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Autoroutes: Bras de fer autour du juste prix

Par L'Economiste | Edition N°:4111 Le 12/09/2013 | Partager
Le gestionnaire décline sa politique tarifaire
Pourquoi les motards réclament une 4e classe

Source: ADM

(*) Motos à permis et voitures (sans remorque) sont soumis au même tarif. Les poids lourds ou voitures à remorque  entrent dans la 2e et 3e classes mais paient les mêmes droits de passage

PARTIE de ping-pong entre les 13 clubs de motards et la Société des Autoroutes du Maroc (ADM). En tant qu’usagers, ils dénoncent les tarifs «injustes et aberrants» qui leur sont appliqués en arguant que les motos «n’engendrent ni le même encombrement ni la même agressivité qu’un véhicule léger». Les deux-roues sont pourtant inclus «dans la même classe tarifaire» (Cf. L’Economiste du 28 juin 2013).

Face à ces critiques, l’établissement que dirige Othmane Fassi Fihri sort de sa réserve. Il précise d’abord que «les critères retenus pour la classification des classes de péage sont physiques et  mesurables»: longueur du véhicule, nombre de ses essieux ou de l’ensemble et enfin la hauteur hors tout (pare-brise compris) au droit de l’essieu avant du véhicule ou de l’ensemble (voir tableau).
Il s’agit donc de 3 classes de péage où la moto est assimilée à une voiture en payant par exemple 26 DH de Casablanca à El Jadida. Les motards mettent en avant le degré d’usure du bitume provoqué par les deux-roues: «Une voiture c’est quatre  roues avec un poids 10 fois supérieur à celui de la moto». Sur son site, ADM fait valoir «une tarification non discriminatoire» basée sur des taux kilométriques moyens. Et en tenant compte néanmoins, mais sans les préciser, «des coûts plus élevés de certains tronçons».
Le gestionnaire ne distingue pas non plus entre le tarif «poids lourd» appliqué aux véhicules de 2e et 3e classe. «Une exception marocaine» qui revient à faire payer un automobiliste remorquant une caravane le même tarif qu’un autocar ou un camion-citerne, soit 40 DH toujours de Casablanca à El Jadida.
La neutralité tarifaire n’exige-t-elle pas aussi de mieux paramétrer un critère technique tel que «l’agressivité des véhicules sur la chaussée»? Tout en y tenant compte, Autoroutes du Maroc explique pourtant «qu’il faut 10.000 passages d’une grosse berline pour causer la même dégradation d’un seul passage d’un poids lourd de 10 tonnes». Une information qui «intéressera sûrement les associations des automobilistes et des consommateurs afin de réclamer une révision à la baisse des tarifs…», notent les 13 clubs de motards. Et qui se demandent par la même occasion «combien de dizaine de millions de passages de motos faudra-t-il pour égaler l’usure du bitume provoquée par un poids lourd?». Il
fallait plutôt comparer l’effet par rapport à un véhicule léger. Leur contradicteur soutient que dans ce dernier cas l’agressivité est «négligeable».
ADM rejette par ailleurs la réclamation des associations de motards qui «n’est pas fondée sur des raisons économiques  et financières recevables». D’abord en faisant valoir un benchmark des pratiques en vigueur dans des pays méditerranéens tels que l’Espagne, la Tunisie ou la Turquie.

Ces derniers, contrairement à la France, intègrent les motos dans la classe de véhicules légers. L’établissement, créé en 1989, précise ensuite que «les motards marocains payent moins que leurs camarades français». Sa démonstration se réfère au rapport entre le tarif kilométrique du véhicule léger et le prix moyen de la moto. Les usagers le reconnaissent. Mais contre-attaquent en relevant que le salaire minimum légal en France (1.430 euros brut) est 7 fois supérieur à celui du Maroc. D’où un autre argument: «la comparaison des prix avec d’autres pays ne peut s’effectuer que pondérée par le pouvoir d’achat». Prenant en compte «l’impact négligeable des motos sur la chaussée», plusieurs pays européens voire magrébins, ont opté soit pour la gratuité (Allemagne, Bulgarie, Tchéquie, Algérie…) ou pour une réduction de 50% (Autriche, Slovénie, Grèce…). «ADM oublie de préciser qu’en Espagne 73% du réseau est composé de voies express à double voies totalement gratuites et que 57 autoroutes sur 76 sont gratuites». Les motards tunisiens militent «pour une révision à la baisse des tarifs». Leurs congénères turques, eux, tiennent un rassemblement le 22 septembre alors que les tarifs de péage sont «de 25 à 35% moins bas» par rapport au Maroc. ADM n’en démord pas: «les tarifs kilométriques appliqués au Maroc sont bien inférieurs à ceux des pays européens de Méditerranée». Les motards font état d’un comparatif des tarifs où figure notamment le tarif au kilomètre de Casa à Agadir (462 km). Il coûte 3 fois plus cher (0,32
DH) que celui appliqué au trajet Istanbul-Ankara (454 km). «Nous ne demandons pas la gratuité totale mais un tarif  adapté et proportionnel», réclament les clubs de motards. ADM revient sur le montage financier à la base des investissements et des entretiens des voies qu’elle gère: «Ce sont les usagers directs qui financent. Il n’y a pas d’impôt général». Si la complexité du financement «est avérée», estime la partie adverse, «elle ne peut se réaliser en traitant de façon inéquitable les usagers». Audelà des procès d’intention, l’enjeu de ce face-à-face pour un consommateur est de payer le juste prix. D’autant plus qu’il y a des critères objectifs à la base de toute politique tarifaire. Des critères qui ne  sont pas immuables et quel que soit le produit ou le service rendu. En attendant, des associations de consommateurs s’invitent au débat. Uniconso a saisi le ministère de l’Equipement et du Transport pour arbitrage. Ce qui a visiblement déplu à ADM qui estime que l’association «se trompe sur la légitimité» de la cause défendue par les motards.


Faiçal FAQUIHI

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