×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Société

«Petites bonnes»: L’alerte rouge des ONG

Par L'Economiste | Edition N°:4111 Le 12/09/2013 | Partager
Près de 80.000 fillettes de moins de 15 ans exploitées
Leur calvaire se poursuit en l’absence d’une loi répressive

Des milliers de fillettes sont privées d’école pour des raisons multiples, dont la précarité et l’ignorance de leur famille, la quasi-absence d’infrastructures scolaires, la prolifération des intermédiaires, la duplicité des employeurs et la complicité de leur environnement

LA rentrée scolaire remet sur le tapis la polémique sur les «petites bonnes». Dans ce contexte précis, le Collectif de lutte contre le travail des enfants (LCTE) tire la sonnette d’alarme. Il rappelle que des milliers de filles mineures, dont une grande partie âgées de moins de 15 ans, sont encore privées de leur scolarité.
«Ces fillettes sont victimes pour des raisons multiples, dont la précarité et l’ignorance de leur famille, la quasi-absence d’infrastructures scolaires, la prolifération des intermédiaires, la duplicité des employeurs et la complicité de leur environnement», s’indigne Omar El Kindi, président de l’association Insaf, coordinatrice de ce collectif.
Selon El Kindi, près de 80.000 filles de moins de 15 ans sont exploitées comme “petites bonnes” au Maroc et 60% des familles employeuses sont au fait de l’illégalité découlant du travail des enfants. Et les statistiques officielles ne sont pas loin de ce chiffre. Le HCP estimait, selon les résultats de l’enquête nationale sur l’emploi du 1er trimestre 2009, que sur les 8,9 millions d’enfants âgés de moins de 15 ans que compte le Maroc, environ 174.000 d’entre eux sont soumis au travail précoce (soit 3,8%), dont 44 % de fillettes. «Mais le chiffre ne représente rien en soi, car il suffit d’en avoir une centaine pour militer contre ce phénomène», poursuit le président d’Insaf.
Une enquête de terrain effectuée en 2010 par Insaf a démontré que ces fillettes sont placées entre l’âge de 8 à 16 ans, soit l’âge qui correspond à la scolarisation obligatoire.
Arrachées du giron de leur famille (pauvres et analphabètes), elles sont généralement surexploitées pour un salaire de misère, font l’objet d’abus sexuels…
«Pour mettre fin à cette injustice, le collectif LCTE en appelle, à nouveau, l’opinion publique pour faire de la lutte contre le travail des «petites bonnes» un devoir citoyen, et le gouvernement et les instances élues pour prendre leurs responsabilités et mettre en œuvre les dispositions urgentes adéquates», ajoute El Kindi. Parmi ses revendications figurent notamment l’adoption d’une loi spécifique qui sanctionne le travail des filles mineures et prévoit la réparation pour celles qui en sont victimes. De même, le collectif a appelé à «préciser les sanctions, les modalités et les moyens de leur exécution vis-à-vis de tous les acteurs liés à la problématique des petites bonnes, chacun suivant son niveau d’implication : loueur, intermédiaire et employeur».
Depuis sa création en 2009, le collectif LCTE, qui rassemble 34 associations et réseaux marocains de promotion de la justice et de dignité humaine, a enregistré de nombreux cas dramatiques dont Zineb (11 ans) sauvagement maltraitée à Oujda (août 2009) et Fatima (12 ans) à Casablanca (octobre 2010). En juillet 2011, Khadija (11 ans) a été tuée par son employeuse. En janvier 2013, Nassima (19 ans) ancienne «petite bomme», violée à 15 ans, s’est jetée du 6e étage d’un immeuble à Casablanca. En avril 2013,  Fatima (14 ans) a été tuée par son employeuse à Agadir.


Aziza EL AFFAS

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc