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La traque à la fraude s’intensifie

Par L'Economiste | Edition N°:4084 Le 29/07/2013 | Partager
Le contrôle révèle l’ampleur de l’insécurité alimentaire
Poisson, viandes, lait, dattes, boissons et miel, les plus contaminés
L’import et la restauration collective, des sources d’insalubrité

Notre assiette est-elle frelatée? A en croire les données de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires, pas un produit consommé n’est à l’abri de la fraude. Une pratique qui a pris des proportions alarmantes vu l’ampleur des volumes des aliments saisis et détruits durant les deux premières semaines du mois de Ramadan. Une période durant laquelle les inspections de l’ONSSA couplées avec les autres services ont été renforcées. Environ 26.000 visites des points de vente ont été réalisées sur la période. Et le bilan est trop lourd: des centaines de tonnes de produits alimentaires ont été déclarées impropres à la consommation. De fait, il s’agit de produits que le Marocain consomme tous les jours. Excepté quelques spécialités comme la pâtisserie traditionnelle, le miel ou encore les dattes, tout le reste fait l’objet de manipulations frauduleuses. Le comble! Aucun circuit n’est épargné, le commerce intérieur tout comme l’import ou encore la restauration. C’est à se demander de quel stratagème faut-il user pour sécuriser son assiette.
Qu’on en juge par les chiffres. 
En quinze jours, les inspecteurs de l’ONSSA ont saisi et détruit près de 600 tonnes de poissons, 69 de viandes rouges, 26 de viandes blanches et 50 tonnes d’abats. S’ajoutent également  des lots de produits carnés, 1,8 tonne de charcuterie. Non-respect des normes d’hygiène sanitaire, mauvaises conditions de transport, de manipulation et de stockage approprié, les principaux constats relevés dans les PV dressés par les contrôleurs. Le défaut de stockage sous froid est également constaté pour les produits laitiers dont 2,8 tonnes ont été détruites. Eaux minérales, boissons gazeuses et jus de fruits et légumes ne sont pas en reste. Au total, 620 litres de ces liquides, généralement bien étiquetés, ont été déclarés nocifs pour la santé humaine. Les dattes, ces fruits fort demandés durant le mois de jeûne, sont aussi frelatés: 6,8 tonnes de dattes d’origine locale et d’importation sont passées à l’incinération. Même le miel, ce produit de ruche que l’abeille sécurise par son conservateur naturel fait l’objet de manipulation frauduleuse. La saisie a porté sur 344 kilos. Et la liste n’est pas exhaustive. Elle s’allonge à plusieurs autres produits tels les farines, les pâtes, les biscuits, la pâtisserie, les conserves, les confitures, la margarine…
Le phénomène est aussi manifeste à l’import. Le renforcement du contrôle aux frontières a en effet mis à nu la mauvaise qualité de produits importés. Rien qu’en l’espace de la seconde semaine du mois de Ramadan, 448 tonnes de produits alimentaires ont été refoulés. Ce lot est constitué pour l’essentiel de produits laitiers  (390 tonnes), des dattes (48 tonnes) et de poisson (10 tonnes). L’ONSSA ne précise pas l’origine de ces produits ni les marques des importateurs. D’ailleurs, l’anonymat est également «garanti» aux distributeurs et restaurateurs que l’Office contrôle. 
Pourtant, les dégâts sanitaires provoqués par la restauration extérieure sont énormes. Les services de la Santé publique estiment à 80% la part des intoxications dues à l’alimentation. Sur les 15 premiers jours du mois de Ramadan, pas moins de 750 plats cuisinés ont été retirés du circuit de la restauration collective.
Selon un contrôleur, l’essentiel des plats est constitué de poisson, viande hachée et de salades avec des conserves. Plusieurs raisons expliquent la situation.
A commencer par la contamination croisée des aliments faute de séparation des aires dédiées au stockage. «Des légumes cohabitent avec le poisson et les viandes dans les cuisines d’un restaurant de haute facture», révèle un inspecteur. Certains restaurants ne disposent même pas de chambre froide pour y organiser l’entreposage, est-il précisé. L’insalubrité des locaux et du matériel ainsi que l’absence d’hygiène du personnel constituent le lot de la plupart, pour ne pas dire la quasi-totalité des gargotes. Mais ce n’est pas tout.
Des comportements à proprement criminels sont aussi observés. Sinon, comment expliquer le fait qu’un restaurateur se permet de servir un plat de poisson décongelé et recongelé à plusieurs reprises.
Comment aussi interpréter les agissements de ce grossiste épinglé la semaine dernière en flagrant délit de mise sur le marché des produits périmés?

 

A. G.

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