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    Grève de la mine d’Akka
    Managem privilégie la négociation

    Par L'Economiste | Edition N°:4081 Le 24/07/2013 | Partager
    Un mouvement porté par la CDT
    Le minier propose un redéploiement des grévistes sur d’autres projets
    940 millions de DH d’investissement pour cette année

    Ismail Akalay, directeur général de Managem Pôle Métaux, estime que l’ensemble des employés de la mine d’Akka doivent être traités de la même façon. «L’appartenance à un syndicat ne doit pas favoriser un mineur sur un autre», estime le DG

    La petite localité d’Akka, située dans la province de Tata, fait encore parler d’elle. Avec ses 7.102 habitants (recensement 2004), ce village minier est à nouveau sous les feux des projecteurs. Déjà l’année dernière,  la mine de Managem à Akka a connu un violant mouvement de grève (voir L’Economiste du 12 mars 2012). Poussée par la CDT, une nouvelle grève a été enclenchée depuis le 11 juillet. Aujourd’hui, les choses se corsent puisque près  de  140  employés  de  différentes  entreprises  et membres  du même syndicat ont rallié le mouvement. Managem se dit ouverte à toutes discussions avec les grévistes. Ismail Akalay, DG Managem Pôle Métaux de base, livre la position du groupe

    - L’Economiste: Comment la grève a éclaté à Akka?
    - Ismail Akalay: La mine d’Akka, qui était à l’origine une mine d’or, s’oriente vers le cuivre. Actuellement, nos ressources en or sont en épuisement. Par conséquent, nous avons été amenés à fermer l’un des chantiers. Ce site a été exploité par un sous-traitant, Top Forage qui emploie 26 personnes. Nous avons proposé à Top Forage de nous accompagner sur d’autres projets dans la région de Zagora et d’intégrer ses employés dans le nouveau site. Sur les 26 mineurs, 14 ont été indemnisés, 4 sont partis à la retraire et 4 ont accepté la mutation. Les ouvriers restants, et qui sont affiliés à la CDT, se sont opposés à toutes les solutions. Le syndicat réclame leur intégration à la mine d’Akka. Une proposition que nous refusons totalement puisqu’elle n’est pas équitable vis-à-vis des autres employés. Cela va également créer un précédent dans la mine qui emploie 800 personnes. A partir de ce moment, la CDT a lancé un appel à la grève auquel ont répondu les employés de Top Forage et d’autres sous-traitants. Le mouvement a démarré avec 140 personnes. Aujourd’hui, une soixantaine d’employés sont en sit-in. Deux des salariés concernés ont accepté l’indemnisation. Sincèrement, il s’agit d’un faux problème et il ne faut pas que ces personnes soient victimes d’une surenchère.  
    - Quelles sont les conséquences sur la production de la mine?
    - Il n’y a aucune conséquence sur la mine qui est en sureffectif puisque la production de l’or a baissé de 25 à 30% en comparaison avec l’année dernière. Le cuivre a pris la relève depuis  5 ans. Akka est aujourd’hui une mine de cuivre.

    - Les riverains dénoncent également une pollution de l’eau?
    - La mine est située dans une zone désertique où il n’y a pas de nappe phréatique. L’arrêt de l’activité de l’or va réduire considérablement les nuisances. Malgré cela, il y a deux mois, la mine a été certifiée ISO 4001, qui est une norme environnementale malgré l’absence de réglementation au Maroc.

    - Aujourd’hui, quelle est l’issue de ce bras de fer?
    - Nous sommes toujours ouverts à la négociation. Actuellement, une réunion se tient à la province de Tiznit entre le sous-traitant et les employés, à la demande de la CDT. Nous finirons par trouver une solution qui permettra de dépasser ce conflit.

    - Quels sont les principaux projets de Managem?
    - Cette année nous avons démarré deux projets. La mine de cuivre de Bleida a été rouverte en janvier après sa fermeture en 1998. Cela a permis de créer 250 emplois pour un investissement de 180 millions de DH. Nous avons lancé un autre projet à la mine polymétallique de Guemassa, dans la région de Marrakech. Les résidus du traitement de ces minerais ont été stockés depuis  1992. Notre centre de recherche a développé un procédé qui permet de retraiter ces résidus. L’opération permettra de produire de l’acide sulfurique, du concentré de fer et de l’électricité.  Ce projet  qui a démarré en février contribue à faire face à 15% de notre besoin en énergie électrique sans dégager de CO2. Le site emploie 150 personnes pour un investissement de 260 millions DH. Par ailleurs, nous construisons une nouvelle mine de cuivre à Oum Jerrane, près de Tinghir. Le démarrage est prévu pour la fin de l’année. La mine nécessitera une enveloppe de 500 millions de de DH pour 300 emplois. Au moment où nous réduisons les effectifs de la mine d’Akka, nos projets permettent d’absorber ce sureffectif et de recruter de nouvelles personnes.  

    - Où se situe le développement durable dans ces investissements?
    - Dans chaque projet, nous avons déployé beaucoup d’effort autour de la problématique de l’eau qui est rare dans les régions où nous sommes implantés. Nous avons des budgets conséquents pour creuser des puits et les équiper en système de distribution d’eau. Le principe de solidarité avec les villages avoisinants  est très présent dans notre stratégie.
    Propos recueillis par
    Ilham BOUMNADE

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