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    Justice

    Affaire ONDA
    La fin d’un 1er acte mouvementé

    Par L'Economiste | Edition N°:4074 Le 15/07/2013 | Partager
    5 ans de prison ferme pour Benallou
    La défense compte faire appel

    La plus longue et la plus pénible des audiences est toujours la dernière. Le jugement tant attendu de l’affaire ONDA a été rendu le jeudi 11 juillet 2013 par la chambre des crimes financiers près la Cour d’appel de Casablanca. Présidée par le juge Ali Torchi, elle a statué en 1er ressort sur ce procès enclenché entre autres sur la base du détournement et dilapidation de deniers publics. L’ex-DG de l’Office national des aéroports (ONDA), Abdelhanin Benallou et son chef de cabinet, Amine Berkallil, ont eu droit aux peines les plus lourdes: 5 ans de prison ferme et 20.000 DH d’amende pour chacun d’eux. Ouadi Mouline, le directeur financier de l’Office, est le 3e accusé à écoper d’une condamnation à la prison ferme (2 ans) et d’une amende. La défense de Mouline a fait valoir lors de sa plaidoirie une pétition signée par plus de 100 fonctionnaires de l’ONDA. Celle-ci vante «les qualités humaines et professionnelles» du directeur financier de l’Office.
    Sur les 11 accusés, Benallou, Berkallil et Mouline étaient les seuls à comparaître en détention préventive devant le tribunal. «Une dure épreuve», vont-ils déclarer à tour de rôle durant leur audition par les juges. L’ex-DG de l’Office ira jusqu’à déclarer aux juges: «J’aurais pu mieux me défendre si j’avais eu droit à une liberté provisoire». Concernant les autres accusés ayant comparu en liberté, 6 d’entre eux ont été déclarés coupables (voir encadré). Et un seul, Mohamed El Bachir Iraqi, ex-directeur de la Société générale des travaux du Maroc, a été innocenté par la cour.
    Soulagé, il déclare à L’Economiste «avoir bataillé avec ses mains et ses pieds pour prouver son innocence». Il était chargé de mener de bout en bout les travaux de construction du Terminal 2 de l’aéroport de Casablanca. Et ce n’est qu’après son départ à la retraite qu’il va se retrouver happé par ce procès en sa qualité de prestataire…
    Fait inattendu lors de l’audience du 11 juillet. L’un des 11 accusés, Ibrahim El Khlifi, s’est déclaré absent le jour de son jugement. Il est, paraît-il, «parti en voyage aux Etats-Unis», rapporte l’un des coaccusés. Du coup, le président de l’audience, Ali Torchi, a décidé de séparer le dossier d’El Khlifi des autres. Il sera donc jugé lors de l’audience du 6 août prochain. Le ministère public avait au préalable formulé un avis dans ce sens: «Mettre de côté le cas de l’accusé El Khlifi afin qu’il ne fasse pas obstacle au cours normal de la Justice».
    La procédure pénale exige en effet que l’énoncé du jugement se fasse en présence de tous les accusés. Accusés qui ont dû défiler une dernière fois à la barre pour un dernier mot. Berkallil qui «ne comprend toujours rien» à ce procès, Benallou qui «remercie la cour pour avoir donné le temps nécessaire» aux accusés et Mouline qui réclame dans un élan d’espoir «d’être libéré pour fêter Ramadan avec sa famille»…     
    A la fin de l’audience, les regards remplacent la parole. Me Zakaria Louski cache «sa déception» derrière ses Ray Ban. Il est le plus jeune des trois avocats de l’ex-DG de l’ONDA. Me Ali Kettani, défendeur de Berkallil, nous déclare au bout du fil: «Je suis curieux de voir comment la cour a motivé son jugement. C’est un jugement sans commune mesure avec les faits matériels développés durant les débats…». Me Rachid Diouri, lui, «compte aller jusqu’au bout». Il est l’un des deux avocats de Mouline et ne sera pas le seul à faire appel.

    Prisons avec sursis

    Concernant les autres accusés ayant comparu en liberté, 6 d’entre eux ont été déclarés coupables. Il s’agit de Rachid M’saâdi, ex-secrétaire général de l’Office, condamné à 3 ans de prison avec sursis. Abderrahim Boutaleb, ex-chef du département ressources humaines, Hassan Ferhat, responsable stratégie et grands projets, Abdelkrim Idrissi, chef département logistique, Jilali Hamdani, directeur de la maintenance… qui ont chacun écopé de 2 ans de prison avec sursis et 20.000 DH d’amende. Salaheddibne Jeddou, employé aux ressources humaines, a eu droit à un an de prison dont 6 mois ferme et 20.000 DH d’amende.
    Mais le plus scandalisant, c’est lorsqu’on a voulu interdire aux femmes l’accès à la salle 8. Question d’éviter les débordements lors du prononcé du jugement. De l’aveu même d’un des policiers venant solliciter la coopération de l’assistance, il déclare qu’à «la Cour d’appel de Casablanca les femmes ne sont pas autorisées d’accéder aux salles lors du jugement». Le tout devant un parterre de journalistes pour la plupart amnésiques à l’illégalité d’une telle pratique. 

    Faiçal FAQUIHI

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