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    Analyse

    Ancienne médina de Casablanca
    Des techniques inédites pour un chantier compliqué

    Par L'Economiste | Edition N°:4081 Le 24/07/2013 | Partager
    Des expertises pour éviter les effondrements
    1.290 bâtiments menaçant ruine diagnostiqués

    Azzeddine Hafif, chef de la direction foncière et de l’aménagement urbain à l’agence urbaine: «Compte tenu de la complexité et la vétusté du tissu de l’ancienne médina de Casablanca, il a été jugé impératif d’adopter une méthodologie d’intervention appropriée, afin d’éviter les risques d’effondrement»

    - L’Economiste: Les travaux sont bien avancés et le projet pourrait être livré avant même l’échéance. A quoi est due cette performance?
    - Azzeddine Hafif: Je dirais plutôt que c’est grâce à l’organisation de la mise en œuvre du projet, assurée par le maître d’ouvrage, l’agence urbaine de Casablanca, épaulée par un comité de suivi (ndlr: composé des représentants des ministères des Finances et de l’Intérieur et du Fonds Hassan II pour le développement économique et social) et un comité de pilotage (ndlr: société civile et administration) que nous avons pu avancer rapidement. Il faudrait signaler aussi la forte implication de la société civile et le recours à des entreprises spécialisées ayant acquis une expérience en matière d’intervention dans les anciennes médinas.

    - Avez-vous opté pour des techniques particulières pour éviter tout effondrement lors des travaux?
    - Compte tenu de la complexité du tissu de l’ancienne médina de Casablanca, connu pour sa précarité et sa vétusté, il a été jugé impératif d’adopter une méthodologie d’intervention appropriée, afin d’éviter les risques d’effondrement. Au préalable, et avant toute intervention, une expertise des constructions situées le long des réseaux a été établie par un bureau d’étude spécialisé. Il a recommandé les mesures adéquates à prendre comme les moyens d’étayement et de blindage des parois. En plus, les travaux ont été réalisés dans les tranchées existantes et sur des longueurs très courtes ne dépassant pas six mètres. Nous avons aussi utilisé des engins adaptés et des conduites en PEHD et PVC faciles à déplacer et à déposer, tout en interdisant l’utilisation de matériel d’excavation et de compactage vibrant.

    - Qu'est-ce qui a été fait pour l'éradication des maisons menaçant ruine?
    - L’agence urbaine a réalisé un diagnostic de plus 1.290 bâtiments, lequel a permis d’appréhender l’ampleur du phénomène et, aux autorités locales, d’agir par des mesures préventives qui s’imposent telles que la fermeture et l’évacuation des maisons sinistrées ou encore l’hébergement et le relogement des ménages concernés.

    Plus de 3.000 commerçants recensés

    Un recensement réalisé par le département du Commerce et la Chambre de commerce et d’industrie a permis d’identifier les commerçants éligibles à la réorganisation et au réaménagement. Ils sont ainsi 3.025 commerçants au total qui œuvrent à l’ancienne médina dont 26% vendent des vêtements, 13% des fruits, légumes et épices et 10% des aliments et tabac. Sur les 200 demandes formulées par les opérateurs, 134 ont été traitées. Il a été ainsi procédé au réaménagement des locaux, la modernisation des équipements (dans le cadre du plan Rawaj) et la formation des commerçants sur l’hygiène et les règles fondamentales du commerce.

    Une muraille et cinq portes

    La médina de Casablanca compte aujourd’hui cinq principales portes et 16 ouvertures. Seule Bab Marsa subsiste dans sa forme originelle, en dépit des légères transformations qu’elle a subies. Deux autres portes (Bab Marrakech et Bab Lekbir) demeurent de nos jours, mais sont complètement déformées. En plus de Bab Al Afya, considérée comme une création relativement récente (vraisemblablement au siècle précédent), les trois autres portes (Bab Rha, Bab Lekdim, Bab Jdid) ont laissé place à de simples ouvertures créées pour des raisons de circulation. Le diagnostic, réalisé par les architectes du projet, révèle l’existence d’un certain nombre de dégradations. Elles sont dues essentiellement aux agressions extérieures (portes, ouvertures et accolement des constructions à la muraille), au vieillissement, à l’absence d’entretien, aux restaurations non conformes et au décollement des enduits dû au ruissellement et à l’infiltration des eaux. Les travaux de restauration de la muraille (1.793 mètres linéaires) et de Bab Marsa sont aujourd’hui achevés. Ceux en cours à Bab Lekbir-Borj Mellah ainsi qu’au niveau de la galerie commerciale sont avancés à hauteur de 30%.

    Propos recueillis par
    Bouchra SABIB

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