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Evénement

Hausse du carburant
Un effet secousse chez les industriels

Par L'Economiste | Edition N°:4115 Le 18/09/2013 | Partager
Ils réclament une «sectorisation» de la compensation pour profiter aux méritants
La mise en application de l’indexation devrait être mieux peaufinée

Le poids de la subvention des hydrocarbures de 5,5% du PIB, parmi les taux les plus élevés au monde. Il n’empêche que l’esprit est détourné à d’autres fins comme ici pour les bonbonnes de gaz qui servent à pomper l’eau dans les champs agricoles

Comme dans le gouvernement français (gauche), le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane (PJD), a besoin de son Montebourg. C’est-à-dire un ministre du Redressement productif qui vient de lancer les 34 «plans industriels» pour une France compétitive. A défaut d’un Arnaud Montebourg, pour un vrai coup de fouet dans le plan Emergence industrielle du Maroc, Benkirane vient d’asséner un second hypercut mortel au secteur industriel.
C’est la deuxième fois en 15 mois que le gouvernement PJDiste surprend industriels et consommateurs avec une augmentation du prix du fuel industriel: 662,88 DH de plus pour porter la tonne à 5.328 DH. La première augmentation de 500 DH remonte à juin 2012. «Ce gouvernement va tuer le secteur industriel», peste le président de la Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électroniques (FIMME). «En prenant des mesures inadaptées de ce genre, et sans se concerter avec les partenaires sociaux, explique Abdelhamid Souiri, il détruit, sans le savoir peut-être, le peu d’industries qui se battent encore pour survivre». Les premières conséquences de «cette décision vont favoriser les importations», par conséquent, impacter négativement ce secteur qui contribue à 7,4% au PIB.
Pour le président de la Fédération des matériaux de construction, David Tolédano, cette décision est certes de bonne intention, mais «sa mise en application devrait être mieux peaufinée». Ceci d’autant que toutes les filières liées à la construction seront diversement impactées. Pour cela, «on ne doit pas avoir un prix unique de l’énergie.
Il faut le sectoriser pour que le système de compensation profite aux industriels qui le méritent. En tout cas, ceux qui en ont besoin». Une approche qui, selon Tolédano, permettrait de soutenir les industriels qui ne peuvent pas répercuter l’impact de cette hausse sur les intrants. Les prix des carreaux n’ont pas augmenté depuis 15 ans. Or entre juin 2012 et septembre de cette année, la tonne de fuel lourd a augmenté de plus de 1.162 DH. Dans ce secteur comme dans celui de la céramique, la part de l’énergie dans les coûts de production est passée de 8 à 48%. C’est le cas également dans l’industrie cimentière où les professionnels recourent aux énergies pauvres (pneus, déchets…) pour réduire la facture énergétique. Les briquetiers, eux aussi, tirent le diable par la queue… Toutes ces situations sont rendues encore plus difficiles «du fait que l’on n’est pas dans la vérité des prix. Si c’était le cas, c’est la TIC qui baisserait et la TVA augmenterait au bénéficie du Trésor», fait remarquer Tolédano.
L’incompréhension est totale. Le président de l’Association des professionnels de l’industrie céramique, Fouad Benzakour, est estomaqué. Comme tous les industriels, il est pris de court. Les coûts de production du secteur sont parmi les plus élevés de l’industrie. «Déjà la stagnation, voire le recul du marché de l’immobilier, en plus de l’explosion des importations, érodent fortement nos marges, à défaut bien évidemment de pouvoir répercuter cette hausse».
Au rythme où vont les coups de force du gouvernement, les industriels n’ont plus qu’à bien se tenir. Désormais, c’est décidé, les prix varieront à la hausse ou à la baisse tous les 16 du mois. A défaut de réformer le système de compensation, détourné à d’autres fins (voir photo ci-contre), le gouvernement joue les équilibristes. Pour faire face aux effets négatifs de la volatilité des prix des produits pétroliers, il dit mettre en place un pilotage double cabine. Ainsi, une fois par an, à la veille de l’adoption de la loi de Finances, il identifie les seuils tolérables pour chaque produit soumis au système d’indexation pour une conformité avec les crédits ouverts à cet effet. Et puis, tous les mois, calculer la variation, en tenant compte du lissage de la cotation chaque deux mois successifs de sorte à atténuer les variations engagées. De quoi donner le tournis au meilleur ministre des Finances/Budget au monde.

Impact négatif sur le PIB

Le HCP annonce que l’impact de l’indexation se traduira par une baisse de 0,15% du PIB cette année et de 0,48% en 2014. La hausse des prix du gasoil entraînera un renchérissement des prix intérieurs de 0,37% cette année et de 1,10% en 2014. D’où une baisse de la consommation des ménages en volume de l’ordre de 0,29% en 2013 et de 0,92% en 2014, tandis que l’investissement baisserait respectivement de 0,26% et de 0,91%. Le repli de la demande intérieure se traduira par un recul de 0,34% des importations en volume d’ici à la fin de l’année et de 1,13% en 2014. Quant aux exportations, elles devraient baisser de 0,11% en 2013 et de 0,40% en 2014 à cause du renchérissement des prix intérieurs. Le seul aspect positif de l’indexation: l’amélioration du solde budgétaire de 0,18 point en pourcentage du PIB cette année et de 0,58 en 2014.

Bachir THIAM

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