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«D’abord commencer par un socle solide»

Par L'Economiste | Edition N°:4163 Le 03/12/2013 | Partager

Olivier Faron, administrateur général du Cnam: «Il faut éviter ce que font souvent certaines institutions de formation privées, notamment en France. C’est-à-dire ne dispenser que quelques éléments de réactivité par rapport à une spécialité donnée»

Olivier Faron, nommé administrateur général du Conservatoire national français des arts et métiers (Cnam) en septembre, était de passage la semaine dernière au Maroc, pour son premier déplacement à l’international. Pour lui, la formation initiale est cruciale, mais elle ne devrait pas se limiter à des outils de réactivité dans un domaine précis. Ceci est d’autant plus vrai à l’ère où les carrières «linéaires» sont révolues et où les individus sont souvent amenés à changer de poste. Un processus de formation continue, tout au long de la vie, est donc nécessaire.  

- L’Economiste: La spécialisation des profils devrait-elle être du ressort de la formation continue?
- Olivier Faron: Je pense qu’aujourd’hui, il faut tordre le cou aux idées reçues. La formation initiale doit fournir des socles disciplinaires qui soient assez forts, mais également liés aux aspirations des profils à former et accompagnés d’outils de réactivité. Il faut éviter ce que font souvent certaines institutions de formation privées, notamment en France. C'est-à-dire ne dispenser que quelques éléments de réactivité par rapport à une spécialité donnée. N’oublions pas que nous formons des jeunes pour 40 ans de vie professionnelle, et dont la carrière ne sera pas linéaire. Ils seront amenés à changer d’emploi en fonction du monde économique. Nous avons le devoir de leur donner une base de départ suffisamment nourrie, avec un certain nombre de disciplines et d’apprentissages et, après, d’adapter leurs compétences. En mettant la charrue avant les bœufs, vous prenez un risque énorme quant au potentiel des individus concernés.   

- Le Cnam est spécialisé dans la formation tout au long de la vie. Quels sont vos projets de développement au Maroc?
- Nous avons le centre de Casablanca, mais nous sommes également  implantés à Oujda. Il est important pour nous de travailler en partenariat avec les entreprises, les ministères, les collectivités territoriales,… d’articuler les demandes et les besoins. L’établissement public de la formation tout au long de la vie prévu au Maroc pour 2016 est une excellente initiative. Nous souhaitons apporter notre expérience et savoir-faire, et en même temps, apprendre de ce projet qui sera lancé.
- Quels sont les points en discussion avec le ministère de l’Enseignement supérieur?
- Il y a plusieurs points techniques, mais extrêmement nécessaires, sur la reconnaissance des formes de diplômes et d’enseignements à discuter. Il y a également la question du lien entre la présence en entreprise et le travail de formation. Nous devons aussi définir comment nous pouvons être présents à la phase de lancement, mais aussi au démarrage du nouvel établissement. 

- La reconnaissance des diplômes, est-ce un frein?
- Je crois qu’il ne faut pas raisonner en termes de freins. Ma conviction est que nous sommes dans une logique gagnant-gagnant. Avoir une double diplomation Maroc-France est un formidable plus. Il s’agit de construire une double reconnaissance portée par les deux pays. C’est le modèle qui pourra marcher, car il résulte d’une co-construction.

- Vous venez d’être nommé à la tête du Cnam, comment vous appréhendez votre mission?
- Le Cnam est une maison ancienne, qui a une identité et une renommée. Mais comme dans toutes les maisons, il y a des sujets d’adaptation à certaines réalités. C’est une chance extraordinaire d’être à la tête d’une institution présente à l’international, et j’ai envie de faire avancer les choses. Nous allons lancer les cours à distance, les fameux Mooc (cours en ligne ouverts et massifs) en décembre. Le Cnam sera pionnier pour les Mooc en français. Ces derniers supposent la création de groupes d’apprenants qui travaillent ensembles sur des contenus. Le système marchera très bien quand des communautés éducatives se formeront au Maroc et dans les autres régions dans lesquelles nous souhaitons être présents, se développeront et enrichiront les formations.
A l’international, je pense qu’il faut aller vers des apports communs de compétences, et être à l’écoute de la demande. Nous souhaitons être représentés dans les zones francophones. Nous allons ouvrir un bureau à Haïti. Nous travaillerons aussi au Brésil, car il y a une forte culture liée à des traditions qui ne sont pas strictement anglo-saxonnes. Je pense que nous devons être offensifs et dynamiques.

 

Propos recueillis pas Ahlam NAZIH

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