×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste



eleconomiste
Vous êtes 203.440 lecteurs à vous connecter sur leconomiste.com chaque jour. Vous consultez 254.995 articles (chiffres relevés le 29/5 sur google analytics)
Evénement

Rapport BAM
La croissance trop pauvre en emplois

Par L'Economiste | Edition N°:4078 Le 19/07/2013 | Partager
1 point de création de richesse génère 24.000 nouveaux postes
En 2012, le secteur des services a été le seul pourvoyeur d’emplois

Entre 2007 et 2012, le Maroc a connu un taux de croissance annuel moyen de 4,1%. Ce qui a permis de créer 97.000 postes par an. Mais le ralentissement de la croissance en 2013 et 2014 n’augure rien de bon sur le front de l’emploi

A chaque point de croissance correspond la création de 24.000 nouveaux emplois. C’est ce que l’on retient de l’analyse des six dernières années. Ainsi, entre 2007 et 2012, le taux de croissance annuel moyen a été de 4,1%. Au cours de cette période, 583.000 emplois ont été créés, soit 97.000 postes par an. Un rythme insuffisant pour faire reculer de manière substantielle le chômage. En effet, au cours de la même période, la population active de 15 ans et plus est passée de 11,15 à 11,55 millions de personnes, soit 67.000 nouveaux actifs par an. Ce qui se traduit par un solde de 1,04 million de chômeurs. Par conséquent, pour pouvoir réduire de manière significative le chômage, il faut un taux de croissance minimum de 7% par an. On est loin du compte avec 2,7% en 2012.
Selon le rapport de Bank Al-Maghrib (BAM) pour 2012, le chômage a été relativement stable l’année dernière. Mais à y regarder de plus près, la situation de l’emploi s’est dégradée de manière significative. A l’origine de cette détérioration, le repli de la production agricole et le ralentissement des activités non agricoles.
Par secteur, les services ont été les seuls pourvoyeurs d’emplois avec 111.000 postes au niveau urbain. Ces emplois se sont concentrés dans les services personnels (33.000 postes), commerce de détail & réparation d’articles domestiques (32.000 emplois) et services domestiques (15.000). A l’inverse, les pertes d’emplois (110.000) ont surtout concerné les secteurs de l’agriculture (59.000), de l’industrie y compris l’artisanat (28.000) et du BTP (21.000).
De tous les secteurs, c’est le BTP, laminé par la crise, qui a subi la baisse la plus sévère après une période d’euphorie entre 2003 et 2012. Pour sa part, l’industrie, y compris l’artisanat, a été marquée par la contraction de ses effectifs, qui remonte à 2009.
Depuis 2000, la cartographie du marché de l’emploi par secteur montre une mutation progressive de la structure du travail. Ainsi, avec 39,3%, le secteur des services devient le premier employeur devant l’agriculture (39,2%).
La détérioration du marché du travail est assortie d’un repli du taux d’activité qui a touché toutes les catégories de la population. Ce qui se traduit par une légère hausse du taux de chômage, qui a atteint 9% contre 8,9% en 2011. Ce sont les jeunes citadins qui accusent la plus importante hausse. Ainsi, un sur trois jeunes de 15 à 24 ans et un parmi cinq de la tranche 25-34 ans sont sans emploi. Selon le dernier rapport de BAM, 1,04 million de personnes sont exclues du marché du travail. La moitié sont à la recherche de leur premier emploi et les deux tiers sont au chômage de plus d’un an.
La population active, âgée de 15 ans et plus, est estimée à 11,55 millions de personnes, en augmentation de 0,1% contre 0,8% en 2011 et 1% en moyenne au cours de la période 2007-2011. Une croissance de 1,6% de la population active de 15 ans et plus se traduit par une baisse du taux d’activité, qui est à 48,4% en 2012 contre 49,2% au cours de l’année précédente. Le benchmark avec d’autres pays montre que le taux d’activité chez les 15-64 ans, qui est de 51,6% au Maroc, reste inférieur à celui enregistré dans les pays avancés ou en développement. Il est de 62,8% en Malaisie, 70,6% en France et 80,4% en Chine. En comparaison avec la région Mena (50,2%), le Maroc tire son épingle du jeu. Sauf que le taux d’activité dans cette région est relativement bas à cause de la faible implication de la femme dans le marché du travail.
Sur les 1,04 million de chômeurs, 52,1% sont à la recherche de leur premier emploi. Parmi ces jeunes diplômés, bon nombre mettront plusieurs années avant de se caser. A mesure que le temps passe, les chances de décrocher un emploi s’amenuisent. D’ailleurs, les chômeurs de longue durée représentent 65,3% de la population active exclue du marché de l’emploi.
Pour sa part, le taux d’emploi a poursuivi la tendance baissière amorcée depuis 2005 puisqu’il est passé de 44,8% en 2011 à 44,1 en 2012. Il a été de 54,7% dans les zones rurales contre 37% en milieu urbain. A l’instar du taux d’activité, ce faible taux d’emploi dénote d’une sous-utilisation de la force de travail.
Malgré des taux de croissance annuels qui frisent parfois les 5%, l’économie nationale n’est pas génératrice d’emplois. Les nouveaux postes de travail sont généralement créés dans le BTP ou encore le monde rural. Or, il s’agit souvent d’emplois sous-qualifiés, précaires et sous-payés. Ce qui ne permet pas de réduire le nombre de chômeurs. D’ailleurs, le constat s’est vérifié encore une fois en 2012. Le solde des créations d’emplois a été quasi nul avec l’ouverture de 1.000 nouveaux postes seulement contre 105.000 en 2011 et une moyenne de 116.000 par an entre 2007 et 2010. Ce solde est dû à la création de 48.000 emplois en milieu urbain et la perte de 47.000 en zones rurales. 127.000 emplois rémunérés ont été créés contre la perte de 126.000 postes non rémunérés.
Il faut remonter à 2005 (42.000 nouveaux postes) pour trouver une création d’emplois aussi faible qu’en 2012.

268.000 nouveaux actifs en 2016

A l’horizon 2016, la force de travail devrait augmenter de 268.000 nouveaux actifs. Ce qui portera la population active à 11,9 millions. Quant aux créations d’emploi, elles se situeront autour de 388.000 postes. Ce qui se traduira par une baisse du nombre de chômeurs de près de 120.000 personnes pour atteindre les 920.000 individus. Des prévisions qui restent optimistes en raison du faible taux d’activité de la population et de la mobilité entre l’activité et l’inactivité, notamment chez les femmes. Une tendance qui permet de contenir les effectifs des chômeurs et de stabiliser le chômage.

Hassan EL ARIF

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc