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    Tribune

    Monde arabe: La bulle islamiste est en train d’éclater
    Par Driss Traki

    Par L'Economiste | Edition N°:4074 Le 15/07/2013 | Partager

    Driss Traki est gérant de sociétés
     

    Qatar a perdu la bataille de l’Egypte; apparemment, ils ont été surpris par les événements, et par la chute rapide de Morsi. Mais pour l’instant, nous ne savons pas encore très bien qui a gagné réellement cette bataille (voir la précipitation de l’Arabie saoudite et des Emirats à proposer leurs milliards de pétrodollars).
    La bulle islamiste, sponsorisée et financée par le Qatar et l’Arabie saoudite principalement, et soutenue indirectement par les Occidentaux, est en train d’éclater en Egypte, en attendant la Tunisie et la Libye; elle est en train de livrer, peut-être, ses dernières batailles meurtrières en Syrie, en Irak, et au Liban.
    Pourquoi cette évolution, malgré les milliards de pétrodollars injectés, des médias puissants, et le soutien politique et médiatique fort des Occidentaux?
    A mon avis, pour les principales raisons suivantes:
    - L’islamisme  rigoriste constitue une greffe artificielle, et imposée (et utilisée, compte tenu de la misère de beaucoup de familles) par une minorité très active, à la plupart des peuples arabes;
    - Les dirigeants islamistes, et leurs commanditaires du Golfe, ont démontré qu’ils n’avaient pas les capacités intellectuelles et l’expérience nécessaire pour  proposer et  réaliser un projet sérieux de développement socio-économique  digne pour leurs peuples (priorité urgente pour  les peuples arabes);
    - Les nombreuses communautés religieuses, musulmanes, chrétiennes ou autres,  vivaient en paix, dans les pays arabes, depuis plusieurs siècles;
    - Les pétrodollars et les dollars occidentaux ne peuvent pas acheter tout le monde;
    - L’Occident  est en train de  perdre sa crédibilité auprès des peuples arabes, du fait de son double langage sur la Palestine et le terrorisme, et du fait que leurs principes d’action, au niveau international, sont variables, et ne sont pas toujours très clairs.
    L’Histoire n’étant ni  linéaire, ni prévisible, d’autres surprises, plus ou moins spontanées ou provoquées, pourraient apparaître dans l’avenir.
    Quelques exemples théoriques de surprises:
    - La Jordanie change de régime politique,
    - L’Arabie saoudite est déstabilisée,
    - La Turquie change de majorité au Parlement et devient neutre par rapport aux conflits en Syrie et en Irak,
    - Un Mouvement palestinien, non corrompu par les dollars occidentaux et les pétrodollars, arrive à obtenir la majorité dans toute la Palestine, 
    - La Chine, irritée par les Occidentaux, est  politiquement plus active au Proche-Orient et en Afrique,
    - Des révoltes ou mouvements sociaux importants ont lieu dans les pays occidentaux, du fait de la crise économique.  
    Si l’un de ces événements, possibles, se produit effectivement, il me semble que la face du Moyen-Orient changerait énormément. 
    Les pays occidentaux, et les USA tout particulièrement, donnent l’impression  de prendre encore les peuples arabes  (et les autres peuples du tiers monde), pour des «idiots utiles»; c’est ce qui les amène à continuer à faire toujours les mêmes erreurs de comportement, et de soutien actif aux dirigeants arabes (ou d’autres pays, voir la situation des peuples africains) surtout servilement alignés sur leurs positions. Ces dirigeants arabes s’alignent et servent les intérêts des pays occidentaux parce que ceux-ci leur garantissent, en retour, une protection  et un soutien politique.  
    Le fait que les changements de majorité politique et de présidents ou Premier ministre, aux USA, en Grande-Bretagne, et en France, n’amènent aucun changement dans leurs positions au Proche- Orient, aggrave la perte de crédibilité politique des dirigeants occidentaux vis-à-vis des citoyens arabes.
    Espérons que les peuples arabes arriveront rapidement  à dépasser les querelles et guerres actuelles religieuses, voulues par certains de leurs dirigeants; guerres et querelles d’un autre temps, dépassées depuis longtemps par tous les pays civilisés, et qui cachent en fait des guerres purement d’intérêts et de pouvoir.

    Guéguerre d’influence

    Pour faire court, les «frères musulmans» sont sponsorisés par le Qatar, et les «salafistes-wahhabites» sont sponsorisés par l’Arabie saoudite. C’est ce qui explique la retenue apparente des salafistes en Egypte. Auparavant, seule l’Arabie saoudite était sur ce filon de l’islamisme (Pakistan, Afghanistan, et quelques poches arabes), ensuite Qatar (fort de ses pétrodollars, et d’un organigramme décisionnaire réduit à l’émir et à son 1er ministre)  y a vu une possibilité relativement facile et rapide de se faire une place sur la scène internationale, d’où les soutiens aux «printemps» tunisiens, égyptiens, et les guerres en Libye et en Syrie. Le Qatar est en train d’être mis sur la touche.

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