpitaux. Des prestations médicales pourraient également être externalisées auprès du privé. Le montant des séances de dialyse sous-traitées auprès du privé s’élève cette année à 308 millions de dirhams. Le même schéma pourrait être dupliqué pour d’autres services tels que le diagnostic, la garde ou encore les urgences.

    Les indépendants assurés par la CNSS
    Le ministère de la Santé et l’UE ont conduit une étude pour la conception d’une assurance maladie dédiée aux indépendants. Le travail a débouché sur deux scénarios. Le gouvernement semble avoir retenu le principe d’une couverture administrée par la CNSS. Dans un premier temps, elle touchera les professions qui sont déjà prêtes telles que les médecins, les pharmaciens, les chirurgiens-dentistes… Les autres professions libérales seront progressivement introduites.
    Plan national d’urgence
    Près de 73% des victimes d’accidents graves de la voie publique meurent sur les lieux ou en cours de transport. Les ambulances mettent parfois beaucoup de temps avant d’arriver sur place. D’où la mise en œuvre d’un plan national d’urgence. La prise en charge pré-hospitalière des victimes permettra d’améliorer la qualité de service des urgences. Pour y arriver, un numéro d’appel gratuit (141) peut être utilisé en cas d’accident. De plus, le ministère s’est équipé en ambulances dernier cri (une cinquantaine), qui sont de véritables hôpitaux ambulants. 30 autres unités seront bientôt livrées. Les premières sorties du SMUR (Service mobile d’urgence et de réanimation) démarreront en janvier 2014 à Marrakech.


    Hassan EL ARIF

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