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Comment l'école doctorale a amorcé son décollage

Par L'Economiste | Edition N°:4163 Le 03/12/2013 | Partager
Pour tenir leur rang, les écoles sont tenues de faire évoluer les connaissances
Cela permettrait d’attirer les étudiants séduits par les diplômes professionnels

Rachid M'Rabet, directeur du cycle doctoral de l'Iscae: «L’Iscae ne peut pas être juste un vecteur de transmission, il est de son devoir aussi d’être un acteur de création de connaissances nouvelles»

L’Economiste: Vous avez démarré le cycle doctoral il y a deux ans et demi maintenant, où en êtes-vous aujourd’hui?
- Rachid M’Rabet: Le cycle doctoral est le pivot de la grande réforme de l’établissement que j’ai, avec d’autres collègues, préparée et défendue âprement (en y laissant quelques plumes) à partir de 2003. La mise en oeuvre de la réforme a commencé, en partie, à partir de l’adoption du nouveau texte de loi de l’établissement en 2006. L’implémentation de l’ensemble du contenu de la reforme a démarré en 2009 après l’adoption du décret d’application. Avant mon départ de la direction en novembre - Quel visage pourrait avoir la recherche au sein du groupe Iscae, dans les prochaines années?
- La recherche au sein du groupe Iscae devrait se spécialiser, d’abord, sur son métier, son ADN, le domaine comptable et financier. Le développement de la recherche dans les domaines du marketing et de la stratégie, ainsi que dans les autres domaines du management doit se faire en liaison étroite avec l’augmentation du nombre d’enseignants chercheurs et de leurs publications dans ces domaines. C’est vers le resserrement des domaines que nous devons aller si nous voulons être reconnus pour la qualité de notre recherche. Sans oublier que, dans la phase qui est la nôtre, la recherche doit toucher tous les domaines du management, l’écrémage se fera avec le temps, du moins je l’espère. Pour ma part, si mon travail en tant que directeur de l’Iscae a été pendant longtemps, entre autres, de faire que l’établissement soit reconnu pour sa qualité d’enseignement, aujourd’hui, en tant que directeur du cycle doctoral et de la recherche, je travaille pour qu’il soit, dorénavant, reconnu aussi pour la qualité de sa recherche.
- Pensez-vous que ce soit la vocation des écoles, comme le groupe Iscae, de faire de la recherche?
- La réponse est sans ambages, oui. D’abord, parce que les grandes écoles de gestion, celles qui occupent le devant de la scène, font de la recherche, ensuite parce qu’elles sont comptables de l’avenir et du progrès et, enfin, parce que la recherche renforce l’image de marque de l’institution. Le groupe Iscae est une grande école de management, leader dans son secteur, même si certains s’évertuent à ne pas reconnaître cette réalité, pourtant évidente sur le terrain. Elle ne peut pas être juste un vecteur de transmission de connaissances, il est de son devoir aussi d’être un acteur de création de connaissances nouvelles, de les faire progresser dans les pratiques de management. La recherche est un complément indispensable à l’évolution de l’école. Je reste persuadé que sans recherche, la grande école serait considérée comme un super BTS.
- La recherche est donc une exigence pour les écoles de gestion?
- Parfaitement, surtout pour les écoles de gestion qui veulent tenir leur rang. Trois fortes contraintes les y poussent. La première est liée au rétrécissement du marché des enseignants puisque les jeunes ne se portent pas en nombre vers la recherche et les débouchés académiques qu’elle ouvre et lui préfèrent davantage les diplômes à caractère professionnel. La seconde est liée au marché de la formation en gestion qui est devenu très concurrentiel. L’époque est révolue où il suffisait d’offrir un programme ou une formation pour avoir un maximum d’inscrits. Les candidats se font plus rares et surtout plus exigeants. L’essentiel se joue autour de la qualité de la formation de base et de la formation continue. Du coup, l’aptitude des enseignants à apporter des valeurs pertinentes, d’offrir des programmes nouveaux et différents de ceux offerts ailleurs, devient un facteur stratégique pour maintenir cette relative attractivité de l’institution. La concurrence pousse les écoles de gestion à ne plus ignorer les problèmes de la recherche. La troisième est de chercher à entretenir l’outil professoral existant. Certains enseignants ont épuisé l’expertise acquise il y a vingt ans ou plus, lors de leur travail de doctorat, et sont guettés par le danger de ne plus être à jour. Une autre contrainte est liée, principalement, aux accréditations qui obligent en effet les écoles à s'aligner sur le modèle académique anglo-saxon dominant qui donne beaucoup de poids dans les classements à la recherche et surtout aux publications. Nous sommes encore loin de ce modèle académique!

Rachid M’Rabet: Un parcours à trois temps

LE Pr Rachid M’Rabet a eu un parcours professionnel autour de l’enseignement, l’associatif et, en filigrane, l’écriture. Depuis deux ans maintenant, ses activités se poursuivent avec un quatrième temps, le conseil. En dehors de ses nombreux cours, de ses communications et ses articles en finances et en management, il compte quelques livres, dans les mêmes domaines. Il vient d'ailleurs d’achever la rédaction de deux ouvrages qui vont être bientôt publiés, un en arabe qui est la version légèrement modifiée du livre «Les Clés de la Gestion», l’autre en français et qui est plus un roman qui raconte ses années de vie croisées avec l’Iscae. Ayant entamé sa carrière à l’Iscae en octobre 1982, en tant que professeur de finances, le Pr M’Rabet en est devenu son directeur général (novembre 1995 à novembre 2011). La grande réforme de l'Iscae, c'est lui, chantier qui allait aboutir à l'issue d'un long cheminement au Parlement et dans les circuits sinueux de l'administration. Membre du Conseil de la concurrence, il a également fait partie des membres du Conseil supérieur de l’éducation (2005 à 2009). Il poursuit ses activités d’enseignement en tant que professeur de management et de finances au groupe Iscae et, depuis la rentrée 2011, il dirige le programme doctoral.

Propos recueillis par Ahlam NAZIH

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