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Politique Internationale

Syrie: Le mano a mano diplomatique

Par L'Economiste | Edition N°:4111 Le 12/09/2013 | Partager
La résolution de Paris placée sous le chapitre 7 rejetée par la Russie
Washington maintient la pression de l’option militaire
Moscou marque des points, pour l’instant

Hier, mercredi 11 septembre, pendant que les Européens débattaient à Strasbourg d’une issue politique au conflit syrien, que Bachar El Assad fêtait son anniversaire et qu’Obama laissait ce dossier de côté pour commémorer les attentats du 11 septembre… la situation sur le terrain ne s’améliorait pas. La Syrie n’est plus que les vestiges d’elle-même

Barack Obama et François Hollande, qui devaient être les «héros» de guerre qui ont sauvé la Syrie de sa guerre civile, se débattent aujourd’hui pour «maintenir la pression» sur le régime de Bachar El Assad. Dans un embarras à peine dissimulé, ils n’ont tous deux d’autres choix que de saluer une «proposition encourageante», en faisant référence à la mise sous contrôle international des armes chimiques consentie par Damas… et obtenue via la Russie (voir L’Economiste n°4109 du 10 septembre).
Les congressistes américains ont été priés de ne pas voter tant que la situation ne sera pas plus claire, ce qui maintient en apparence l’option militaire sur la table. En apparence seulement car la décision du Congrès n’est pas une condition sine qua non pour déclencher des frappes, d’un point de vue légal.
L’Elysée a convoqué un Conseil de défense restreint, hier tôt dans la matinée, pour «adapter» le projet de résolution que Paris compte déposer devant l’ONU à l’encontre du régime de Bachar El Assad. Cette résolution inclurait que la Syrie déclare ses armes chimiques dans un délai de 15 jours après l’adoption de ce texte, ainsi que l’ouverture des sites concernés aux inspecteurs de l’ONU.  Le cas échéant, la résolution prévoit, en vertu du chapitre VII de la charte de l’ONU, l’emploi de la force en cas de non-respect de la résolution. Inacceptable pour la Russie, qui continuera à bloquer toute allusion à ce chapitre, surtout depuis qu’une autre «solution» est disponible. Le Conseil a d’autant plus de pain sur la planche que le régime syrien était tenu pour coupable de bombardement au gaz sarin le 21 août, dans la version originale de la résolution, ce qui permettait la saisie de la Cour pénale internationale. La conclusion des experts onusiens envoyés en Syrie pour enquêter sur l’utilisation des armes chimiques (voir encadré) contrecarre aussi le plan français.
Si la France a de bonnes raisons de se méfier, elle n’a aucun moyen de tester la «sincérité» et la «bonne foi» que Damas mettrait dans l’exécution de sa promesse. Aucun précédent historique n’est établi pour servir d’étalon. Entre la signature de la Convention d’interdiction des armes chimiques, à laquelle la Syrie a toujours refusé de se soumettre, la mise sous tutelle internationale de l’arsenal chimique et sa destruction, des décennies risquent de s’écouler. En supposant que le pays ait bien déclaré tout son arsenal.
Le fait est qu’il s’agit bel et bien d’une solution dilatoire, qui n’a d’autre but que d’éviter une intervention militaire en Syrie. En effet, la Russie avait déjà rejeté cette solution au Conseil de sécurité, quelques mois plus tôt. Mais cette fois, son ministre des Affaires étrangères Serguei Lavrov a coupé l’herbe sous les pieds des diplomaties américaine et française en la mettant en scène comme une idée nouvelle. «La bonne idée».
Ainsi, Vladimir Poutine apparaît comme «l’homme de la situation» aux yeux du monde, et glane au passage les points concédés par «l’ennemi américain» sur ce dossier en raison de ses hésitations à passer à l’acte. Cela redonne de sa superbe à la Russie en tant que «puissance diplomatique». De fait, la solution moscovite a beau être une entourloupe, elle réconcilie les puissances occidentales qui se déchirent depuis l’attaque à l’arme chimique du 21 août pour connaître la bonne marche à suivre. Les pays qui refusaient de trancher pour une attaque sans le go du Conseil de sécurité de l’ONU, ceux qui appuyaient Paris et Washington sans les suivre, ceux qui s’y opposent depuis le début… tous voient dans cette proposition un consensus honorable qui permet de «trouver son compte» tout en sauvant la face. Une bonne nouvelle pour l’Iran et la Corée du Nord.

«Crime contre l’humanité»

LA Commission d’enquête mandatée par l’ONU n’a pas pu se prononcer quant à l’utilisation d’armes chimiques, «faute de preuves tangibles». Une conclusion qui anéantit l’espoir d’un vote du Conseil de sécurité en faveur des frappes militaires. La Russie pourra toujours bloquer le processus, et les nombreux pays indécis en Europe ont une raison de plus de ne pas les approuver. Voilà qui va donner plus de vigueur à la «solution» russe.
Par contre, les experts accusent le régime de «crimes contre l’humanité», soit une «violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d’un individu ou d’un groupe d’individus inspirée par des motifs politiques… ou religieux». La rébellion n’est pas en reste, puisqu’elle est accusée de «crimes de guerre», pour les nombreuses exactions commises à l’encontre des civils.

Rime AIT EL HAJ

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