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Filière viandes rouges
La réforme compromise de l’abattage

Par L'Economiste | Edition N°:4166 Le 06/12/2013 | Partager
La gestion déléguée des abattoirs renvoyée aux calendes grecques
Huit projets privés à l’arrêt faute de visibilité

Mortel statu quo que celui qui perdure pour la filière des viandes rouges. Autant des avancées ont été enregistrées au niveau des élevages, autant l’aval, notamment l’abattage et la préparation des viandes, peine à se mettre à niveau. Le constat est flagrant à travers la 2e édition du Salon international éponyme. «C’est à ce niveau que le déficit est manifeste», regrette le président de la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges, Hammou Ouhelli.  Excepté l’abrogation de l’arrêté viziriel du 28 septembre 1955 sur la circulation des viandes, la réforme du système  d’abattage des bovins et ovins n’a pas avancé d’un iota. Pourtant, un début de réforme a été annoncé l’année dernière et confirmé en avril 2013. Il s’agissait de la mise à niveau d’une douzaine d’unités et leur cession au privé en gestion déléguée. Mieux, une décision conjointe des  départements de l’Industrie, de l’Intérieur et de l’Agriculture avait ciblé le lancement de 3 projets pilotes à Berkane, Meknès et Rabat. Depuis, rien n’a été fait.
Pour le ministre de l’Agriculture, «c’est une urgence, en raison du poids socio-économique de la filière des viandes rouges, et si rien n’est fait dans les plus brefs délais, c’est l’échec annoncé de la stratégie de développement de l’élevage», avait confié à L’Economiste Aziz Akhannouch. D’ailleurs, c’est le retard pris par cette réforme qui a le plus irrité la tutelle. Car, elle relève de la simple volonté politique. Or, si elle est bien affirmée et traduite dans les faits par le ministère de l’Agriculture, les autres partenaires semblent préférer le statu quo. Pour le moment l’Onssa estime avoir accompli sa mission en élaborant les cahiers des charges relatifs à la gestion déléguée des abattoirs identifiés. «Et tous les documents techniques ont été remis au ministère de l’Intérieur», affirme    Ahmed Bentouhami, directeur général de l’Office. Maintenant, les fonctionnaires de l’Intérieur se barricadent derrière l’élaboration de schémas directeurs des villes où sont implantés les abattoirs.      
Selon la réglementation en vigueur, les abattoirs sont considérés comme des établissements incommodes ou dangereux. Ils doivent de ce fait être implantés dans des zones industrielles ou du moins loin des agglomérations. Or, explosion urbaine oblige, les abattoirs municipaux, installés pour la majorité durant le protectorat, se retrouvent aujourd’hui en plein centre-ville. Avec les nuisances et la pollution qu’ils engendrent.
Actuellement, une seule unité est conforme aux normes de salubrité sur les 179 abattoirs que compte le pays. C’est le premier abattoir privé  mis en service en 2011 dans la région de Meknès. Huit autres projets privés devaient suivre, mais faute de visibilité, ces projets sont au point mort. En revanche, une nouvelle unité est en cours de réalisation par les collectivités locales dans la région d’Al Hoceima. S’ajoutent également près de 674 tueries rurales avec un dénominateur commun: l’insalubrité.

Le poids socio-économique de la filière

La filière des viandes compte 1,1 million d’éleveurs de bovins, ovins et caprins, soit les deux tiers du nombre total d’exploitants agricoles. L’effectif du cheptel producteur de viandes rouges est estimé à 25,8 millions de têtes dont 2,8 millions de bovins, 17,5 millions d’ovins et 5,5 millions de caprins. Entre 2009 et 2012, la production des viandes rouges  a augmenté de 11% à 470.000 tonnes. Le chiffre englobe, bien évidemment, l’informel et donc l’abattage clandestin. Car l’abattage contrôlé ne porte que sur 200.000 tonnes par an, soit moins de la moitié du volume consommé.

A. G.

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