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    Société

    Chiens dangereux : Bras de fer entre pro et anti-loi

    Par L'Economiste | Edition N°:4101 Le 29/08/2013 | Partager
    Des agressions à l’origine de la mobilisation
    Les arguments des défenseurs de la cause canine

    La nouvelle loi impose la traçabilité de tous les chiens, la vaccination et la stérilisation ainsi que l’identification des propriétaires. Néanmoins, les opposants à celle-ci affirment qu’elle «condamne sur des bases physiques l’animal et non sur l’aptitude du maître à détenir un chien»

    Deux drames auront été à l’origine d’une mobilisation, et, in fine, d’une loi.
    La petite Najwa (fille du fondateur de l’association) a été attaquée en 2008 par un pit-bull. En première instance, le propriétaire du molosse a été innocenté. «En appel, le juge a poussé le raisonnement juridique pour argumenter la condamnation du maître du chien», indique Mostapha Djikhi, avocat de la victime. La condamnation à un dédommagement de 600.000 DH n’a toujours pas été exécutée. Puis il y a eu le cas de Youssef Mahmoud. Agé de 4 ans, il a été attaqué par 2 Rottweilers, et en a perdu l’usage de la voix. Les chiens l’ayant attaqué au niveau des cordes vocales. En guise de réparation, le tribunal de première instance de Casablanca a condamné le propriétaire à verser 200.000 DH à la victime.
    Les familles se sont constituées par la suite en association pour sensibiliser l’opinion publique. S’en est suivi une première mouture qui a divisé le monde associatif. Un collectif de 10 associations a été créé ad hoc afin de proposer des amendements à ce qui était alors un simple projet de loi. La fondation Brigitte Bardot monte au créneau et dénonce une «extermination programmée pure et simple de la race canine». La fondation proclame son soutien à 4 associations marocaines, comme SOS animaux au Maroc et l’Association Hanane pour la protection des animaux et de l’environnement (AHPAE).
    La  présidente de cette dernière, Hanane Abdelmoutalib, affirme que «cette loi vise non seulement une catégorie de chiens taxés de dangereux par rapport à des critères physiques et non de vécu ou d’éducation, sans preuve apportée d’antécédents de morsures ou d’agressivité, mais traite aussi de tous les chiens, du plus petit au plus gros, avec une vision peu réaliste des applications concrètes d’une telle loi». Seulement, la loi impose la traçabilité de tous les chiens, la vaccination et la stérilisation ainsi que l’identification des propriétaires. A cet argument elle rétorque que «la loi condamne sur des bases physiques l’animal et non sur l’aptitude du maître à détenir un chien quel qu’il soit. Tout chien, peu importe sa taille, est susceptible d’être dangereux s’il est placé dans des conditions de mauvais traitements démultipliant les risques d’agressivité».
    Du côté des initiateurs, l’on estime que ces associations se trompent de combat. Azzouz Awane, fondateur de l’Association Najwa pour les victimes des chiens (voir encadré), dément toute velléité «exterminatrice». Il se défend «de mener un combat contre les animaux», il dit simplement lutter contre «l’incivisme qui a mené à des drames humains, surtout lorsque la victime est un enfant». Pour lui, il s’agit surtout de «donner une base légale pour la répression des infractions du fait des animaux, et permettre ainsi aux autorités de répondre aux différentes plaintes classées sans suite».


    Abdessamad NAIMI

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