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Société

Un dialogue interculturel indispensable à l’Unité africaine

Par L'Economiste | Edition N°:4082 Le 25/07/2013 | Partager
Il bute sur le manque d’application des conventions décidées par les Etats membres
Les décideurs doivent être conscients de la nécessité des politiques culturelles communes

Pour Lalla Aïcha Ben Barka, sous-directrice générale de l’Unesco chargée du département Afrique, la réflexion sur le dialogue interculturel a permis d’en préciser la spécificité par rapport aux autres interactions humaines

- L’Economiste: Comment plusieurs entités de cultures différentes peuvent-elles vivre au sein d’une même société?
- Lalla Aïcha Ben Barka: Je pense que l’histoire nous a prouvé que des populations de cultures différentes peuvent vivre ensemble pendant très long temps. Je me limite au cas du Mali. Dans ce pays, qualifié de nation en Afrique, les mêmes peuples ont vécu ensemble dans un large territoire depuis le 8e siècle de l’empire du Ghana jusqu’à l’arrivée des colonisateurs européens. C’est extrêmement important cette volonté de vivre ensemble dans un seul pays dans le cadre d’une même nation qu’on appelle empire dans le passé et république aujourd’hui. Mais avec la crise actuelle du Mali, on s’interroge comment les communautés de ce pays sont sorties de cette entente de vivre ensemble depuis plus de mille ans. Je pense qu’avec la mondialisation, il y a énormément de facteurs que nous devons prendre en compte. Et aujourd’hui, l’instauration du dialogue interculturel est encore plus importante, parce qu’elle permet effectivement de regarder les nouveaux facteurs se rapportant à d’autres questions d’ordre géostratégique, géopolitique, etc.

- Que fait l’Unesco pour promouvoir le dialogue culturel?
- L’Unesco avec les Etats membres ont pris énormément de conventions pour pouvoir préserver d’abord la culture mais aussi la diversité culturelle. Mais le problème reste le passage à leur application. Voilà un nouveau champ de bataille sur lequel notre organisation s’investit énormément pour s’assurer que ces conventions décidées par les Etats membres sont effectivement adoptées par les parlements et les assemblées nationales de ces pays pour qu’elles soient mises en application.

- Comment appréciez-vous aujourd’hui la place de la culture dans les politiques publiques?
- Je pense qu’aujourd’hui les décideurs comprennent de plus en plus la nécessité d’avoir des politiques culturelles. Certes, ces dernières vont porter sur des questions traditionnelles, mais également sur des interrogations d’actualité ainsi que des questions émergentes. Les ministères de la Culture, autrefois dotés de maigres moyens, peuvent aujourd’hui grâce à des budgets plus conséquents, s’investir davantage dans la promotion et le développement de la culture. D’ailleurs, en 2010, lors de l’évaluation des Objectifs du millénaire pour le développement, l’Unesco s’est battu pour mettre la culture dans les documents des OMD. Car aujourd’hui, on ne peut pas parler de développement sans culture. Cela constitue un nouveau champ de bataille pour notre organisation.
Propos recueillis par
Noureddine EL AISSI

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