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Analyse

Fruits et légumes
Pourquoi le Souss perd ses arguments

Par L'Economiste | Edition N°:4120 Le 25/09/2013 | Partager
Malmenée à l’export, la tomate chute de 20 à 30 % au niveau de ses recettes
Le climat social toujours tendu et la fiscalisation du secteur au cœur des préoccupations
Plus de 500 ha à la vente, la demande très faible

Les exportations de  tomates ont atteint 420.300 tonnes lors de la campagne 2012/2013 contre 415.400 tonnes la campagne précédente, soit une augmentation d’environ 1%. Le Souss a exporté 406.700 tonnes, soit 97% des exportations nationales en tomate, enregistrant une hausse de 1% par rapport à la campagne précédente (402.400 tonnes). Depuis la campagne 2009/2010, les volumes n’ont cessé d’augmenter mais les recettes n’ont pas suivi. Selon les exportateurs, la baisse est de 20 à 30% depuis 2008

Pas de répit pour les exportateurs de fruits et légumes. Plus que quelques jours et  le coup d’envoi des premières expéditions de tomates dans le cadre du contingentement sera donné. Le démarrage ne sera pas facile sur le plan commercial. Et ce, en raison de la présence d’autres origines tardives sur le marché. Il faut s’attendre donc à des cours bas lors des premières semaines de la campagne d’exportation et, néanmoins, espérer que les cours à l’export s’amélioreront très vite. Le bilan de la précédente campagne était déjà négatif en termes de recettes. Selon les chiffres communiqués par la profession, les prix à l’export étaient bas et assez fluctuants, oscillant entre 0.55 et 1 euro/ Kg. Il en a résulté un recul de 15 à 20% des recettes, comparativement à la campagne 2011/2012 et de 30% par rapport à une année normale.
Une fois de trop. Cela fait en effet plusieurs années, une décennie environ selon des exportateurs, que les recettes sont en chute de 20 à 30%. «Depuis 2008, les cours de la tomate ne cessent de diminuer sur le marché européen», précise un exportateur. A l’origine de cette situation déplorable du secteur, il y a bien sûr la crise en Europe et les retombées sur le pouvoir d’achat des ménages avec un recul de la demande et un impact sur les cours. La situation a bien sûr des répercussions très néfastes sur l’activité, surtout que c’est la troisième année consécutive qu’elle enregistre des résultats négatifs. Selon les opérateurs, beaucoup d’entreprises sont en difficulté et fortement endettées aujourd’hui. Résultat: beaucoup d’exploitants n’arrivent pas à faire face à leurs créances. Ceux qui sont vraiment dans l’embarras ont jeté l’éponge. Selon les professionnels, on recense dans la région près de 500 ha aujourd’hui à la vente.  Mais la demande est faible.
Outre la baisse des recettes, le climat social tendu qui marque la filière ces dernières années a aussi plombé le développement de l’activité. Pas une semaine ne passe sans qu’une grève n’éclate dans une exploitation. A cette situation, aucune solution de fond jusqu’à présent n’a été apportée. Le dossier est toujours en instance. Les professionnels s’apprêtent  justement à relancer les institutionnels concernés sur le sujet. La fiscalisation du secteur est aussi un dossier qui  préoccupe la profession qui dit vouloir participer à la mise en œuvre du chantier. En attendant, les opérateurs prospectent de nouveaux marchés. Ils étaient dernièrement au Moyen-Orient. Au printemps dernier, ils étaient en Pologne et en Hongrie. Sur ces places, l’origine Maroc est connue jusqu’à présent à travers les Espagnols et les Français qui la commercialisent. L’intérêt pour la profession est de mettre en place dans ces pays de l’Europe de l’Est une plateforme pour desservir de nouveaux marchés.

A quand le dessalement?

Si les réserves en eau dans le barrage Youssef ben Tachfine dans le Souss ont été satisfaisantes tout au long de la dernière campagne agricole avec un taux de remplissage à fin mai 2013 de 61%, soit 184.394 Mm3, la situation des ressources en eau dans la région reste au cœur des préoccupations. Les opérateurs continuent à suivre de près le dossier de dessalement d’eau de mer. Normal, le déficit hydraulique de 60 millions de m3 enregistré annuellement au niveau de la nappe phréatique justifie pleinement un tel projet. «Le risque de salinité de la nappe phréatique ne cesse d’augmenter dans les zones irriguées sans compter que dans ce périmètre il n’y a pas d’eau par endroits, notamment autour de Biougra», avancent des agriculteurs. Pour l’heure, le programme en question est toujours au stade de recherche du financement. Les dernières nouvelles à ce sujet-là, c’est une éventuelle solution avec le Fonds arabe de développement économique et social (FADES). Pour rappel,  près de 2,5 milliards de DH  sont nécessaires pour concrétiser ce programme d’envergure, dans le cadre d’un partenariat public-privé. Suite aux études de faisabilité, le projet devrait être réalisé en faveur de 10.000 ha dans la zone de Chtouka qui seront irrigués à partir d’une station de dessalement envisagée à Tifnit.

Malika ALAMI

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