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    Equipes réduites: Comment les rendre plus efficaces?

    Par L'Economiste | Edition N°:4084 Le 29/07/2013 | Partager
    Flexibilité et polyvalence… les compétences clés à développer
    Instaurer un processus délégué et fixer des objectifs réalistes également
    Objectif: responsabiliser et impliquer davantage les salariés

    De plus en plus d’entreprises sont contraintes de travailler en équipes réduites pour diminuer leurs coûts  et faire face à la crise. Afin d’en optimiser le fonctionnement, il est conseillé de développer la flexibilité et la polyvalence parmi les salariés, mais également de leur attribuer des objectifs réalistes et adaptés à ce type de configuration

    AFIN de faire face à la crise économique actuelle et de réduire les coûts, de plus en plus d’entreprises réduisent les effectifs et optent pour la qualité plutôt que pour la quantité. Ainsi, en France, l’usine PSA Peugeot Citroën d’Aulnay-sous-Bois fonctionne depuis juin avec une seule équipe au lieu de deux. Une stratégie qui tend à se généraliser aussi au Maroc. Quels sont les outils et méthodes pour accroître momentanément la productivité d’une équipe de travail réduite? Quel comportement le manager de l’entreprise concernée doit-il adopter?
    Pour optimiser les forces d’une équipe réduite, des moyens concrets peuvent être mis en œuvre. Tout d’abord, il est conseillé de développer la polyvalence, l’entraide et la flexibilité entre les différents collaborateurs. Des compétences qui permettront à chaque employé de prendre en charge plusieurs tâches à la fois et de gagner en efficacité, en réactivité et en empathie, selon Younes Nejjar, consultant en management stratégique et fondateur du cabinet Pro Act. «La polyvalence représente un atout de poids pour pouvoir contre-balancer la réduction d’équipe, que ce soit ponctuellement ou durablement», confie dans ce sens Daniel Dos, consultant en management et en RH au sein du cabinet Idiome Concept.

    Un enjeu stratégique

    OPTIMISER l’organisation d’une équipe réduite et en garantir l’efficacité sont primordiax pour l’entreprise. Une meilleure gestion d’équipe permet de réaliser un gain de temps considérable et d’accroître le profit ou encore de réduire les coûts mais également de répondre plus facilement aux besoins du marché. «Multiplier savoir, savoir-faire, savoir-être et compétences tout en réduisant ses effectifs ne peut être que rentable et utile à long terme», confie Younes Nejjar. En effet, dans un contexte de crise économique, de compétitivité poussée à l’extrême et de concurrence exacerbée entre les entreprises, une réduction des effectifs réalisée avec succès permet d’assurer la pérennité de l’entreprise en question et d’atteindre les objectifs, d’après Daniel Dos.

    En cas de manque d’effectif, il s’avère aussi important de fixer des objectifs réalistes  à court terme et de les renouveler régulièrement afin d’entretenir la confiance et la motivation des salariés en question. Ces objectifs devront être par ailleurs simplifiés et clarifiés au maximum d’après la consultante et DG de Rayonnance conseil, Nadia Jalal. Autre moyen de mieux gérer une «fonte d’employés», l’intégration par l’ensemble des collaborateurs de la vision stratégique et des enjeux de l’entreprise, qui permettra de mieux les impliquer et agira ainsi sur eux comme un booster, selon Jalal. Un véritable processus de responsabilisation qui peut aussi prendre la forme d’une certaine marge de liberté accordée par le patron aux employés concernant leurs méthodes de travail, leurs objectifs, leurs budgets ou encore leurs besoins.

    Le rôle du manager également capital!

    LE manager joue un rôle primordial dans l’optimisation d’un système d’équipes réduites. Ce dernier doit tout d’abord entretenir une relation de proximité avec ses employés. En effet, face à une augmentation de la quantité de tâches à accomplir, laisser ses collaborateurs sous pression peut s’avérer plus que néfaste. Selon Younes Nejjar, le manager doit alors les guider et les épauler durant au moins quelques mois, le temps qu’ils s’adaptent à cette nouvelle configuration de travail. D’autre part, afin de garantir le rendement de l’entreprise, le manager doit devenir un véritable leader et agir en tant que tel. Ce dernier doit ainsi valoriser et encourager son équipe, développer une lecture active et continue de son entourage, selon Nadia Jalal. Mais pas seulement. «Pour rendre efficace une équipe à effectifs réduits, le manager doit passer du statut de manager «manitou», qui sait tout et contrôle tout, à celui de manager facilitateur, qui devient une véritable ressources pour ses collaborateurs menant à leur épanouissement», affirme dans ce sens Nezha Hami Eddine, consultante à Cap RH. Il doit aussi réduire son niveau d’exigence et ne pas placer l’équipe dans une situation de pression.

    «Les salariés ne doivent pas être figés en cas de diminution des effectifs. Au contraire, ils doivent faire preuve de créativité et d’initiative que ce soit en termes de solutions proposées ou de modes opératoires», explique dans ce sens Younes Nejjar. Enfin, une meilleure organisation peut aussi être obtenue par la mise en place d’un «processus délégué», lequel se caractérise par l’instauration d’un système de réunion spécifique et différent des réunions habituelles. En effet, chaque collaborateur adoptera tour à tour des rôles bien déterminés et stratégiques comme celui de «pousse décision», consistant comme son nom l’indique à prendre les bonnes décisions au bon moment. Des réunions particulièrement dynamiques et constructives qui permettront aux salariés d’acquérir de l’autonomie et de développer un véritable leadership participatif.

    Un système contraignant

    TRAVAILLER en équipes réduites peut comporter beaucoup de points noirs si le système organisationnel en question n’est pas correctement géré. Tout d’abord, une équipe fonctionnant avec moins de collaborateurs peut rapidement devenir victime de situations de «burnout». D’autre part, un déficit de salariés peut aisément entraîner une baisse au niveau de la qualité de travail et un manque progressif de rigueur. Ainsi, face à un surplus de tâches, les employés en question finissent par les «chevaucher» au lieu de les traiter en profondeur. Enfin, un tel système requiert souvent une présence excessive, voire une véritable mobilisation du patron de l’entreprise, qui pourrait durant ce laps de temps instaurer d’autres actions plus stratégiques pour l’entreprise.

    Karim AGOUMI

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