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Entreprises

Medi1 TV
Au-delà de la polémique, des comptes plombés

Par L'Economiste | Edition N°:4162 Le 02/12/2013 | Partager
L’Economiste a enquêté sur les chiffres de la chaîne
Une perte de plus de 170 millions de DH en 2012
L’entreprise ne doit sa survie qu’à une perfusion financière

Malgré une baisse entre 2011 et 2012, l’enchaînement des déficits place la chaîne dans une situation délicate. Selon son business plan, elle doit arriver à l’équilibre dans 3 ans

AU-delà de la récente polémique qui a opposé le PJD et le management de Medi1 TV, il y a une situation financière plus que fragile de l’entreprise. La plupart, sinon la totalité des indicateurs et des ratios financiers de la chaîne plongent. Celle-ci ne doit sa survie qu’à une perfusion financière que lui assurent ses actionnaires, qui multiplient les avances en comptes courants associés. Les états de synthèse dont L’Economiste détient une copie parlent d’eux-mêmes. Ces chiffres n’ont jamais été révélés. D’où l’intérêt de l’enquête que notre journal a conduite. En 2012, la chaîne a clôturé l’exercice avec une perte de 170 millions de DH, en baisse de 20% certes, mais encore trop élevée. Le business-plan en cours prévoit un retour à l’équilibre dans trois ans, mais il faudra presque un miracle pour y arriver. Les recettes publicitaires, principale ressource de la chaîne, sont loin de couvrir ses charges. Le chiffre d’affaires de l’année 2012 était de 93 millions de DH contre 44 millions l’année précédente.
Sans surprise, c’est la rubrique «personnel» (72 millions de DH) qui représente la plus grosse charge d’exploitation. Pour ce même exercice, le bilan affiche un report à nouveau négatif de 528 millions de DH. Déjà en 2011, le rapport du commissariat aux comptes établi par le cabinet Ernst & Young avait tiré la sonnette d’alarme.  L’auditeur avait souligné «l’incertitude relative à la continuité d’exploitation du fait des pertes constatées, la situation nette de la société étant devenue inférieure au quart du capital social». Depuis, la chaîne a réduit ses pertes de près de 20%. Toutefois, la situation nette reste encore inférieure au quart du capital social à cause de l’accumulation des pertes. Dans le cas d’espèce, deux options sont prévues par le droit des sociétés (S.A.): soit une recapitalisation, soit une ouverture (prononcée par les actionnaires) conduisant à l’arrêt de l’activité.
Les capitaux propres sont négatifs de 319 millions de DH. Par ricochet, les financements permanents ont été réduits de plus de 88% en 2012. Pour financer ses besoins, l’entreprise a recours à un endettement de 337 millions de DH, soit un gearing (ratio d’endettement) de 0,89. La norme veut que ce ratio ne dépasse
pas 1. Par conséquent, plus le gearing s’approche de 1 plus l’entreprise est en surendettement. Cet endettement conduit à un résultat financier déficitaire de 23 millions de DH à cause des charges d’intérêt.
En plus des emprunts, Medi1 TV a également présenté un passif de 8,6 millions de DH. Sur ce registre, la chaîne a nettement amélioré sa situation en réduisant de plus de 75% son solde créditeur auprès de la banque. L’analyse du passif circulant fait ressortir plus de 143 millions de DH en comptes d’associés (prêt accordé par les actionnaires à l’entreprise moyennant des intérêts). Quasiment tous les actionnaires ont prêté de l’argent à l’entreprise. Acacia, filiale de Fipar (CDG) et qui est l’actionnaire majoritaire à 54%, a déjà avancé près de 100 millions de DH. La CIMR (actionnaire à hauteur de 15% du capital) a injecté 77 millions de DH.
Au-delà des comptes courants associés, le tour de table de la chaîne est en lui-même atypique. Depuis la création de Medi1 TV, son actionnariat a connu plusieurs mutations. IAM, qui tenait les rênes de la chaîne, a considérablement réduit sa participation à 3% du capital. Depuis, les choses ont bien changé. Medi1 TV est portée par la CDG, la CIMR, le fonds Mousahama (BP), la Mutuelle agricole marocaine d’assurances (MAMDA), la Mutuelle centrale marocaine d’assurances (MCMA) (voir infographie). Le tour de table place par ailleurs la chaîne dans une position particulière. Medi1 TV est certes une société anonyme de droit privé mais la définition reste vaste.  En effet, au sens des articles 1er et 47 de la loi n° 77-03 relative à la communication audiovisuelle, la société est une société nationale de l’audiovisuel appartenant au secteur public de la communication audiovisuelle. Cette interprétation découle du cahier des charges de la chaîne réalisée par le ministère de la Communication. Justement, le document arrive à échéance à la fin de cette année. A la chaîne, on attend toujours une nouvelle version.

 

Ilham BOUMNADE

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