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    Economie

    Prix du médicament
    L’Istiqlal réclame une nouvelle politique

    Par L'Economiste | Edition N°:4081 Le 24/07/2013 | Partager
    L’objectif est d’y introduire des mécanismes pour la réduction des prix
    Un Observatoire et une centrale d’achats à mettre en place
    Réactualiser la loi en vigueur pour encourager la production nationale

    La cherté des prix du médicament n’est pas due à la marge de bénéfices des pharmaciens d’officines, estiment les participants à une journée d’étude sur ce sujet

    LE Maroc a besoin d’une nouvelle politique du médicament pour faire face à la cherté des prix. Telle est la conviction des participants à une journée d’étude, organisée par le groupe parlementaire de l’Istiqlal à la Chambre des représentants, lundi dernier à Rabat. Une occasion pour pointer les défaillances du secteur, comme l’absence de continuité dans la politique puisque chaque nouveau ministre rompt avec le plan d’action de son prédécesseur.
    Sachant que c’est l’Istiqlal qui a dirigé le ministère de la Santé durant la période 2007-2011. Mais pour Hamid Chabat, secrétaire général de l’Istiqlal, ces dysfonctionnements sont également dus à l’approche unilatérale adoptée par l’actuel ministre. 
    Les raisons de la défaillance de l’actuelle politique sont également d’ordre financier. Selon Abdallah Bourkadi, président de l’Alliance des pharmaciens istiqlaliens, le budget alloué à l’approvisionnement des médicaments ne permet pas de mettre en œuvre les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. «Ce montant ne dépasse pas 5,3% du budget global. Sachant que seule la moitié de cette enveloppe est réellement dépensée», affirme t-il.
    D’autres éléments expliquent la cherté des prix. Pour le directeur de la Cnops, Abdelaziz Adnane, également présent, «ni la marge des bénéfices des pharmaciens d’officines, ni la forte TVA (7%), ne sont à l’origine de ce niveau excessif de prix». «Ce sont plutôt les industriels qui appliquent des tarifs trop élevés», rappelle-t-il. Même son de cloche chez Karim Ait Ahmed, membre de l’Alliance, qui estime que le Maroc ne dispose pas de politique du médicament puisque ce secteur ne fonctionne qu’avec des arrêtés et des décrets. Pour lui, la principale cause est le monopole des multinationales. «La loi stipule que les laboratoires multinationales doivent avoir des unités de production au Maroc pour pouvoir commercialiser leurs produits sur le territoire national. Or, ce dispositif n’est pas respecté», déplore t-il. D’où l’intérêt de revoir la loi en vigueur pour encourager la production locale et mettre ainsi fin au monopole de ces multinationales.
    Par ailleurs, Ait Ahmed a estimé que le ministère de la Santé assume une part de responsabilité dans la persistance de la cherté des prix. Pis encore, «les tarifs que ce département négocie lors d’une adjudication sont faibles par rapport aux prix de gros», ajoute Ait Ahmed. Ce pharmacien istiqlalien a cité l’exemple d’un médicament que le ministère acquiert à 3,36 DH tandis qu’il est commercialisé aux officines à 170,10 DH.
    Les intervenants ne se sont pas contentés de soulever les maux du secteur. Ils ont aussi saisi l’occasion pour faire des recommandations sachant que celles du rapport de 2009 de la commission des finances et du développement économique de la première Chambre n’ont pas été mises en œuvre.
    En tout cas, en tête de leurs propositions, la mise en place de mesures compensatoires en faveur des pharmaciens. L’actuel ministre semble se diriger vers cette voie en proposant de porter la marge de ces professionnels à 34% pour les princeps et à 33% pour les génériques contre 30% actuellement. Son initiative s’est heurtée aux pressions des industriels du secteur qui estiment que cette mesure contribuera à la dégradation de leurs chiffres d’affaires. Pour les intervenants, El Haussaine Louardi a resisté aux pressions de ces lobbies. D’ailleurs, Karim Ait Ahmed se demande pourquoi la problématique du prix du médicament n’a pas été soulevée lors des 2es assises de la santé qui se sont tenues début juillet à Marrakech. Pourtant, «il est anormal que le Marocain continue à acheter les médicaments à des prix plus élevés que ceux pratiqués en Suisse ou en France», regrette le directeur de la Cnops. Pour lui, il est temps de créer un Observatoire du médicament. Abdelaziz Adnane propose également de mettre en place une centrale d’achats. L’objectif est de veiller à l’équilibre entre le département de la Santé et les pharmaciens d’officines en matière de tarifs auxquels ils acquièrent les médicaments.

    Un manque à gagner pour la Cnops

    LE projet de loi, actuellement discuté au Parlement, qui impose à la Cnops de fermer ou de déléguer la gestion de ses pharmacies, aura un impact négatif sur son chiffre d’affaires. Selon son directeur,  «cette nouvelle disposition va générer chez la Caisse un manque à gagner de 58 millions de DH par an».

    Hajar BENEZHA

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