Evénement

Nouvelle majorité
Les négociations démarrent vraiment

Par | Edition N°:4090 Le 07/08/2013 | Partager
Un 2e round entre les patrons du PJD et du RNI
Les exigences de Mezouar face à la proposition minimale de Benkirane
Le projet de budget 2014 compromis?

Salaheddine Mezouar, tout seul dans ces négociations, devra faire preuve d’un sens aigu de la diplomatie pour imposer ses conditions à Benkirane, renforcé par la présence de Abdellah Baha, et appuyé, en coulisses, par ses deux alliés politiques, Mohand Laenser et Nabil Benabdallah

Le 2e round des négociations entre  le chef du gouvernement et Salaheddine Mezouar a commencé lundi soir. Le président du RNI, qui était seul, a quitté la résidence de Abdelilah Benkirane vers 2 heures du matin. Lors de cette rencontre, Benkirane était accompagné de Abdellah Baha, ministre d’Etat.
Pour préparer cette séance, le chef du gouvernement s’était réuni samedi dernier avec ses deux alliés Mohand Laenser et Nabil Benabdallah. La décision prise est d’écouter l’offre de Mezouar, sans imposer de conditions. Abdelilah Benkirane doit revenir vers ses alliés pour leur rendre compte, avant  de choisir  la contre-proposition à faire  au président du RNI.  Sachant que ceux-ci veulent conserver le statu quo, même si plusieurs de leurs cadres n’ont pas dissimulé leur ambition d’être ministre dans le gouvernement Benkirane II. A la limite, ces alliés pourront se lâcher, dans une première étape, sur la présence féminine dans le prochain  gouvernement, histoire de réparer l’erreur de Benkirane, avec une seule femme ministre. Le chef du gouvernement avait promis de réparer cette injustice avec des nominations aux fonctions supérieures. Or, pas grand-chose n’a été fait dans ce sens, à part porter une femme, proche du PJD, à la tête de la Caisse de compensation.
Mezouar a mis sur la table les recommandations du Conseil national du RNI avant de lui accorder la délégation des négociations. En tête, la refonte du programme gouvernemental. Si la confection d’un nouveau, avec le passage au Parlement, prendra du temps, l’idée de l’amender fait son chemin. Idem pour l’architecture du gouvernement que le RNI veut modifier pour la faire correspondre aux nouvelles priorités économiques. Cette proposition sera soumise à la discussion au sein de ce qui reste de la coalition gouvernementale. Autre exigence du RNI, l’amendement de charte de la majorité. L’idée est d’y introduire un mécanisme politique pour que les concertations s’étendent  au travail du Parlement.
Reste que pour sortir de la crise gouvernementale et recomposer une nouvelle majorité, Abdelilah Benkirane ne semble pas pressé alors que le temps joue contre lui. Pis, il donne l’impression de se complaire dans la situation de la «gestion des affaires courantes». D’ailleurs, le timing pour la préparation du projet de budget 2014 semble compromis. Déjà à la fin de la semaine d’août le chef du gouvernement n’a pas encore adressé de loi d’orientation pour la préparation de la prochaine loi de Finances. Surtout que le budget pour 2014 devrait comporter des dispositions importantes pour le démarrage de la fiscalisation des grandes exploitations agricoles, après une longue période d’exonérations qui aura duré plus de 30 ans. Quoique ce retard peut être positivé, en permettant au président du RNI d’y inclure sa vision de la relance économique. En tant qu’ancien ministre des Finances, il voudra marquer de ses empreintes la loi de cadrage et le prochain budget.
Traditionnellement, le ministre des Finances se présente la mi-juillet devant les parlementaires pour présenter l’état d’exécution de la loi de Finances en vigueur et les grandes lignes du projet de budget en préparation. Aujourd’hui, ni Nizar Baraka ni Driss Azami n’ont jugé utile de faire le déplacement au Parlement pour s’acquitter de cette mission. Or, ce qu’il faut relever c’est que le ministre de l’Economie et des Finances Nizar Baraka est chargé d’expédier les affaires courantes. Et donc, à ce titre, il ne peut prendre de décisions qui engageraient le gouvernement.
Certes, au niveau technique, les cadres du ministère des Finances, à la direction du budget ou aux impôts, continuent de travailler sur le projet de budget pour 2014. C’est au niveau politique que les choses semblent bloquées. D’autant que les deux ministres des Finances avaient promis de commencer à mettre en œuvre les dispositions prévues par la réforme de la loi organique des finances, particulièrement dans son volet d’implication du Parlement dans la préparation du projet de budget. Une promesse visiblement non tenue.

Casting

Les patrons des trois partis alliés que sont le PJD, le MP et le PPS doivent profiter des négociations en vue du gouvernement Benkirane II pour revoir le casting de leurs ministres. C’est une occasion en or au lieu d’attendre un remaniement à mi-parcours d’ici la fin de l’année. 20 mois au gouvernement sont suffisants pour distinguer entre les ministres méritants et les défaillants. Et surtout satisfaire les ambitions des cadres qui veulent devenir ministres.

Mohamed CHAOUI

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc