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Forum d’affaires Maroc-Brésil
Compensation: «En quoi notre modèle est différent»

Par L'Economiste | Edition N°:4163 Le 03/12/2013 | Partager

Et si c’était une prémonition. En tout cas, l’ambassadeur du Brésil à Rabat, Frederico S. Duque Estrada Meyer, semble s’adjuger déjà le trophée de la Coupe du monde 2014 qui se déroule au Brésil

L’ambassadeur du Brésil à Rabat, Frederico S. Duque Estrada Meyer, a le triomphe modeste. Pourtant, il représente la 6e puissance économique mondiale. Une économie appelée à jouer les premiers rôles sur le plan régional (marché commun sud-américain-Mercosur) et mondial (G20 et les pays émergents du BRICS). Mais il se refuse à donner des leçons.
-L’Economiste: Quel est l’état de la relation d’affaires entre le Maroc et le Brésil?
- Frederico S. Duque Estrada Meyer: Sur le plan politique et diplomatique, c’est au beau fixe depuis 50 ans. Sur le plan économique, on peut mais surtout on doit faire mieux. Certes, la balance de nos échanges est équilibrée mais la volume d’affaires est en deçà de l’importance des ambitions. Le Brésil exporte vers le Maroc autant que le Maroc importe de chez nous, soit 1 milliard de dollars de part et d’autre. C’est mieux que rien, mais ce n’est pas suffisant. Sachant que très peu de personnes savent que le Brésil est la troisième destination des exportations marocaines, essentiellement des phosphates et dérivés (ndlr: voir infographie). Grâce aussi à la route aérienne développée par Royal Air Maroc entre Casablanca, Sao Paulo et Rio, et la facilité de déplacement des personnes entre nos deux pays qui n’exigent pas de visa, 15.000 touristes brésiliens visitent chaque année le Maroc.
- Que faut-il attendre concrètement de la mission économique brésilienne?
- Au-delà du volet politique et diplomatique, cette mission économique, une initiative du ministère du Développement, de l’industrie et du  commerce extérieur du Brésil, vise à promouvoir l’expansion du flux commercial entre le Brésil et les pays du Maghreb. Comme l’a bien rappelé le ministre, cette mission vise également à exploiter les possibilités de coopération entre les secteurs productifs de nos deux pays. Sur les dix premiers mois de l’année, le courant de commerce - exportations et importations- entre le Brésil et le Maroc a dépassé 1,8 milliard de dollars, grâce à près de 600 entreprises brésiliennes dont beaucoup seront présentes ou représentées lors de cette mission. Le Brésil a l’intention d’augmenter encore davantage sa participation dans cette croissance et d’encourager les actions destinées à développer les échanges et à renforcer les liens culturels qui nous unissent.

- La compensation telle qu’appliquée au Brésil peut-elle servir de modèle pour rendre le système marocain plus efficient?
- Au Brésil, c’est connu, on n’aime pas recevoir de leçons. Et on n’aime pas à en donner non plus. Qu’est-ce qu’on dit à nos partenaires voulant s’inspirer de nos politiques, que chaque pays a ses propres réalités. Et qu’il n’existe pas de modèle abouti, mondialement reconnu. Donc, il revient au Maroc de choisir le modèle qui lui convient le plus. Cependant, le système de compensation chez nous n’est pas le même qu’au Maroc. C’est une aide directe aux ménages et personnes en rupture économique et sociale pour ne pas fausser les règles du jeu économique du marché. Le système fonctionne à merveille. Il peut s’agir d’approche inclusive par le sport, la danse, la culture pour toucher les populations les plus vulnérables. Ces différentes méthodes nous ont permis d’améliorer le système.

- Un autre dossier socioéconomique qui pourrait inspirer le Maroc, c’est votre politique d’habitat social…
- Oui, là aussi, il y a des réalités à respecter pour chaque pays. Au Brésil, nous avons mis en place un programme fédéral dénommé «Ma Maison». Pour un pays de 200 millions d’habitats, il va sans dire que les besoins ne sont pas les mêmes selon que l’on habite Sao Paulo (20 millions d’habitants) ou Rio (12 millions d’habitants), les deux villes brésiliennes que le phénomène de favelas a rendues encore plus célèbres dans le monde. Ceci pour dire que les autres villes et les autres 168 millions Brésiliens n’ont pas les mêmes attentes en termes d’habitat. C’est comme au Maroc, et dans tous les pays du monde, le modèle d’habitat n’est pas le même selon les régions, les cultures, voire le climat. La particularité du Brésil dans ce domaine et dans d’autres est du fait que c’est un pays-continent de 127 Etats fédérés.

- Existe-t-il un modèle brésilien dans l’éducation et l’enseignement qui pourrait inspirer le Maroc?
- J’en doute, même si sur cette question aussi, chaque pays y va de sa science. Ceci d’autant plus que dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement, nous avons plutôt un modèle hybride. Le Brésil a la face tournée vers le modèle européen, notamment français et portugais, du fait de notre histoire, et le dos vers l’Amérique du Nord pour nos ambitions politico-économiques. Au début du siècle dernier, notre modèle était largement inspiré du modèle français. D’où d’ailleurs cette forte présence du français dans les milieux urbains au Brésil.

90% de l’énergie consommée est propre

BIEN qu’autonome en pétrole et gaz, le Brésil consomme propre. 90% de l’énergie consommée dans ce pays est d’origine propre (hydraulique, solaire, éthanol, éolien…). Il est la puissance mondiale à pouvoir se targuer d’autosuffisance en énergie, eau et alimentation. Il concentre 20% de toute l’eau mondiale des rivières grâce au fleuve Amazone.

Propos recueillis par B. T.

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