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    Politique Internationale

    Sommet France-Afrique
    Paris en quête de ses positions perdues

    Par L'Economiste | Edition N°:4165 Le 05/12/2013 | Partager
    Les groupes chinois ont taillé des croupières aux entreprises françaises
    Un rapport presse Paris de «rénover les procédures de visas économiques»
    L’attitude de «maître des lieux» pointée du doigt

    Pierre Moscovici, ministre français des Finances, discutant avec son homologue du Nigeria, Ngosi Okonjo-Iweala. Cette photo est révélatrice de la nouvelle image que la France a décidé d’adopter : plus proche, à l’écoute… Et pour cause, la posture néo-colonialiste qui lui est reprochée en Afrique commence à nuire à ses affaires

    AVANT de parler «paix et sécurité» avec les délégations africaines invitées au sommet de l’Elysée du 6 et 7 décembre (voir L’Economiste n° 4164 du 4 décembre), la France a décidé de s’attaquer à l’économie. Et pour cause, Paris perd des parts dans un continent où elle était jusque là «comme à la maison». Hubert Védrine, ex-ministre français des Affaires étrangères, explique que «la part de marché de la France en Afrique subsaharienne a décliné de 10,1% à 4,7%» entre 2000 et 2011. Le forum franco-africain organisé par le ministère de l’Economie et le Medef hier mercredi 4 décembre a donc pour objectif de redresser la barre. Pour ce faire, il faut d’abord comprendre les raisons de ce déclin. Et c’est là qu’intervient le rapport Védrine commandité par Pierre Moscovici, ministre de l’Economie.
    Ce rapport a listé les principaux freins à l’échange de flux d’investissements entre la France et l’Afrique. Il a émis 15 propositions qui pourraient permettre à Paris de retrouver sa position «privilégiée».
    L’une des plus marquantes suggère une «rénovation des procédures de visas économiques et leur mise en oeuvre». Védrine explique que les agents économiques rencontrés pour la rédaction du rapport ont unanimement fait part «des difficultés systématiques pour l’obtention des visas, la lourdeur administrative des procédures et les vexations». Des procédures vétustes qui constituent indéniablement un frein à l’investissement. Pour autant, cette proposition est-elle concrètement applicable, à l’heure où l’opinion publique est chargée à bloc contre tout ce qui peut s’apparenter à une facilitation «l’immigration»? Cela demanderait un courage politique que les politiques au pouvoir actuellement ne semblent pas prêt à prendre. Et s’il y a une chose qui peut prendre le dessus sur l’intérêt économique, c’est bien le jeu politique. Cette proposition du rapport Védrine, aussi applaudie soit-elle, a donc toutes les chances de rester sur une étagère.
    Par contre, l’administration pourrait faire un effort sur les délais de traitement, créer la possibilité de faire ses démarches à distance, où se départir de son manque d’égard et de transparence décriés par les sondés.
    A ce niveau, il s’agit uniquement d’une question de volonté, qui pourrait améliorer le climat des échanges économiques sans que le pouvoir en place n’ait à prendre une décision qui mettrait en péril sa réélection… déjà fort compromise. Quoi qu’il en soit, Védrine a bien compris que «les Africains sont un peu las des polémiques franco-françaises sur la politique africaine de la France».

    D’ailleurs, cette attitude affichée de «maître des lieux» a contribué à mettre en difficultés même les entreprises implantées en Afrique subsaharienne. Hubert Védrine souligne lui-même que «l’installation depuis longtemps en Afrique a créé des rentes de situation pour des entreprises qui se croyaient un peu chez elles», et qui se sont fait rafler la mise sous leur nez par de nouveaux entrants chinois, turcs, indiens ou brésiliens. Le rapport constate par ailleurs que «c’est surtout la Chine qui s’est imposée en une vingtaine d’années comme le principal partenaire africain». Ainsi, la part de marché de Pékin y est passée de moins 2% en 1990 à plus de 11% en 2011. Pour autant, Védrine avance que si les pays africains ont été ravis d’accueillir les Chinois et leurs yuans -rompant ainsi avec des années de «monopole néocolonialiste», le courant ne passe pas vraiment entre les deux cultures, et les acteurs économiques appellent les investisseurs français (mais aussi espagnols, italiens ou anglais) à «rentrer».
    Autre revendication qui ressort du rapport Védrine: «la relance des relations administratives et politiques de haut niveau de l’Etat français vers le continent africain», et «l’association de la diaspora africaine et des collectivités locales à la politique économique de la France». En clair, il invite, d’une part, à attirer les capitaux africains, mais aussi à drainer l’épargne des diasporas vers l’investissement sur le continent. Pour lui, l’avenir, ce sont les fonds africains. «On n’y pense pas maintenant parce qu’on a plutôt en tête les investissements chinois ou qataris», et c’est une erreur de casting sur le long terme, estime-t-il.
    L’éducation n’est pas en marge dans le rapport de l’ex-ministre français des Affaires étrangères. Il propose d’établir des frais d’inscription significatifs pour les étudiants étrangers en France» pour en «diriger la produit, partiel ou total, vers un programme de bourses d’excellence, dont la priorité sera donnée au continent africain».


    Rime AIT EL HAJ

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